Faut-il être parfait·e pour être engagé·e ?

13 mars 2014

Récemment, j’ai poussé un petit coup de gueule sur ma page perso Facebook. Si ce cri du cœur partait plutôt d’un agacement passager, façon goutte d’eau qui fait déborder le vase, il n’en était pas moins motivé par une remarque récurrente : la faille.

 

Tu te dis écolo, mais tu utilises de l’huile de coco : c’est pas local

Tu te dis vg, mais tu manges chez des gens qui ont de la viande dans leur frigo

Tu te dis accessible, mais tu utilises des ingrédients qu’on ne trouve qu’en bio

Tu te dis éthique, mais je suis sûr que tu as des habits Made in China

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Autrement dit, il semble qu’il y ait partout des gens pour chercher la faille, souligner l’inconséquence, dénoncer ce manque apparent de cohérence. D’où ma question :*

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Pour être engagé, faut-il être parfait ?

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Engagement parfait - Antigone XXI

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Le procès en perfection

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S’il y a une chose que j’ai pu remarquer au cours de ma (encore) brève carrière de blogueuse, c’est que les remarques les plus acerbes ne viennent pas tant des personnes dont les idéaux diffèrent grandement des nôtres, mais bien de celles qui partagent ces idéaux. A savoir, les remarques qui m’ont été adressées n’ont que rarement émané de militants de la barbaque (de leur part, j’en ai eu d’autres…) ou de partisans farouches de Monsanto. Non, la plupart de ces critiques sont provenues de végétariens, écolos, décroissants… bref, des personnes dont les intérêts sont proches des miens et avec lesquels je devrais en théorie m’entendre.

Après avoir essuyé quelques ‘mais tu manges des dattes, c’est pas local !’ ou ‘tu as pensé aux petits enfants qui sont exploités dans les plantations de cacao ?’, j’ai commencé par me justifier. Le traditionnel : oui, mais je mange à 90% local sinon, tout vient de ma région et on va même chercher nos légumes à vélos tous les dimanches, et puis, sinon, je fais attention, je boycotte l’huile de palme, mon agar-agar est français, j’aime aussi beaucoup les pruneaux, je n’ai pas de voiture, pas de téléphone intelligent non plus, je n’ai pas pris l’avion depuis des années, je n’achète presque rien de neuf, je choisis toujours équitable et transporté par bateau, et bla et bla et bla…

Même si tout cela est vrai, il est anormal de devoir se justifier à une telle régularité. Et je sais bien que je ne suis pas la seule ici : beaucoup de personnes que je connais, a fortiori des blogueurs dont la prise de parole est publique, ont subi les mêmes attaques. Il suffit parfois de peu de choses : une noix exotique, un fruit hors-saison, des couverts jetables, un coca, de la margarine, etc. Tant de choses qui apparaissent au détour d’un article, d’une recette, d’une photo ou d’un statut Facebook, et qui, si elles ne sont certainement pas représentatives du mode de vie global de la personne incriminée, n’en constituent pas moins les preuves accablantes de sa culpabilité.

Devant ce type de réaction, je me suis d’abord sentie jugée, coupable, fautive. J’ai eu envie de tout laisser tomber. J’ai également été agacée et ai pensé : ‘Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre !’. Et puis, je me suis surtout interrogée : pourquoi vient-on chercher la petite bête chez une personne qui, globalement, essaie de mettre en application des idéaux louables, plutôt que chez une autre qui reste complètement insensible aux arguments environnementaux, végétariens ou décroissants ?

Pourquoi s’auto-attaquer ? 

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Engagement parfait - Antigone XXI

La datte, objet de tous les crimes*

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Le deuil de l’idéal

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Le problème d’un idéal, c’est qu’il est, par définition, idéal.

A savoir, il s’agit d’un modèle de perfection qui n’existe pas réellement. Un idéal n’existe que dans notre esprit, et non dans le réel. Par exemple, pour un végane, l’idéal, c’est que plus personne ne mange ni n’exploite d’animaux et que ceux-ci soient entièrement libres. Pour un locavore, c’est qu’on ne consomme strictement que des produits issus d’un rayon de 100 à 250 km. Pour un écolo convaincu, cela peut être de n’avoir aucun impact environnemental. Chacune de ces personnes ne peut prétendre pouvoir atteindre, mais seulement tendre vers ce but.

La poursuite d’idéaux pose deux problèmes principaux :

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• Prendre son idéal pour la réalité 

D’abord, parce qu’on tend à confondre idéal et réalité et que, par là-même, on se met à poursuivre des buts non-atteignables, des buts de convention. Par exemple, une personne va se fixer de n’avoir aucun impact environnemental. On l’a vu, même Colin Beavan a reconnu dès le début que ce ‘zéro impact’ était un idéal, et donc, inatteignable. Bien vite, il est confronté à un certain nombre de dilemmes : mais comment alimenter son blog ? son ordinateur ? faut-il faire plaisir à son entourage, même si cela implique un coût environnemental ?  faut-il continuer à faire la lessive à la main pendant des heures ou bien accepter la machine à laver ?

Dans son livre Zéro Déchet, Béa Johnson réfléchit également avec recul à cet idéal. Elle raconte qu’au départ, passionnée de vrac, elle était capable de faire des kilomètres en  voiture pour trouver un magasin bio qui proposait du vrac – sans se rendre compte de l’impact de sa consommation d’essence sur l’environnement… Ou bien, avec un peu moins de recul, elle explique comment éviter l’utilisation abusive de papier… qu’elle remplace de bon gré par le numérique. Et là, contradiction : le numérique a un coût énergétique, lui aussi, et il n’est pas sûr qu’il soit moins important que celui du papier.

