CLFAntigones #3 : stéréotypes de genre et transmission

7 mai 2018

 

Hello tout le monde !

Ca y est, la nouvelle édition du Club de Lecture Féministe des Antigones est de retour ! Si vous avez loupé la dernière édition sur le racisme et la maternité, ne manquez pas d’en retrouver le bilan sur le blog de Pauline. Comme il vous avait été impossible de choisir entre les deux livres sélectionnés, nous nous sommes réparti la tâche : Pauline a lu Beloved de Tony Morrison (et semble avoir pas mal peiné…) et j’ai lu Le ventre des femmes de Françoise Vergès (que je vous recommande les yeux fermés !). Si vous avez lu l’un ou l’autre de ces ouvrages (ou n’avez pas réussi à les lire, justement !), n’hésitez pas à donner votre avis sur Un invincible été : le but de ce club de lecture est d’échanger et nous sommes toujours ravies de lire vos opinions en commentaire !

 

Repenser la transmission du genre et de ses stéréotypes

 

Me voilà donc aujourd’hui avec la nouvelle édition du #CLFAntigones ! En ce moment, la question des stéréotypes de genre dans l’enfance me passionne. Comment le genre se construit-il ? Pourquoi les garçons préféreraient-ils le bleu, les trains et les camions et les filles les vêtements roses, les poupées et les princesses ? Les garçons sont-ils naturellement plus turbulents que les filles ? Les filles pleurent-elles plus que leurs petits camarades ? Pourquoi y a-t-il plus de filles dans les filières littéraires et de garçons en filière scientifique ? Bref, quel est le lien entre éducation, stéréotypes de genre et développement des enfants ?

Ces questions m’interpellent et m’effraient tout à la fois. Que ce soit à la maison, à la crèche, dans la rue ou à l’école, les adultes façonnent et ségrèguent les enfants selon leur genre et leurs intérêts présumés. Tout, dans les jouets, les livres, les activités, les dessins-animés ou les vêtements tend à séparer de façon binaire les filles des garçons. On divise souvent les enfants sur les bancs de l’école, dans les rangs ou en cours de sport. Les filles sont de jolies princesses, tandis que les garçons sont de vaillants héros. Chaque jour, sciemment ou non, les enfants se voient rappeler qu’iels appartiennent à deux espèces radicalement opposées (faites de même maintenant avec la couleur de peau et voyez le résultat…). Or des milliers d’études sur le développement infantile montrent que le sexe des enfants n’est en rien responsable de leurs aptitudes ou comportements : ce n’est pas parce qu’on a un pénis qu’on a la bosse des maths et un vagin qu’on a envie de se déguiser en reine des neiges.

En revanche, ce qui a un impact profond sur le développement des enfants, c’est le conditionnement de genre et les stéréotypes, mêmes inconscients, qui y sont associés. Les garçons sont socialisés pour être plus dynamiques, aventureux et avoir davantage confiance en eux, mais également à être plus agressifs et à moins exprimer leurs émotions. Les filles sont socialisées pour être plus douces, plus calmes et maternantes, mais moins bonnes en maths et moins assurées que les garçons. Quels sont les impacts de cette éducation genrée en termes d’inégalités ? Que se passerait-il si l’on cessait d’élever nos enfants de façon genrée ? 

Pauline et moi-même avions donc très envie de mettre à l’honneur la thématique du genre et de l’éducation à l’occasion de cette nouvelle édition du #CLFAntigones. S’il existe un certain nombre de livres anglophones sur le sujet, il n’a pas été aussi simple d’en trouver du côté francophone… à croire qu’interroger les inégalités qui naissent dès la petite enfance entre filles et garçons est un acte révolutionnaire. Nous avons tout de même trouvé deux livres  qui nous ont interpellées. L’un est un essai traduit de l’italien et devenu best-seller sitôt paru dans les années 70, l’autre est un roman français paru récemment. Laissez-moi vous les présenter brièvement et à vous de voter !

