CLFAntigones #6 : Violences gynécologiques et souffrances de femmes

7 novembre 2018

 

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous présente cette nouvelle édition du Club de Lecture Féministe des Antigones ! Une nouvelle édition qui introduit aujourd’hui un sujet qui me tient particulièrement à cœur : les violences gynécologiques et les souffrances intimes vécues par les femmes.

Un thème qui parle forcément à beaucoup d’entre nous car, qui, en tant que femme, n’a pas été victime de maltraitances ou de gestes douloureux lors d’un examen gynécologique ? Qui n’a pas reçu de commentaires inappropriés ou de remarques déplacées ? Qui n’a pas subi un toucher vaginal ou une palpation mammaire sans consentement préalable ? Qui n’a pas exprimé sa douleur ou ses besoins pour qu’ils soient immédiatement minimisés, niés ou même moqués ?[1] Qui ne s’est pas vu imposer une épisiotomie ou une expression abdominale lors de son accouchement ? Qui, enfin, n’a pas été recousue sans anesthésie ou a fait les frais du très débattu point du mari ?

De tels actes, si violents, sont malheureusement courants en France. C’est la dénonciation croissante de ces actes qui a d’ailleurs poussé le Haut Conseil à l’Egalité à se pencher sérieusement sur la question et à publier en 2017 un rapport sur les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. On y apprend que ces actes prennent des formes diverses, d’apparence anodine comme plus grave, qui incluent le non-respect du consentement des patientes, les injures sexistes, les actes non-justifiés médicalement, ainsi que les violences sexuelles. On y apprend également que, chaque année, 50 000 femmes ne sont pas satisfaites de la manière dont s’est déroulé leur accouchement et que l’immense majorité des actes violents ou sexistes exercés sur les femmes lors du suivi gynécologique et obstétricale restent impunis.

Comme beaucoup de femmes, j’ai été moi-même victime de violences gynécologiques et je ne compte plus dans mon entourage le nombre de personnes qui m’ont confié avoir également subi ce genre de pratiques. C’est à la fois pour alerter sur ces questions et participer à la libération de la parole des femmes, afin que ces violences soient reconnues et ne demeurent plus impunies, que Pauline et moi-même avons décidé de consacrer notre édition du #CLFAntigones à ce sujet. Nous avons donc sélectionné deux romans particulièrement forts et qui, nous l’espérons, vous plairont. Trigger Warning : ces livres abordent tous deux des sujets de violences à l’égard des femmes. 

[1] Rappelons à titre d’exemple qu’il faut en moyenne 8 ans pour diagnostiquer une endométriose, délai qui s’explique notamment par le fait que la parole des femmes n’est pas prise au sérieux.

 

Le Chœur des femmes

Martin Winckler 

Jean Atwood, interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l’envoie passer son dernier semestre d’internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes – avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes…
Le Docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d’elles-mêmes à longueur de journée ! Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Car le mystérieux Docteur Karma – surnommé «Barbe-Bleue» – séduit sans vergogne, paraît-il, patientes et infirmières et maltraite sans pitié, dit-on, les internes placés sous ses ordres. Pour Jean Atwood, interne à la forte personnalité et qui brûle d’exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable. Mais la réalité n’est jamais ce que l’on anticipe, et la rencontre entre les deux médecins ne va pas se dérouler comme l’interne l’imagine…

A travers son expérience de praticien et les nombreux échanges avec les internautes qui visitent son site Internet, Martin Winckler a glané une foule d’histoires et de détails sur ce qui se dit ou ne se dit pas dans le huis clos de la consultation. La plupart de ces situations témoignent éloquemment du vécu, des attentes et du poids qui pèsent sur les femmes, de génération en génération. Ils disent aussi l’inaptitude de la plupart des médecins à y répondre. Prolongeant cette riche matière humaine, Martin Winckler défend une autre médecine où le respect de l’individu est une vertu cardinale – Le Monde

Folio

9,90€

 