Donc, si l’on veut n’avoir aucun impact, il ne suffit pas de consommer local, manger végétarien, ne plus utiliser d’électricité ni de papier, se couper du reste de la société… Le seul moyen est de ne plus exister. Là, c’est sûr, on arrive à ne pas avoir d’impact… Bien sûr, si l’on décide de rester en vie et que l’on se soucie de l’environnement, alors on va tenter plutôt de minimiser son impact.

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• Des idéaux en opposition

Second problème : nos idéaux peuvent entrer en contradiction.

Plusieurs fois, on m’a demandé : mais pourquoi ne pas utiliser des œufs pondus dans ma région plutôt que de la farine de pois chiche ou du tofu venu de l’autre bout du pays ou du continent ? A chaque fois, j’ai montré ce tableau et expliqué que le coût environnemental immédiat visible ne reflète pas toujours le coût réel

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A savoir, il semble plus aggravant pour l’effet de serre de manger un œuf produit à 50 km de chez soi plutôt que de consommer de la farine de pois chiche venue du Sud de la France ou d’Espagne. Ceci s’explique par les coûts indirects de cette consommation : pour produire un œuf, il faut une poule, qu’il faut nourrir, abreuver, transporter (ponte et abattoir), etc., comme on peut en juger par les deux autres tableaux de mon article, ceci a un impact environnemental lourd.

J’ai d’ailleurs souvent envie de rétorquer à ceux qui me reprochent de consommer des produits non-locaux : mais savez-vous que votre savon de Marseille vient d’Indonésie ? que votre sarrasin vient de Chine ? vos amandes de Turquie ? et ne parlons pas de votre iPhone : conçu aux Etats-Unis, extrait en Afrique, construit au Japon, à Taïwan ou Singapour, assemblé en Chine et ensuite seulement expédié en France ?..

Pourtant, l’idée ici n’est pas de juger s’il vaut mieux être végane ou locavore. Le mieux, bien sûr, et si ce sont là nos idéaux, c’est d’essayer d’être les deux, mais surtout de reconnaître que, dans la pratique, il existe des limites à nos actions.

Il en est de même au sujet, plus général, de l’engagement : certes, avoir un ordinateur, utiliser internet, tenir un blog, faire circuler des liens a un coût énergétique non-négligeable, mais, d’une part, ces actions permettent d’informer et de sensibiliser d’autres personnes, chez qui la prise de conscience pourra être suivie d’effets qui l’emporteront dans la balance des effets positifs/négatifs. D’autre part, on peut minimiser ce coût, en faisant réparer son ordinateur quand il est cassé plutôt que d’en acheter un autre, ou en cliquant intelligemment grâce à des moteurs de recherche plus éco-friendly que Google… ce qui veut donc dire que, si nos différents idéaux, en apparence cohérents, peuvent s’opposer dans la pratique, et bien, à nous de choisir nos priorités sans être jugés.

Ceci ne veut pas dire, bien sûr, qu’il ne faut pas avoir d’idéal : je suis moi-même une grande idéaliste, mais j’essaie d’être raisonnable dans mon jugement d’autrui.

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Engagement parfait - Antigone XXI

Au bûcher, le cacao !

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La communauté d’auto-surveillance

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J’ai souvent l’impression, de par ce type de remarques, d’être constamment surveillée. Un peu comme le Panopticon de Bentham, vous savez, une prison conçue de telle sorte à ce que les prisonniers soient sans cesse susceptibles d’être observés sans le savoir : l’idée est de créer un sentiment d’omniscience invisible, de sorte que les détenus s’auto-contrôlent eux-mêmes. Et bien, moi, c’est pareil et je vous jure, ce n’est pas très drôle de se sentir mal de manger une banane chez soi…

Je pense que ce regard de contrôle qu’on retrouve souvent dans le milieu vg, vert & décroissant est nuisible et néfaste à son image. Il naît d’une attitude de comparaison permanente : comme mes idéaux sont, justement, des idéaux et ne sont, par définition, pas atteignables, je regarde les choix et priorités d’autrui et les compare aux miens. Que faire pour remplacer le beurre ? Untel opte pour la margarine, oui, mais moi je ne veux pas d’huile de palme… Unetelle choisit l’huile de coco, mais ça vient de loin… alors moi, je prendrai la purée d’amande, et j’ai raison, c’est le meilleur choix, les autres ont tort. Evidemment, la comparaison n’est pas neutre et elle mène au dénigrement d’autrui, même si – et, à dire vrai, surtout si – il se bat pour la même cause que moi.

Ce jugement sur autrui est partagé publiquement. Et avec qui va-t-il être partagé ? Avec quelqu’un qui n’en a que faire de l’environnement et des animaux ? Non, bien sûr : directement avec la personne concernée car elle est, bien sûr, plus réceptive à ce type de question que d’autres. Donc, plutôt que de faire un reproche à quelqu’un dont les actions vont totalement à l’encontre de nos idéaux (allez, une blogueuse mode qui achète des fringues H&M à tout bout de champ, ou bien un cuisinier fan de boucherie), on va l’exprimer auprès d’une personne qui essaie déjà d’œuvrer dans cette direction. C’est ainsi que le végane va pointer du doigt le végétarien, que le décroissant va dénoncer le soi-disant ‘écolo’, etc.