 

 

Du côté des petites filles

Elena Gianini Belotti

Essai sociologique écrit par une pédagogue et directrice de centre Montessori, Du côté des petites filles est un ouvrage précurseur aux études sur le genre. Paru en Italie en 1973, ce livre a connu un immense retentissement dans le monde entier. Rien qu’en France, où sa traduction a été publiée l’année suivante, il s’est vendu à 300.000 exemplaires. A travers une longue enquête menée dans des familles, crèches et écoles italiennes, l’autrice y met en évidence la création de systèmes distincts de représentations fille/garçon dès avant la naissance et tout au long de l’éducation. Elle y analyse la puissance des stéréotypes enracinés chez les adultes et rapidement intériorisés par les enfants, dont le caractère discriminatoire et sexiste a tôt fait de pénaliser les filles et d’asseoir la prétendue supériorité des hommes sur les femmes.

Ecrit par une enseignante, étayé par des enquêtes, c’est un livre important : il montre, pour la première fois, de façon claire et irréfutable les racines de l’inégalité entre hommes et femmes. Dès sa naissance, la petite fille est traitée différemment du petit garçon, dès la maternelle, elle est enfermée dans un rôle écrit à l’avance. Best-seller en Italie, ce livre est à mettre entre toutes les mains, surtout celles des parents et des enseignants — Télérama

Editions des Femmes

8,25€

 

Dominique

Cookie Allez

Dominique est le 7è roman de la romancière française Cookie Allez. Dans ce roman, elle imagine l’histoire de Dominique, un·e enfant dont les parents ne révèlent pas le sexe à leur entourage et qui est éduqué·e de façon non-genrée. Bien que je ne sache absolument pas comment l’autrice a décidé de traiter cette thématique, c’est un sujet qui me fait beaucoup réfléchir. Les exemples récents de Zoomer aux Etats-Unis, de Storm au Canada ou Pop en Suède m’inspirent particulièrement : quoi de mieux, en effet, pour éviter les stéréotypes de genre que de ne pas révéler tout de suite au monde le sexe de votre enfant ? Finis les sempiternels bavoirs roses et les grenouillères bleus, finis les « Mais qu’elle est mignonne ! » et les « Il est si intelligent ! », finis encore les avalanches de poupées et de jeux de logique selon ce qui se cache dans la couche de votre bébé. Bien sûr, la décision d’élever ses enfants de manière non-genrée pose des questions (Cookie Allez interroge l’angle de la socialisation), mais pour avoir personnellement été élevée à coup de petites voitures, de cheveux courts et de déguisements de Zorro (mais aussi avec mon lot de poupées), croyez-moi, c’est une piste à creuser.

Tenu par un véritable suspense, son roman s’inscrit dans une réalité très plausible en l’assaisonnant d’une bonne dose de fantaisie. Voilà qui prête drôlement à réfléchir — L’Express

 

 

Le vote est fini !

Le livre sélectionné est Dominique de Cookie Allez

 

 

Rappels sur le fonctionnement du Club de Lecture Féministe des Antigones :

  • Tous les mois, nous vous proposons de choisir entre deux ouvrages sélectionnés autour d’une thématique commune.
  • Les éditions du club se retrouvent alternativement sur Antigone XXI, et le blog de Pauline, Un invincible été.
  • Une édition implique un article d’ouverture, où l’on vous présente la thématique et les ouvrages, et un article de clôture, où on partage notre ressenti/analyse sur le livre sélectionné et lu.
  • Tout le long du mois, nous échangeons sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #CLFAntigones.
  • Nous vous invitons à partager vos avis sur la lecture du mois de la manière qu’il vous sied : directement en commentaire de nos articles bilans ou dans un article sur votre propre blog que nous relaierons.
  • Vous êtes super déçu·es car votre choix n’est pas la sélection finale ? Ne vous privez pas de lire le livre qui vous botte le plus ! Vous pouvez nous envoyez votre mini-critique par mail, en cliquant ici ou  , et en indiquant « Club de lecture féministe » en objet : nous nous ferons un plaisir de la publier !