Règles douloureuses

Kopano Matlwa

Nous sommes en 2015, en Afrique du Sud. Des années durant, Masechaba a souffert de douleurs chroniques liées à une endométriose. Le sang a forgé son caractère, non seulement il a fait d’elle une personne solitaire, presque craintive, mais il l’a aussi poussé à devenir médecin. Quand débute le roman, elle est interne dans un hôpital. Dans le flux ininterrompu des patients, elle s’interroge sur sa capacité à les aimer tous, à leur donner toutes ses forces, tout son dévouement. Elle doute souvent, à l’opposé de sa meilleure amie, son modèle qui bien souvent pourtant l’ignore, voire la rudoie, Nyasha. Nyasha est zimbabwéenne, or l’Afrique du Sud vit alors une époque de racisme brutal. Un jour, après avoir été accusée par son amie de ne pas avoir pris assez soin d’un patient étranger, elle décide de publier une pétition demandant le retour à la tolérance et à des valeurs humanistes. Le retour de bâton sera terrible.

Ce troisième roman de Kopano Matlwa est un vibrant plaidoyer humaniste qui à la fois interroge les réflexes racistes – ici au sein de la population Noire, au cœur de “la nation arc-en-ciel” – et porte une parole féministe d’une terrible actualité – Le Serpent à Plumes

Le Serpent à Plumes

18€

 

A vous de jouer désormais en choisissant le livre que vous aimeriez lire ce mois-ci : vous avez jusqu’au dimanche 11 à minuit pour voter !

 

 

 

Rappels sur le fonctionnement du Club de Lecture Féministe des Antigones :

  • Tous les mois, nous vous proposons de choisir entre deux ouvrages sélectionnés autour d’une thématique commune.
  • Les éditions du club se retrouvent alternativement sur Antigone XXI, et le blog de Pauline, Un invincible été.
  • Une édition implique un article d’ouverture, où l’on vous présente la thématique et les ouvrages, et un article de clôture, où on partage notre ressenti/analyse sur le livre sélectionné et lu.
  • Tout le long du mois, nous échangeons sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #CLFAntigones.
  • Nous vous invitons à partager vos avis sur la lecture du mois de la manière qu’il vous sied : directement en commentaire de nos articles bilans ou dans un article sur votre propre blog que nous relaierons.
  • Vous êtes super déçu·es car votre choix n’est pas la sélection finale ? Ne vous privez pas de lire le livre qui vous botte le plus ! Vous pouvez nous envoyez votre mini-critique par mail, en cliquant ici ou  , et en indiquant « Club de lecture féministe » en objet : nous nous ferons un plaisir de la publier !

 

Vous avez été victime de violences gynécologiques ? N’hésitez pas à témoigner !

 

 

17 commentaires
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17 commentaires

Elodie 7 novembre 2018 at 20 h 49 min

Sujet très intéressant bien qu’encore tabou …
J’ai participé à quelques sessions du CLF des Antigones mais je suis très intéressée par celle-ci !
J’ai moi aussi subi des violences gynécologiques assez jeune, lors de mes premières visites chez le gynéco et j’ai mis beaucoup de temps à le reconnaître, ayant occulté ce passage douloureux, et sans savoir si c’était normal ou non, si cette personne avait eu des gestes déplacés et s’il était allé trop loin ou non …
J’ai en tout cas hâte de découvrir les résultats du vote et de lire les réactions sur ce sujet !

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Antigone XXI 8 novembre 2018 at 8 h 47 min

Je trouve cela fou et tellement triste et rageant de voir combien de personnes ont été victimes de violences gynécologiques, surtout à un jeune âge, où il peut être difficile de savoir si certains actes/gestes sont “normaux” ou non. Tu as tout notre soutien ! Merci pour ton intérêt !

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Elodie 8 novembre 2018 at 20 h 36 min

Merci pour ta réponse qui me touche !
Malheureusement, comme toi, je constate que bien plus de jeunes filles / femmes sont concernées par ces violences que ce que l’on croit … C’est pour cela qu’il faut en parler, pour essayer de faire cesser ces violences !
J’apporte également tout mon soutien à vous toutes !

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Tiphanie Chabanis 8 novembre 2018 at 10 h 38 min

Je me disais avoir eu de la chance de ne pas avoir subi ce type de violence. .. et puis mon accouchement et les professionnels qui voulaient le faire sortir le plus rapidement possible : episio, extraction abdomninale, la totale… j’ai été recousue sans un mot, sans une explication. Je ne m’etais même pas rendu compte de ce qui m’arrivait… je regrette de ne pas avoir posé des limites mais en meme temps on ne sait jamais quelle est l’urgence de la situation et on veut faire confiance aux professionnels … erreur ?!