Quel effet cela aura-t-il ? La personne a de fortes chances de se braquer et de dire : ‘bon, et bien, si c’est comme ça, je jette l’éponge !’. Bingo.

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Engagement parfait - Antigone XXI

Vile huile de coco

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Nobody’s perfect

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Que les choses soient claires : le propos de ce billet n’est en aucun cas de soutenir que, les idéaux étant inatteignables, mieux vaut les abandonner illico, et, par là-même, de discréditer ceux qui, par leurs actions quotidiennes, essaient de poursuivre des idéaux. Ce billet a juste pour but d’appeler à la compréhension. Parce que nous n’avons pas toujours défendu ces idéaux, parce qu’il a fallu parfois des personnes patientes pour nous ouvrir les yeux, parce que nous avons aussi des failles et des incohérences, bref, parce qu’aucun de nous n’est parfait, nous n’avons pas le droit de distribuer des bons et des mauvais points autour de nous.

Ainsi, je comprends par exemple tout à fait une personne qui me dit : ‘Chez moi, je ne mange plus de viande, mais à l’extérieur, c’est difficile…’ ou bien ‘J’ai peur de froisser les gens chez qui je suis invité si je refuse tout ce qu’ils me proposent…’ L’idée n’est pas de devenir des asociaux et je pense qu’il est légitime de reconnaître les limites posées par une certaine résistance extérieure. A savoir : malgré nous, nous n’agissons pas toujours dans le respect de nos idéaux. Je vais accepter de monter dans une voiture qui ne m’appartient pas et dont les fauteuils sont en cuir, même si je m’oppose à l’industrie du cuir. Je vais accepter un repas au cours duquel les personnes qui me reçoivent mangent des animaux, même si je suis végétarienne. Je vais accepter de boire un thé en sachet lorsque je suis invitée même si je préfère le vrac. Je vais accepter que mon marchand m’offre un fruit exotique qu’il aurait par défaut jeté, même si je suis locavore.

Bref, nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes et certaines actions peuvent être entravées par un environnement indépendant de notre volonté. Et jamais je ne jugerai quelqu’un qui me dit qu’il fait de son mieux mais qu’il ne parvient pas à vérifier toutes les étiquettes des produits qu’il achète, qu’il accepte de manger l’omelette de sa grand-maman pour ne pas la peiner ou qu’il ne peut acheter en vrac car il n’en trouve pas autour de lui (mon cas ! l’Allemagne n’aime pas le vrac !).

Je reconnais donc que chacun est libre de choisir ses priorités, tant que ces choix sont en accord avec sa conscience. Il n’est pas de mon droit de venir faire la police du locavore parfait, du végétarien parfait, de l’écolo parfait, et je propose que toute personne qui tente de faire ce travail de contrôle se voit attribuer une palme (comme celle du végane parfait, chère à mon cœur).

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Engagement parfait - Antigone XXI

To banane or not banane ? That is the question…

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Il n’y a pas de petits pas

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Pour conclure ce long billet, je finirai par une discussion que j’ai eue récemment avec une amie. Elle qui n’est pas végane mais qui se passe volontiers de viande, et qui n’est pas pure écolo, mais qui achète souvent bio, me disait parfois ne pas oser entreprendre certaines actions (vg, vertes ou décroissantes), tant elles lui semblaient dérisoires en comparaison de tout ce qu’elle faisait par ailleurs qui allait à l’encontre de ces idéaux. Du coup, à quoi bon faire des efforts si l’on sait que tout est détruit à côté ?

Et c’est vrai, parfois, j’ai la même impression quand je vais, par exemple, au supermarché (j’avoue, ce n’est pas très fréquent) : je vois les caddies des autres consommateurs et je déprime… Toute cette viande, tous ces emballages, tout ce plastique, tous ces produits de m… A quoi servent mes sacs en papier, mon végétalisme, mon fait-maison sinon à être engloutis par les actions inverses de la grande majorité ?

Et bien, même si cela paraît dérisoire, même si nos actions sont parfois contradictoires, même si nous sommes loin d’être des modèles de cohérence, chaque petit pas compte pourtant. La fable du colibri est tant reprise dans le milieu décroissant qu’il fait presque ‘cliché’ de la convoquer, mais tant pis : pour moi, ce colibri, ces gouttes d’eau, c’est vital. Parce que, oui, c’est vrai, nous sommes tous des colibris et, si chacune de nos actions peut paraître dérisoire, mises bout à bout, celles-ci font le monde de demain.

Aucune révolution ne s’est faite par un peuple dans son entier, aucune grande loi n’a été votée par un milieu politique à l’unisson, aucune action de résistance n’a été lancée par une majorité. Chacune est née de l’action de quelques individus, d’un petit nombre de voix, de tout petits pas. Et pourtant, ces gouttes d’eau ne se sont pas taries : elles ont abouti. Alors, ne baissons pas les bras. Il n’y a pas de petit pas, pas de petites actions, et tant pis si nous ne sommes pas cohérents à 100% et que 10% de nos gestes jouent les trublions : je sais au moins que les 90% restants, eux, vont dans la bonne direction.

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Engagement parfait - Antigone XXI

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Alors voilà, ce texte paraîtra peut-être un aveu de faiblesse pour certains, mais j’espère que pour d’autre, il sera le petit élan qui leur permettra de se dire : ‘Quoi que je fasse, je suis en droit de le faire et je ne serai pas jugé’.