 

Le sujet vous intéresse ? Quel livre vous tente ?

 

 

33 commentaires
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33 commentaires

Tania 7 mai 2018 at 13 h 59 min

La notion du « bleu pour les garçons et rose pour les filles » est quelque chose qui me perturbe beaucoup. Quand j’étais petite (je suis née en 1970), ma maman m’a un jour expliqué que le bleu était réservé aux petites filles et le rose aux garçons. En effet, le bleu était la couleur liée à la Vierge Marie alors que le rose provenait de la pourpre royale. Ayant le rose en sainte horreur, je me suis emparée de cette notion et en ai fait un étendard derrière lequel je me suis longtemps crue à l’abri de cette couleur que j’ai toujours considérée comme affreuse (encore aujourd’hui, le rose me soulève le coeur).
A l’âge d’avoir moi-même des enfants, j’ai été effrayée de voir combien les mentalités avaient changées et combien les petites filles s’étaient retrouvées soumises au diktat de cette féminité de pacotille, à coup de nuances de rose, d’abondance de paillettes, d’overdoses de fanfreluches et autres colifichets. Cela dit, ce n’était pas mieux du côté des garçons : quand il fallait habiller les miens (j’en ai eu 3), je ne trouvais rien d’autre que du noir, du gris, du brun, voire des tenues de camouflage d’un goût plus que douteux. Quand on renouvelle la garde-robe d’un petit bout, c’est une palette assez sinistre.

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Antigone XXI 8 mai 2018 at 7 h 59 min

J’avais déjà lu effectivement qu’autrefois, le bleu était réservé aux filles car couleur de la Vierge et le rose était une couleur de garçons car dérivée du rouge, mais je pensais que l’inverse avait commencé à se faire bien avant les années 1970. C’est amusant, moi c’est le contraire, j’ai très longtemps détesté le rose car je l’associais à une couleur de fille ! Mes goûts ont évolué maintenant et j’ai surtout appris à déconstruire la genrification des couleurs, ce qui fait que je porte de plus en plus de rose (enfin, il y a certains roses que je n’aime toujours pas…).
Je suis bien d’accord concernant les vêtements pour garçon, c’est si triste ! Je pense que la solution est soit d’acheter des vêtements mixtes (comme ceux de la marque Tootsa), soit tout simplement d’acheter de tout, que ce soit étiqueté garçon ou fille. Comme ça, il y a deux fois plus de choix ! 🙂

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Malo 7 mai 2018 at 19 h 53 min

Les deux livres m’inspirent beaucoup, mais je suis vraiment curieuse à propos de Dominique et de son genre littéraire. De quelle(s) manière(s) et jusqu’où/dans quelle(s) mesure(s) la thématique est-elle abordée ? Les messages attenants sont-ils mis en valeur/comment ; quelle place prend la fiction ? …

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Antigone XXI 8 mai 2018 at 7 h 52 min

Je ne sais pas encore, car nous lirons les livres retenus en même temps que vous ! A priori, c’est un roman, donc purement fictionnel, et je crois que le thème est abordé avec beaucoup d’humour. Après, s’agit-il d’une critique négative ou positive de cette éducation non-genrée ? Quelle est la place de la réflexion ? Je n’en sais rien, mais j’espère le découvrir très bientôt 🙂

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Malo 9 mai 2018 at 19 h 18 min

Bien sûr et j’ai hâte de lire les retours, les questions traduisaient seulement ma réflexion 🙂

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creativitylabrat 7 mai 2018 at 20 h 46 min

Ohhh ! Je suis super triste, depuis le début je réussi a trouver les livres en format ebook -pour la 2eme édition je n’ai pas eu le choix, il n’y avait que Beloved en ebook même si je voulais lire Verges, je reste déçue haha- mais la les deux proposes ne sont pas en ebook… Je ne suis pas en France je ne peux donc en lire aucun :'((((
Si une ame charitable ovulait me photographier les pages… ? Hihi
Sinon tant pis, j’attendrai la prochaine édition avec encore plus d’impatience!!