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Vanessa 8 novembre 2018 at 11 h 16 min

Ce sujet me réjouit!
“Le chœur des femmes” est un livre que j’ai adoré et largement offert; j’avoue quand même avoir reçu une baffe après une trentaine de pages, moi qui me pensais teeeellement ouverte et sans a priori sexistes j’ai alors senti tout le poids de mon éducation.
Merci pour cette nouvelle rubrique!

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chutmamanlit 8 novembre 2018 at 16 h 14 min

Ce sujet m’intéresse d’autant plus que mon dernier article traite justement des violences gynécologiques ! Ça commence par…. la liste des gens qui ont insérer leurs doigts dans mon vagin dans le cadre de ma grossesse (chacun ses hobbies !) : https://chutmamanlit.com/2018/10/31/la-liste/

Bref, pour revenir au thème, le choix va être facile pour moi puisque j’ai déjà lu Le coeur des femmes. Je suis d’ailleurs mitigée à son propos car :
– c’est un des livres qui m’a aidé à me rendre compte que la médecine pouvait être violente, que ça n’était pas normale, et que je l’avais subit à de nombreuses reprises, sans pouvoir mettre le doigt sur mon malaise/mal-être. Une vraie révélation pour moi !
– mais… c’est SUPER MAL ÉCRIT : les personnages sont détestables, l’intrigue moins intéressante qu’un Marc Levy (et je m’y connais, à une époque, j’en ai lu beaucoup, et j’aimais ça !) et ne me lancez même pas sur la fin, je n’ai jamais autant levé les yeux au ciel…

Du coup, je suis plutôt intéressée par découvrir le deuxième ! Allez hop, direction la bibli !

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Vanina Fernandez 8 novembre 2018 at 18 h 44 min

Très intéressant, ce sujet me tient à cœur. Étudiante sage femme, j ai été témoin de ces violences. Il faut en parler et abolir ces maltraitances

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aurelie2311 9 novembre 2018 at 10 h 37 min

Le plus fou dans l’histoire c’est que souvent on n’a même pas conscience que ce sont justement des violences physiques ou morales tellement nous avons intégré ces fonctionnements comme “normaux”.

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katel 11 novembre 2018 at 10 h 29 min

bonjour, c’est un sujet qui me parle ayant souffert pendant des années d’endométriose.effectivement 8 ans avant d’avoir le diagnostic, avant mon gynéco me disait que j’étais comme ça!!!! le plus fou c’est que j’ai été diagnostiquée par un gynéco qui ne me connaissait pas , en un quart d’heure…..ce jour là il a enfin donné un nom à ces douleurs et m’ a permis de reprendre pied. et désormais lorsque je ne suis pas d’accord ou que je ne comprend pas un acte médical, je le dis haut et fort! ce n’est pas parce que nous n’avons pas la connaissance médicale que nous devons tout accepter.il faut demander des explications et être actif et non passif.bon courage à toutes et ne vous laissez plus faire

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Guillemette 14 novembre 2018 at 10 h 04 min

J’ai lu Le Chœur des femmes cette année et c’était comme une explosion sous ma boîte crânienne. Je suis contente qu’il ait été choisi pour cette édition du Club de lecture!

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Milie 17 novembre 2018 at 10 h 48 min

Bonjour à toutes (je n’ai pas vu de message de messieurs…),
Merci d’avoir ouvert ce sujet !! Je ne compte pas le nom de fois où j’ai pu dire “si la mammographie devait être faite sur des testicules, il y a bien longtemps que l’examen aurait trouvé un remplaçant non douloureux !!!” La violence médicale s’applique au suivi gynéco/obstétrique, mais finalement dans tous les actes médicaux. On ne se risque surtout pas à expliquer au patient ce qui va lui arriver, on ne sait jamais, il pourrait se rebeller et compliquer la consultation. Sauf que vous vous attaquez à l’intrégrité de nos corps, chers médecins ! Ce qui est le plus grave, c’est que nos futurs médecins sont “éduqués” de cette façon. Ce qui est grave aussi, c’est que les sexistes ne se comptent pas uniquement parmis les médecins males. Mon examen gyneco le plus humiliant et douloureux a été fait par une femme. J’ai failli lui demander si elle n’avait pas râté le concours d’entrée à l’école de vétos… L’endométriose, si elle avait touché nos chers messieurs, aurait son traitement depuis longtemps.
Celle de ma sœur a débuté a priori vers ses 14 ans, on a commencé par dire à ma mère qu’elle était enceinte… … … Sans aucun test que ce soit. C’est notre médecin de famille qui a fini par la diagnostiquer, au bout de 7 ou 8 ans. Et à part enlever enlever enlever et prescrire des antidouleurs à base d’opiacés, rien n’est proposé, les pauvres patientes servent de cobayes. Ma cousine a été diagnostiquée tres tardivement aussi, a un stade très avancé…
Quand mon bébé est né et que j’ai vu qu’elle était fille, j’ai pensé à cela presque tout de suite. Ma sœur aussi y a pensé. Elle s’est sentie coupable et s’est excusée !!!!!!!!!
Voila ce que fair la médecine occidentale à ses patientes….