J’avoue, je ne suis pas une sainte et, moi aussi, je me suis dit parfois : ‘c’est bien gentil de te dire écolo, mais tu n’es pas entrain d’acheter un sandwich tout emballé ?’ ou bien ‘tu sais, avant de sermonner tout le monde sur le robinet qui coule et l’ampoule restée allumée, vas-y un peu mollo sur la viande, c’est la moindre des choses’. J’ai porté des jugements sur ce que je perçois comme des incohérences de la part d’autrui. Mais, à moins d’être attaquée à ce sujet, je ne me suis jamais permis de faire ces remarques ouvertement.

Certes, les grandes déclarations de flexitarisme font parfois un peu grincer des dents les véganes par éthique (dont je fais partie), mais, soyons également parfois un peu pragmatiques : c’est déjà une bonne chose que des gens décident de moins manger de viande. Quand on est très absolu (comme moi), il faut parfois prendre un peu sur soi, mais soyons à la fois indulgents et respectueux des autres. Ce n’est pas à nous de juger de leurs incohérences : aidons-les, encourageons-les, guidons-les au mieux, mais ne détruisons pas les bonnes volontés en nous attaquant mutuellement. Soyons unis.

Je reconnais moi-même bien volontiers ne pas être parfaite. J’essaie de faire de mon mieux, selon ce qui est en ma capacité et selon les choix que j’ai faits. J’aimerais juste que personne ne vienne saper ce que j’entreprends, quand bien même cela paraîtrait bien peu à ses yeux. Ne nous trompons pas d’ennemi.

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axel 26 mars 2015 at 4 h 10 min

Bonjour, je découvre tout juste votre blog, tout d’abord bravo, c’est très bien écrit et très intéressant.

Je me sens touché car je suis souvent cette personne qui va pointé du doigt ces fameuses failles (plutôt en soirée quand commentaires facebook 🙂 ), et je vais me permettre de partager mon point de vue au risque d’un éventuel jeté de cailloux.
Pour me visualiser dans les grandes lignes du spectre écologique : je ne suis ni vegan, ni végétarien, je mange même beaucoup de viande. Par contre j’achète ma nourriture localement, consomme très peu hormis ça et ne possède quasiment aucun bien.

Mais voilà, je ne vais pas aller en parler. Je ne promouvois aucun mode de vie et je ne vais pas tenter de changer les gens.

La plupart des personnes impliquées dans leur lutte pour changer ce mode de vie ne le réalisent pas mais elles en parlent tout le temps. Ce que vous voyez comme de la sensibilisation, beaucoup le voient comme de la persuasion qui ne tarde pas à se transformer en agression, même si cela est fait avec la plus belle des intentions.

Prenez une personne religieuse par exemple. Je respecte tout à fait son choix, si elle m’en parle une fois pas de soucis, je serais même intéressé !
Mais si cette personne se met à parler de sa religion tout le temps, puis à essayer de me “sensibiliser”, cela va très vite m’énerver, je vais être sur la défensive et ne vais pas tarder à chercher la faille.

Cela peut évidemment paraître stupide pour certaine personne de comparer “l’écologie” à une religion,
Je ne compare ni ne juge leur authenticité, mais j’utilise plutôt cette comparaison pour illustrer l’importance d’un mode de vie chez un individu.

La religion et l’écologie peuvent à la fois être une façon de vivre d’une extrême importance chez certaines personnes tout en paraissant dérisoire et futile chez d’autres.

Et comme lors de toutes révolutions, bien des gens ne sont pas intéressés, refuse de s’y mêler, et ne veulent pas être dérangés…Mais peut-on vraiment faire une révolution sans déranger les autres ?
Et si ce n’est pas le cas peut-on vraiment se plaindre d’être soit-même déranger ?

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Maya 25 octobre 2015 at 17 h 43 min

j’ai arrêté de lire à “je mange même beaucoup de viande ” ………

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Maya 25 octobre 2015 at 17 h 44 min

à un des commentaires je voulais dire, zut…

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mangeur de viande aussi 26 octobre 2015 at 19 h 11 min

beh écoutes c’est pas grave si t’es con comme un pied Maya!
je mange même beaucoup de viande.
Allez tout le monde, pour Maya, commençons nos commentaires avec “je mange beaucoup de viande” comme ça elle sra toujours aussi débile…. Oh Pôvre fRANCE

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Aënor 26 mars 2015 at 15 h 18 min

Bonjour,

J’avais mis cet article de côté pour le lire un jour, sa longueur et son sujet m’ayant un peu repoussé au début. Et puis, et puis… Avant de reprendre le travail ce midi, et parce que je l’ai vu cité je ne sais plus où (sur le site on n’est pas que des cobayes je crois), je me suis dit “allez hop”. Et bien je ne suis pas déçue et je me retrouve parfaitement dans ce que tu décris. Végétarienne de fraiche date, je reçois toujours/déjà des remarques sur mes docs martens ou sur les mitaines doublées. Bin oui c’est beark. C’est beark et je n’en achèterai plus si je peux m’en passer, mais en attendant, je n’ai pas 36 mille paires de chaussures ou de mitaines et comme je ne joue pas, je n’ai jamais gagné au loto. Donc pour l’instant je garde et le jour où il faudra renouveler (je ne vais pas renouveler toute ma garde robe d’un coup, merci), je me poserai les questions que j’ai envie de me poser.

En attendant, j’ai trouvé une petite parade aux gens qui m’embêtent avec leurs questions, justement: répondre par une autre question, du genre “et tes chaussures à toi, elles ont été faites où et par qui? Parce qu’elles ont beau être en plastique et tissu, les miennes viennent d’UE au moins” ou bien, si j’ai affaire à un végétruc plus poussé que moi: “et toi, quand tu est devenu végétruc, tu as tout changé du jour au lendemain peut-être?”