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Antigone XXI 8 mai 2018 at 7 h 49 min

Mince alors, nous avons déjà eu tellement de mal à trouver des livres accessibles en français, nous n’avons pas vérifié s’ils étaient ou non disponibles en ebook ! J’ai regardé un peu en ligne et pour l’instant, je n’ai pas trouvé la version française dans ce format. En revanche, si jamais tu lis l’italien, j’ai trouvé une version gratuite dans cette langue…
Pour la précédente édition, en revanche, c’est étrange, j’ai moi-même acheté le livre de Françoise Vergès en version ebook (kindle).

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creativitylabrat 9 mai 2018 at 1 h 55 min

Ah ouiii désolée j’ai un peu plané, en effet je viens d’acheter celui de Vergès, je le lirai pendant cette 3eme édition puisque je ne lis absolument pas l’italien ;p
Merci encore pour cette superbe initiative du club de lecture féministe, j’adore !

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Natasha Échos verts 8 mai 2018 at 8 h 45 min

Super thème ! Moi ce qui me frappe c’est combien l’intonation des adultes (ainsi que le vocabulaire utilisé évidemment) peut changer selon qu’iels s’adressent à des filles ou à des garçons, surtout quand iels sont bébés !
Et puis je suis toujours surprise de voir combien il est important pour certains (futurs) parents de choisir du linge, des vêtements, du mobilier, des jouets selon le sexe de leur (futur) enfant… avant-même leur naissance, iels projettent tellement de choses, tellement d’attentes sur cet être juste parce qu’iel aura un pénis ou un vagin. Et iels restent malgré tout persuadé·e·s que les caractéristiques qu’on rattache aux deux genres les plus courants sont… innées !
Comme toi, tout cela m’effraie un peu et me frustre également beaucoup !
Je ne pourrai lire aucun des deux livres ce mois-ci car ils ne sont pas à la bibliothèque du lycée, mais j’espère vraiment avoir l’occasion de lire l’essai de Belotti.

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Antigone XXI 8 mai 2018 at 8 h 52 min

Merci beaucoup de ton message Natasha ! Très intéressant ce que tu dis sur l’intonation des adultes, je n’y avais jamais prêté attention, mais je suis sûre qu’elle est effectivement différente.
Mais oui, c’est fou de constater l’importance des préparatifs en fonction du sexe de l’enfant : quel pré-déterminisme ! Personnellement, c’est bien l’une des raisons pour lesquelles je ne souhaite pas connaître à l’avance le sexe de nos enfants si nous en avons. Non seulement cela permet d’éviter les projections de l’entourage, mais également les nôtres ! (car malheureusement, nous avons énormément de biais inconscients qui affectent profondément les enfants ; le livre que je lis actuellement là-dessus donne des exemples particulièrement révélateurs… et assez effrayants !)
Pour les livres, j’ai commandé les deux et je te les prêterai volontiers dès que tu le voudras ! 🙂

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Nathalie 17 mai 2018 at 19 h 49 min

Une amie enceinte de 8 mois d’une petite fille m’avait raconté qu’une collègue lui avait très sérieusement dit: « Oh, mais il va falloir te dépêcher de repeindre les murs de la chambre du bébé! La peinture, ça met longtemps à sécher, ça sent mauvais plusieurs semaines… » Je trouve que là, la frénésie du tout genré atteint des sommets de stupidité. Il va lui arriver quoi, au bébé, s’il grandit au milieu de murs blancs? C’est vrai que le risque est énorme qu’il/elle ne parvienne pas à manifester sa masculinité ou sa féminité s’il ne s’endort pas tous les jours entre des murs rose bonbon ou bleu ciel! ^^

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Jessica Drouet 8 mai 2018 at 12 h 50 min

Tout à fait d’accord avec tout cela..je suis enseignante et si u entendais les remarques même entre enfants… Les parents ne se rendent même pas compte des stéréotypes qu’ils inculquent inconsciemment.. Ce qui me sidère, c’est d’entendre une fille cheveux courts et pantalons baskets dire à un garçon « la honte avec ton pull rose, c’est pour les filles.. » ni comment….. Merci pour tes articles passionnants qui font réfléchir..