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Julie 20 novembre 2018 at 10 h 59 min

Merci pour ce Sujet qui est à la fois interessant et qui a tendance à me rendre folle de rage, folle de rage que ce genre de violences exstent. J’avais lu le choeur des femmes lorsque j’avais commencé ma Formation d’infirmière, et j’avais beaucoup aimé ce livre, mais que je voyais plus comme de la fiction. En intégrant une Formation de soignante, j’avais tendance à voir le Corps soignant et le Corps médical comme très bienveillants. Or je me suis confrontée à des situations en stage ; en suites de couches notamment qui m’ont particulièrement choquée. Je ne pense pas que le Corps médica ou le que le Corps soignant se veuillent comment malveillants, mais ils sont (nous sommes) très (trop) souvent dans le jugement, et dans la mise en doute de la parole du Patient / de la patiente. Cela va bien sûr au delà même de la gynécologie, c‘est-à-dire qu’en France il faudrait laisser plus la place aux patient(e)s et sortir de cette relation médecins/patient(e)s inégale et en faveur des médecins qui sont vus comme ayant la parole sacrée car la parole médicale.
Plus largement il faudrait bien sûr que les moyens soient donnés aux médecins et aux soignants afin d’assurer un temps de parole suffisant pour que les femmes (dans le cadre du livre), aient la possibilité de pleinement s’exprimer, or comme il est dit dans le livre et notamment cette jeune interne, qui n’a pas la temps d’écouter des „bonnes femmes“ se plaindre.
Je pense qu’il faut repenser toute la société dans son ensemble, et que la gynécologie et l’obstétrique ne soient pas suivis uniquement dans le cadre de l’hôpital, mais dépasse les frontières médicales. Or obliger les femmes à être suivies á l’hôpital est toujours une facon de les dominer et de leur imposer ce que la médecine attend d’elles, en faisant fi de ce que les femmes elles-mêmes veulent.

J’espère n’avoir froissé personne avec mon commentaire. Et j’espère que cela pourra faire avancer le débat. Je pense que je vais continuer cette réflexion sur mon blog.
Arte radio avait également fait un podcast sur les violences faites aux femmes dans le cadre de la gynécologie, il est très facile à retrouver (un podcast à soi).
Au plaisir de vous lire.
Julie.

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Marion 21 novembre 2018 at 14 h 53 min

Merci pour ce sujet, encore trop tabou même en 2018! Après une fausse couche et 2 avortements suite à 2 grossesses arrêtées, le tout sans accompagnement physique ni psychologique, j’ai eu beaucoup de mal à me reconstruire! J’ai eu l’impression que les gynécos (dont la mienne qui me suivait pourtant depuis 25 ans) ont soigné mon corps, comme on soigne un rhume, sans tenir compte une seconde de l’impact de tels actes dans une vie de femme. J’en suis sortie meurtrie et dans un déni total de ma souffrance, puisqu’on me renvoyait l’impression que ce n’était rien de bien grave. Il a fallu un craquage total pour que je réalise que j’allais mal et que je mette en place un suivi psychologique et médicamenteux…qui durent maintenant depuis 9 mois! Aujourd’hui, je suis très en colère: toute cette souffrance aurait pu être évitée si l’un des gynécos vus avait juste ouvert une porte. Et j’ai la chance d’être entourée, accompagnée, aimée et d’avoir 40 ans. Je m’interroge parfois sur l’issue possible de cet épisode si j’avais eu 20 ans et que j’étais isolée! Les choses doivent impérativement évoluées et des solutions être cherchées, pour que ces violences faites aux femmes ne se reproduisent plus jamais!