Je trouve que poser ce genre de question, avec le sourire, a le mérite de retourner le débat et de questionner sur la vison que l’on a l’un de l’autre. Evidement cela ne fonctionne pas toujours, mais ça évite de se justifier 🙂
Si non il y a toujours l’option “occupe toi de tes pieds, je m’occupe des miens”, mais seulement en cas de très mauvaise journée et de grosse fatigue. Parce qu’il n’y a pas de raison, on n’est pas toujours obligé d’être au top.

Voilou, merci pour ce chouette blog et bon après-midi 😀

Aënor.

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Collectif des Ecocitoyens Marnais Indépendants et Solidaires 26 mars 2015 at 18 h 07 min

Première réponse à la question du titre, après une lecture rapide de l’article :
Nous mêmes engagés depuis longue date dans diverses militances, avons vécu chacun à son niveau les critiques cinglantes des camarades de campagne… excepté dans les milieux communautaires où l’existence est dénuée de toute concurrence et où notre esprit de militant solidaire a pu se forger…

Car la question est bien là : sur la concurrence existentielle des collègues, dans ce monde du 21 siècle, où le moindre service s’achète ou se vend… ou le gratuit devient irréel, voir indescent lorsqu’il n’est pas totalement déprécié.

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, nous sommes tous formatés à être les meilleurs ?… POPOP!!! Pas de protestation, nous sommes toutes et tous formaté(e)s, volontairement ou involontairement, par l’ensemble des codes qui régissent nos petites communautés, qu’elles soient familiales, scolaires ou professionnelles ! Que ce soit dans un cadre laïque ou religieux, entre amis ou à l’un de nos pires ennemis, il nous est demander toujours de donner le meilleur de nous-même pour RÉUSSIR !

Et si la réponse à la question “Faut-il être parfait pour être engagé ?” était une autre question : “Nous est-il encore permis d’être nous-mêmes, en ce 21ème siècle où la loi du commerce de libre échange semble être celle qui régisse aussi nos sentiments ?”

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Jabberwocky 26 octobre 2015 at 19 h 17 min

Bien d’accord avec ce 2nd §. J’irais un chouille plus loin en disant : travail, créateur de liens sociaux. Trop long à développer mais si la modératrice le permet, voici de quoi vous faire faire un peu de culturisme cérébrale : http://www.palim-psao.fr/

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Links I Love #54Whatever Works 8 avril 2015 at 9 h 00 min

[…] Un vieil article d’Antigone, mais qui sera toujours d’actualité: Faut-il être parfait … […]

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GreenerDaddy 12 avril 2015 at 23 h 00 min

Superbe mise au point, ca nous rassure sur notre démarche qui n’est pas “parfaite”. On s’y met juste et nos habitudes ont la vie dure.

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Claire de La Lune 8 juin 2015 at 14 h 20 min

Ophélie, cet article est absolument “parfait”! J’espère que mon message de la semaine passée, sur facebook, ne correspondait pas à la “recherche de la faille”! J’aurai toutefois exposé ma question différemment si j’avais lu d’abord cet article.
Encore des arguments dont je pourrai me reservir! Merci beaucoup!

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La Cec 24 juillet 2015 at 14 h 51 min

MERCI!!!!!!!!

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MA REVUE DU MONDE {OCTOBRE} | Antigone XXI 16 octobre 2015 at 17 h 05 min

[…] Shaming vegans shame animals : une réflexion approfondie de Melanie Joy, auteur du célèbre concept de ‘carnisme’, sur l’humiliation que certains véganes peuvent infliger à d’autres activistes et, plus généralement, sur la norme de la ‘perfection’ qui domine parfois nos milieux. Un article qui fait (en beaucoup mieux) écho à mon propre texte : Faut-il être parfait pour être engagé ?. […]

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Morgane 16 octobre 2015 at 21 h 50 min

Ophélie, je n’ai qu’une chose à dire : merci. La lecture de cet article m’a vraiment fait un bien énorme!

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sylvie 17 octobre 2015 at 12 h 38 min

merci pour cet article….et pour vos commentaires

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zara 18 octobre 2015 at 12 h 11 min