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Antigone XXI 9 mai 2018 at 7 h 56 min

Et ce qui est dur, c’est de voir le sexisme à l’oeuvre : s’il est communément accepté que les filles peuvent être des « garçons manqués » parce qu’être un garçon est valorisé, en revanche, l’inverse est quasi impossible, car il est honteux de vouloir ressembler à une fille. Sans compter l’homophobie latente de ce refus social : il ne faudrait quand même pas « faire » de ces garçons des petits homosexuels en puissance… C’est tellement triste. D’ailleurs, il y a apparemment beaucoup plus de jeunes garçons qui souffrent de dysphorie de genre que de filles, car on leur donne moins la possibilité d’avoir un genre fluide que ces dernières.

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Amélie 9 mai 2018 at 13 h 53 min

Ophélie, je dirais « forcément » qu’on laisse aux petites filles plus de latitude dans leur expression de genre: être à leur place de fille, et essayer de s’approprier une part du « gâteau » masculin, c’est bien compréhensible (maintenant!) de chercher à … » » »s’améliorer » » »! Par contre, qu’un petit mec veuille se rabaisser à l’état de fille, là, par contre, c’est la honte, évidemment…. d’où, je pense, effectivement, les ratios de 1:3 entre les transgenres FtM et MtF, autant passer complètement le cap pour pouvoir s’exprimer comme on le souhaite.
(ça me donne envie de pleurer, tout ça).

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Miss Cherry 16 mai 2018 at 15 h 32 min

Pour prendre un peu la défense des parents, je pense que beaucoup de choses se font aussi à l’école, dans l’environnement qu’ils côtoient le plus. Avant d’aller à l’école, mon fils jouait indifféremment avec des poupées et adorait la Reine des Neiges. Aujourd’hui, en grande section de maternelle, il me pique une crise si j’ai le malheur de lui donner un verre Vaiana et pas Star Wars… Je n’ai rien fait pour en arriver là! Il observe juste ses camarades de classe.

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L'Akène 8 mai 2018 at 15 h 20 min

Difficile choix … Je vais lire les deux car j’ai vraiment hâte de lire « Dominique » pour lequel j’ai d’ailleurs voté mais l’autre m’intéresse également grandement.
Etant actuellement plongée dans Mona Chollet, je suis à fond dedans ahah !

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Antigone XXI 9 mai 2018 at 8 h 03 min

Personnellement, j’avais aussi du mal à choisir et comme le sujet me passionne, j’ai commandé les deux ! 😉
Tu lis quoi de Mona Chollet ? Beauté fatale ? (si oui, il est chouette !)

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L'Akène 9 mai 2018 at 21 h 17 min

Je te comprends ! J’ai hâte que ma librairie les reçoive.
Bingo ! J’adore. Vraiment je suis fan, tant du style qui reste très facile à lire mais avec tout plein de belles sources pour aller plus loin que des réflexions qui y sont développées. Accessible mais poussant à la réflexion, tout pour me plaire 🙂 en fait il répond parfaitement à mes interrogations/doutes que je développe depuis mon adolescence vis-à-vis du physique d’abord puis de la femme ensuite.
Tu sais déjà si vous allez proposer un de ses livres dans ce club ?

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Antigone XXI 10 mai 2018 at 8 h 40 min

Très certainement ! Beauté Fatale doit d’ailleurs être un des premiers livres qu’on a mis dans notre liste ! 😉

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L'Akène 10 mai 2018 at 9 h 47 min

Top !