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steph230980Stéphanie 22 novembre 2018 at 14 h 27 min

Ce qui est fou, c’est que ces maltraitances sont posées par des femmes médecins ! Ma gynéco m’a recousu mon épisio sans anesthésie, j’ai tout senti alors que je vivais les premières minutes avec mon bébé en peau à peau. J’ai du demander à mon mari de le prendre sur lui, et serrer les dents… Elle ne m’avait prévenu de rien ni demandé si je ressentais quelque chose. Je reproche aussi aux médecins de régulièrement faire des choix pour nous : par ex. je ne souhaite ne plus avoir d’enfant. J’en ai parlé à ma gynéco (la même) et elle me répond qu’à mon âge ce n’est pas permis (j’ai 38 ans). Quand je lui demande qui décide ce genre de chose, elle me répond que c’est elle !! Bref, beaucoup de colère en moi. Je lirai le livre avec plaisir. Bon courage à toutes.

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Kili 25 novembre 2018 at 21 h 37 min

Très bon choix. J’ai lu récemment “le coeur des femmes” et l’ai conseillé autour de moi. Ce livre m’a ouvert les yeux, a mis des mots sur les violences infligées par les gynécologues que j’ai consultés. Il permet de prendre du recul quant aux pratiques et discours de certains professionnels de santé.

J’ai d’ailleurs décidé de changer de gynécologue après cette lecture. Il faut dire que mon dernier rendez-vous s’était très mal passé. Ayant un retard de règles important sous stérilet, j’avais peur d’une grossesse. J’ai dû insister pour avoir un test en laboratoire et pour qu’elle m’enlève le stérilet. Elle avait décidé pour moi, ce qui était “valable” dans ma situation, sans écouter mon parcours et encore moins mes peurs. Et elle a eu cette phrase : “Vous n’avez pas à être stressée”. De quel droit peut-elle décider de mon moyen de contraception et de ce que je dois ressentir face à une éventuelle grossesse non désirée ?

Il faut dire qu’avec un rendez-vous toutes les 10 minutes, cette dame n’a pas réellement de temps à consacrer à l’écoute.
Son RDV type : mise à jour de la fiche administrative, “déshabillez-vous entièrement !”, examen gynécologique, palpation des seins, tension, pesée, “rhabillez-vous”, fiche de soin ordonnance, paiement “on se voit dans un an”. Total 10 minutes.

J’espère trouver mon “docteur Karma” la prochaine fois… mais il y a si peu de gynécologues disponibles !
En tout cas, je me suis promis de ne plus subir un examen gynécologique si les conditions de bienveillance n’étaient pas présentes…. Et de l’avoir décidé avant le rendez-vous me permet de l’envisager plus sereinement.

Merci pour ce sujet et cet espace de discussion !
Parlons-en autour de nous, écoutons-nous et faisons nous confiance !

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Anne 29 novembre 2018 at 15 h 05 min

En effet, il est difficile de trouver un(e) bon(ne) gynéco ! Heureusement, depuis 2011, les sage-femmes sont habilitées à assurer le suivi gynéco de base, frottis, prescription de contraception, pose et retrait de stérilet etc.
Toutes ne le proposent pas mais elles sont nombreuses à le faire.
De ma propre expérience avec 3 sage-femmes différentes (du fait de déménagements, non parce que je n’étais pas satisfaite) et de l’expérience de très nombreuses amies, elles sont en grande majorité bien plus humaines, ouvertes d’esprit, à l’écoute et douces que bien des gynéco. De plus, la consultation est à 23€ et remboursée à 70% 🙂
Pour trouver de bonnes sage-femmes ou gynéco, le site gyn&co (https://gynandco.wordpress.com/) et aussi le bouche à oreilles sont très utiles.

Bonne chance dans la quête du dr Karma ! 🙂

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Belle Demain 3 décembre 2018 at 19 h 16 min

Merci beaucoup Antigone pour ce thème qui malheureusement reste encore tabou.
A partir de quand peut on considérer que c’est une “violence gynécologique”? Tout ça est encore très flou.
Belle continuation à toi

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