Je pense que ça vient surtout du fait que tu t’exposes, et peux sembler te poser en exemple pour un mode de vie plus éthique, dès lors des gens “plus engagés” qui s’exposent moins peuvent voir d’un mauvais œil tout manque de cohérence, ou simplement lorsque tu vas à l’encontre de choses pour lesquelles ils militent, ce qui est plus ou moins légitime de t’alerter pour te dire attention tu es écoutée stp ne fait pas la promotion de telle chose (ou aussi les gens jaloux de cette “célébrité” du “moi je” – c’est un peu le principe d’un blog en même temps -genre qu’est-ce qu’elle se met en avant alors que ci et ça…oui mais ça inspire quand même et semble plus accessible).
Se justifier est lourd et en effet la promotion d’un élan vers le changement et la prise de conscience est déjà énorme, mais je crois qu’il y a aussi de l’agacement face à une nouvelle génération de personnes qui surfent un peu le mouvement (je trouve que c’est bon signe perso)…possible qu’il y ait un procès en honnêteté derrière. Et c’est normal que ça vienne en priorité de gens qui sont dans ce mouvement quoi que la majorité des militants (tant que tu détruis pas des choses pour lesquelles ils ont milité) sont juste ravis quand il y a une nouvelle voix qui parle et touche des gens. On prend tout !
Après c’est très bien qu’on sorte d’une ère du sacrifice militant et que le végétalisme soit un sujet trend pour les blogs, les chaînes youtube, qu’il y ait de plus en plus de commerces etc, ça c’est visible, ça interpelle, ça normalise, voire ça donne envie (pas par sacrifice moral omg), c’est un signe que le végétalisme, et l’animalisme, s’intègre doucement dans la société.
Le problème pour beaucoup, outre le fait qu’ils peuvent avoir l’impression d’avoir contribué à bâtir quelque chose qui est exploité par de méchants arrivistes capitalistes, est que le végétalisme rejoint beaucoup d’autres idéaux, fait parti d’un tout (tout le monde n’a cependant pas la même définition de ce “tout”), et que là le végétalisme s’intègre à la société telle qu’elle est : capitaliste, sexiste, etc etc, même si je trouve qu’il va dans le sens de l’édulcorer et de lancer un élan de changement, pour certains c’est une déception (un peu comme quand on découvre que les végétaliens ne sont pas tous des frères, et qu’il y en a même des cons, des sexistes comme on oserait pas imaginer…), c’est dur par exemple de voir des sociétés vegan vendre des burgers quand ils souhaitent une société non mercantile etc (anarchie!). Mais les animaux eux, rêvent surement de rayons entièrement vegan dans les hypermarchés.
Reste que ces blogs et cie donnent une visibilité au végétalisme, aux animaux, qui eux s’en portent bien mieux, ils n’ont pas le temps d’attendre qu’on réforme tout, eux leur vie, leur mort, c’est maintenant, et les critiques reçues (suggestions serait plus sympa) permettent d’évoluer (mais si c’est juste pour casser et te dire tais toi tu n’es pas légitime, ça fait juste une voix en moins quoi). Enfin chacun son style si ça ne parle pas à soi, ça peut parler à d’autres et c’est l’essentiel, à eux de proposer d’autres choses.

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Lola 18 octobre 2015 at 16 h 49 min

Merci !!! Mille mercis !!

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giz404 18 octobre 2015 at 17 h 06 min

Je connais le phénomène, et je le vis plutôt de l’autre côté. Je suis celui qui a tendance à juger les comportements des autres, alors qu’ils sont “dans mon camp”.
Bon, je le fais intérieurement, parce que je ne suis que trop conscient de mes propres lacunes ou contradictions, donc je la ramène généralement pas trop.

Ce que je trouve agaçant, c’est quand je constate des comportements incohérents, tout particulièrement lorsqu’ils sont associés à de grandes paroles.
Jai un paquet d’exemples dans mon entourage ; des personnes qui se disent vegan très fort mais mangent du fromage parce que “quand même, c’est trop bon”, ceux qui arrêtent le cuir et mettent directement des paires de chaussures parfaitement utilisables à la poubelle, et ceux qui s’enorgueillissent de ne pas être végés mais locavores, et à côté de ça vont volontiers en Thaïlande deux fois par an pour les vacances, etc.

Chacun place la barre là où il veut, ok. Et trouve son propre “juste milieu” fait ses propres compromis.
C’est simplement quand ceux là font des réflexions ou tiennent des discours qu’ils ne respectent pas eux-même que ça devient exaspérant.

Voilà pour le point de vue du connard-râleur.

Quant à toi, je pense que le problème est légèrement différent, et provient du fait que tu es une personne “publique”, dont les “fans” attendent énormement. Tu es un modèle et une source d’inspiration pour un paquet de monde. Du coup forcément, dans le tas, certains t’idéalisent, et doivent se trouver particulièrement déçus quand tu n’es pas à la hauteur de ce qu’ils attendent de toi, d’où les commentaires assassins.
Mais ne te laisse pas miner par cette minorité, et continue à faire les choses comme tu les fais, à ta manière, avec tes décisions et tes compromis, c’est très bien comme ça.

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Kroener 18 octobre 2015 at 19 h 14 min

Merci pour cette réflexion, ce témoignage. Je trouve qu’il est plein de justesse sur le désir d’idéal et de perfection et qu’il cible bien ce ce que certaines personnes peuvent ressentir.

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Mel 18 octobre 2015 at 21 h 01 min

Je suis absolument d’accord et partage ces mêmes idées depuis plusieurs mois ! Tolérance, respect, compréhension, liberté, efforts, plaisir et choix sont nos guides vers le bonheur et la conscience sereine…

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Amandine-Rachel 19 octobre 2015 at 12 h 44 min

Merci Ophélie!! Tu as un grand talent. La capacité d’écrire, de traduire avec des mots ce que beaucoup d’entre nous ressentent. C’est un plaisir de lire cet article, j’en avais besoin. Nous avons tous besoin de cette mise au point, un retour à la grande valeur du respect, il faut savoir mettre son ego de côté, et d’abord reconnaître nos propres défauts. Se poser des challenges à soi-même et cesser de regarder ce que fait ou ne fait pas “son voisin”. C’est plus difficile de se regarder dans un miroir que de critiquer les autres, c’est bien connu! Merci pour ce que tu fais Ophélie, et continue, c’est que du bonheur !!! 🙂

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Machin Truc 19 octobre 2015 at 13 h 00 min

Je ne comprends pas… A quel moment on a arrêté de féliciter les gens pour leurs efforts pour mieux critiquer ceux qui n’en font “pas assez” ? N’importe quelle action même minime est importante. Personne n’est parfait et heureusement ! Dans ce cas, autant tous arrêter de respirer (ben oui, le CO2 ça pollue hein…). Bref, super article, qui remet vraiment les choses à leur place. Bravo !