Gwen 9 mai 2018 at 9 h 22 min

Les deux sont à la bibliothèque ! Je vais tout de même lire en priorité Dominique, mon amour pour les romans l’emporte d’autant que je n’en ai pas lu ces derniers temps au profit d’autres ouvrages plus scientifiques. J’ai lu à retardement Nous sommes tous féministes et la BD « L’origine du monde » de Liv Strömquist découverte grâce à une amie. Je pense que j’en parlerai bientôt sur mon blog (si je prends le temps de me poser pour écrire un jour).

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Antigone XXI 10 mai 2018 at 8 h 44 min

Super ! Je vais peut-être aussi commencer par Dominique, car j’ai un peu trop mis d’essais dans ma reading-list dernièrement et cela fait longtemps que je n’ai pas lu de roman ! Il faut absolument que je lise cette bande-dessinée (et les autres de Liv Strömquist !). D’ailleurs, on avait hésité avec un autre thème pour cette édition et on pensait à mettre Les sentiments du prince Charles dans la sélection… 😉

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Gwen 11 mai 2018 at 16 h 26 min

Je n’ai pas encore lu celui-là. Il n’est pas à la bibliothèque, mais je l’ai réclamé ainsi que le tout dernier qui vient de sortir. A priori, la bibliothécaire allait les prendre car ils organisent une conférence gesticulée sur la place des femmes en philosophie donc elle voulait agrandir le choix des lectures féministes.

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Emilie Leplat 9 mai 2018 at 10 h 15 min

Moi aussi je vais lire Dominique, le sujet m’intrigue et renvoie à des questions qui me taraudent aussi et font l’objet d’échanges réguliers avec mon cercle d’ami(e)s. Ce qui m’intéresse le plus, c’est le constat que ce conditionnement est encore très fort aujourd’hui malgré une apparente avancée des mentalités : nos hommes ont été élevés dans cette hypocrisie qui consiste à décréter la femme comme leur égale mais à adopter encore des comportements inconscients « arriérés » : la maternité m’en a fait prendre conscience, et aussi mon contexte professionnel.
à suivre si je le trouve en bibliothèque!

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Antigone XXI 10 mai 2018 at 8 h 50 min

Oui, tu as tout à fait raison ! Et le capitalisme consumériste n’arrange rien, enfermant encore plus les femmes dans des rôles genrés. Heureusement, de plus en plus de voix s’élèvent pour proposer d’autres modèles de société (par exemple, une éducation non-genrée). Il y a encore énormément à faire, mais espérons qu’elles aident à déconstruire les stéréotypes et fassent petit à petit bouger les choses !

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laure 9 mai 2018 at 10 h 45 min

Bonjour Ophélie, merci beaucoup pour cette réflexion sur ce sujet oh combien passionnant ! Je n’aurai malheureusement pas le temps de lire ces livres ce mois-ci, mais comme je vois que tu t’intéresses à la question, aurais-tu un livre plus « concret » à me conseiller pour une maman d’une petite fille de 2 ans ? Le papa et moi, on se bat comme on peut sur cette question envers notre entourage, mais je suis sure qu’un livre bien pensé nous aiderait à être plus sûrs de nous, et plus convaincants. Pour le moment, on a déjà perdu trop vite sur le thème des poupées (moins de 2 ans, et déjà 3 poupées lui ont été offertes, au secours !!!), mais on compte bien essayer de faire de notre mieux. Toute suggestion de lecture est bienvenue ! Merci beaucoup !