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laeti 19 octobre 2015 at 14 h 29 min

et si au fond, c’était juste de la jalousie déguisée en attaque idéologique ? 🙂
la perfection n’est pas de ce monde, ni eux, ni toi donc ils cherchent peut être juste un prétexte pour avoir quelque chose à te reprocher car ils sont envieux de ne pas être à ta place… continue, effectivement, on tend vers un idéal et ça nous prend toute une vie. ta possible imperfection, on peut te la pardonner car tu rallies des gens à ta cause et ça, c’est bien 😉
bises laeti

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Lili 19 octobre 2015 at 14 h 54 min

ça fait du bien de lire un texte de quelqu’un de réfléchi, tolérant et intelligent !
ça me réconcilie avec l’âme humaine et me permet de positiver un peu… Alors merci pour ce bel article ! J’aimerais savoir argumenter ainsi quand je reçois des attaques de ce genre car j’ai osé prendre ma voiture ou manger des mangues que j’adore…

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Léa Lourdaux 19 octobre 2015 at 20 h 06 min

Merci ! En effet c’est un très bel article 🙂 Ce que tu dis est vrai dans plein de domaines différents d’ailleurs. On est dans une société de la comparaison et de la compétition à plein de niveaux et heureusement l’individualisme et tous ses travers laissent place petit à petit à plus d’entraide, de solidarité, de “vivre ensemble” et ton article fait du bien ! Je pense tous les jours à la légende du Colibris et sans ça j’aurais de sacrées baisses de moral… On se retrouve tous à la COY11 entre gens engagés qui ne se jugent pas ? 🙂 haha. Bonne semaine!

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Hiroki Tsutsui 20 octobre 2015 at 9 h 22 min

Je suis très beaucoup d’accord avec cet article o/

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Marion 20 octobre 2015 at 22 h 45 min

Un commentaire parmi tant d’autres mais juste un message : merci Ophélie pour tout ce que tu fais, j’aimerais quand même que tu saches que c’est grâce à ton blog notamment que je suis devenue vegan, j’aime beaucoup tes articles. Les critiques sont souvent dures, parfois carrément injustifiées mais le mieux c’est de passer outre. Personnellement je ne suis pas encore locavore et j’ai des connaissances omnivore qui disent que je fais plus de mal à la planète en mangeant du soja et de l’huile de palme (que j’évite pourtant le plus possible) qu’eux en mangeant des animaux “qui ont eu une belle vie dans un petit élevage” -> je suis pas sûre que les animaux voient vraiment les choses comme ça puisqu’ils ont perdu la vie pour un simple plaisir gustatif mais bon… Bref en étant vegan, je me sens parfois vraiment en colère contre la plupart des gens qui se trouvent autour de moi : ceux qui achètent leur viande dans les barquettes et que je croise à la caisse du supermarché, la famille qui sort le foie gras à table, des connaissances qui trouvent normal d’acheter leurs animaux dans des élevages, etc. Ça me rend incroyablement triste pour ces animaux esclaves des hommes qui se croient au dessus de tout, et qui meurent en souffrant. Pour en revenir au sujet, je pense quand même que l’essentiel c’est d’épargner des vies. Alors le débat sur la datte franchement ces gens n’ont que ça à faire plutôt que de défendre la cause animale ? Alors bravo pour tout ce que tu fais, sache aussi que je me questionne parfois sur les bananes, l’huile de coco, etc. mais comme tu le rappelles si bien, 90% de nos actions correspondent pile à nos idéaux. Je considère que tant qu’on ne nuit pas à autrui (donc également aux animaux) où est le mal ? La perfection n’est pas de ce monde, si tous les gens étaient vegan, le monde serait déjà incroyablement plus beau : les animaux vivraient en paix, il y aurait beaucoup moins de problèmes d’écologie, etc. On peut décrier les vegans autant qu’on veut, ils ont pourtant plus de respect pour la vie que la plupart des gens… Je suis engagée, je ne suis pas parfaite, les gens critiquent à fond mais je m’en fiche parce que j’agis en fonction de mes valeurs, en ayant le moins d’impact négatif possible sur les animaux.

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karine 21 octobre 2015 at 7 h 53 min

Salut!
Je te remercie pour ce long article très fouillé.
ça fait du bien de lire cette analyse.
J’ai été végétarienne puis vegan plusieurs années avant de re-devenir flexitarienne (bon, c’est un chemin et il ya des chances que je vire à nouveau…)
La raison de mon retour en arrière est justement la perception de ce “flic” dans ma conscience qui a fini par me tétaniser au point d’avoir envie de ne plus exister… ben oui, comme tu le disais, le seul moyen de ne pas avoir d’impact, c’est ne plus être là!
Sur ce chemin, j’ai rencontré la Compassion.
La compassion envers les animaux, mais aussi envers les autres humains, et moi même.
Aujourd’hui, j’apprends peu à peu que “changer le monde”, c’est surtout, à mon avis, changer le regard que l’on porte sur les choses et les gens: les accepter, les reconnaître tels qu’ils sont.
Chacun a tendance à vouloir “faire mieux” que le voisin, alors que chacun apporte sa pierre à l’édifice et que chaque éffort est le bienvenu!
Encourageons-nous, soulignons chacun les initiatives positives, le négatif, il y en a plein les JT et ça n’arrange vraiment rien de le ressasser…
A force de renforcer cette spirale positve, on voit bien ce qu’il se passe: les végétariens sont de plus en plus nombreux, on voit de la Bio même dans les grands magasins, il y a de plus en plus de personnes qui consomment local…
Bref, le changement est en marche!
C’est ça qu’il faut regarder et promouvoir!
Merci à toi qui oeuvres dans ce sens!
Merci d’être toi-même!
Nous ne sommes pas des monolythes! Nos contradictions sont notre trame, mais peu à peu nous tissons ensemble de très jolis patchworks 😉