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Antigone XXI 10 mai 2018 at 9 h 03 min

Alors, comme je l’explique dans l’article, il a été difficile de trouver des livres accessibles en français sur ce thème. Si tu lis l’anglais, j’ai trouvé que Parenting Beyond Pink & Blue, de Christia Spears Brown, était très bien fait : il s’appuie sur de nombreuses études, il est facile d’accès et il donne beaucoup de conseils pratiques.
Sinon, on trouve pas mal de ressources en ligne concernant la littérature jeunesse non-sexiste : par exemple celle-ci, celle-ci ou celle-là.
En tout cas, je pense que vous avez raison et qu’il est très important d’essayer de bien communiquer avec votre entourage : expliquer pourquoi vous acceptez que votre fille ait des poupées, certes, mais que vous aimeriez tout autant qu’elle joue avec des petites voitures, des châteaux-forts ou des Lego (les garçons sont souvent meilleurs en géométrie dans l’espace car ils jouent beaucoup aux Lego !). Par exemple, quand j’étais petite, ma mère ne voulait pas que j’aie des Barbies car elle trouvait qu’elles donnaient une très mauvaise image des femmes et de leur corps (ce que je partage complètement). A mon avis, elle a dû briefer son entourage, car personne ne m’a jamais offert de Barbies de ma vie ! A la place, en revanche, j’ai eu des mignonnes poupées aux proportions bien plus naturelles et très peu genrées (on ne distinguait les hommes des femmes que par leurs cheveux). Je pense qu’elle en discutait avec sa mère avant les anniversaires ou Noël. Du côté des autres grands-parents, ce sont mes parents qui choisissaient les cadeaux de Noël, donc pas de souci de ce côté-là non plus ! Ah, et bien sûr, c’est dans les deux sens : mes frères ont chacun eu le droit à leur poupée ! 😉

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coralie 12 mai 2018 at 21 h 23 min

Coucou!
merci pour ce thème passionnant! C’est d’ailleurs quelque chose qui m’a beaucoup traversé quand j’ étais enceinte….et que j’ai su que c’était un garçon! Du coup j’ai vraiment veillé à avoir une déco non genrée, à acheter des fringues qui fonctionnent pour les deux sexes en achetant chez les filles quand je ne trouvais pas ce qu’il me fallait chez les garçons (du coup même si le potentiel deuxième est une fille, je vais garder un certain nombre de pièces) et mon fils est très attaché à sa poupée et sort d’une période où il adorait le rose.
Je tente de faire au mieux pour sortir des stéréotypes mais je dois dire que ce qui m’a le plus aidé a été de le suivre tout simplement. Etre attentive à ses besoins, à sa sensibilité à ce qu’il aime sans forcément rentrer dans une démarche forcément intellectualisée tout le temps. Je trouve regrettable que les petits garçons ne soient tout simplement pas assez consolés, écoutés, poussés à dire, à être empathique tout simplement parce qu’il s’agit d’être à l’écoute de leurs besoins….A mon sens le plus grand service qu’on puisse rendre à l’enfance sur ce sujet comme sur les autres est d’être dans l’écoute et l’ouverture.

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Sarah 14 mai 2018 at 21 h 02 min

Alors la je suis bouche bée ! La sélection du mois est juste géniale !!!! Jai pas du tout envie de choisir !!mais je dirais l’essai plutot que la fiction.
C’est vrai que les stéréotypés sont ancrés dès la petite enfance et souvent on ne sait même pas d’ou ca vient !
Un ami voulait boire un thé et le petit qui a 9 ans a dit spontanément  » nan ne prend pas de thé c’est pour les filles ! » .. et ce genre de propos ne vient clairement pas de nous ! Il y a des stéréotypes qui passent même si on fait tout pour leur éviter une éducation genrée !

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Charlotte 22 mai 2018 at 8 h 57 min

Encore une très belle sélection de livres ! Merci. Et vu que le sujet m’intéresse beaucoup et que je lis l’anglais très volontiers, si tu as des recommandations de livres anglophones, je suis preneuse …

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Antigone XXI 6 juin 2018 at 17 h 19 min

Désolé, je n’avais pas vu ton commentaire ! Je viens d’en recommander un dans l’article de bilan de cette édition. Si tu te le procures, j’espère qu’il t’intéressera !

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