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C'Végétal 21 octobre 2015 at 22 h 56 min

Merci Ophélie. Tes mots sont simples et efficaces comme tout ce qui vient du coeur et ils donnent courage et l’espoir. Pas mal pour une imparfaite !

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Bruno 24 octobre 2015 at 16 h 19 min

Bonjour, et merci de cet article, qui défend le réalisme, plus que l’utopie.
Je dois dire que je me sens souvent ainsi, ne serait-ce que confronté à mes chats : je sais qu’ils seraient probablement morts si je ne les avais pas ici, mais je me tourmente souvent à cause d’un sentiment coupable de leur infliger un syndrome de Stockholm, et de leur nourriture (croquettes, donc moins de gâchis) à base de viande…

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Estelle 24 octobre 2015 at 16 h 36 min

Exactement !!! Tu as tout si bien expliqué que je ne peux que valider ! Ah si, la seule chose que j’ajouterais, c’est qu’en plus d’être décourageant parfois, le dénigreur fait le bonheur des anti-tout-ce-qu’on-est en leur offrant le plaisir de pouvoir se dire que ces “écolcos/végés/locavors” n’arrivent même pas à se mettre d’accord entres eux ! Et même s’il est tout à fait normal de ne pas être d’accord sur tout, comme tu le dis, mieux vaut nous soutenir et c’est un créant un grand mouvement, une grande communauté de gens volontaires du changement qu’on sera plus fort et qu’on bouffera le monde ! (dans le bon sens du terme hein…) Merci pour ce billet, mille fois j’ai dû intervenir face à l’intolérance de “notre communauté”… Chaque pas compte, chaque bonne volonté est un pas en avant, et pas par pas nous avançons vers ce monde meilleur ! <3

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thibaut 24 octobre 2015 at 16 h 46 min

bonjour,
je pense effectivement que beaucoup de contradiction sont utiliser pour réduire les autres et que c’est dommage (entre nous ;D) parce que cela démotive… je pense notamment que c’est la façon dont ils sont adressé qui n’est pas la bonne.
il est important de soulever ces paradoxes: certaine personne ne se rende pas forcément compte qu’en revendiquant une choses elle sont en contradiction avec certaine de leurs action.
la remarque deviens alors un outils de réflexion, un sujet de débat. je prend un exemple qui m’est arrivé plusieurs fois: des amis qui sont végétariens mais qui on un animal de compagnie carnivore… c’est un fait il n’avait jamais penser a cette contradiction: ils achète de la viande et généralement pas issue d’un élevage heureux pour nourrir leur animal. je ne le reproche pas (je ne suis pas entièrement végétarien et je pense qu’il faut savoir trouver un juste milieu.) mais de fait c’est une contradiction qui mérite d’être notée, réfléchie, et qui permet a tout un chacun en s’en rendant compte de changer petit a petit pour tendre vers ce qu’il souhaite.

il est important de chercher la petite bête, le vrai sujet est de savoir comment la soumettre, l’expliquer, l’exposer à l’autre sans le blesser (la aussi on a tous nos contradiction dans les façon de communiquer et certain perde patience plus vite que d’autre). de savoir si elle apporte un point d’avancé ou si finalement le débat tourne en rond, de savoir si au fond ce n’est pas l’échange sur le sujet et les rapport humains autour de ces paradoxe qui nous construisent nous nourrissent et font une part du bonheur de notre vie quand cela est bien fait.

je vous souhaites a tous de découvrir vos paradoxe, de les comprendre, d’en discuter, et de savoir si au fond vous souhaiter les changer, est-ce important? vivez heureux avec vos idéaux et faite le moindre mal!

ne freinez pas, toutes remarque est bonne a prendre ou a dire (dites la bien) évoluez.

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Atropos 24 octobre 2015 at 17 h 54 min

“La perfection n’est pas dans les hommes, mais souvent dans leurs intentions…”
Proverbe Arabe

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sk8ounet 24 octobre 2015 at 19 h 05 min

Salut, je viens de découvrir ton blog grâce à Mr mondialisation, et ce billet est juste génial! Superbement écrit, c’est exactement le fond de ma pensée! Je n’ai malheureusement pas la même plume que toi et est souvent du mal à me faire comprendre autour de moi et a expliquer l’importance d’améliorer nos modes de vie. Heureusement que des personnes comme toi existent! Je suis persuadé que nous rendons ce monde plus juste, et de plus en plus de monde vont se rendre compte de l’importance de changer nos habitudes.
Continue comme cela! Bonne continuation, je ne manquerais pas de suivre régulièrement ton blog 😉

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céline 24 octobre 2015 at 22 h 00 min

Je suis dans le même cas, je viens de découvrir, une mine d’or, et des réflexions très justes, et tellement vraies. Merci de garder le courage de dire tout haut ce qu’on pense tout bas, et d’oser franchir un pas qui effraie encore trop.

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t.o 24 octobre 2015 at 22 h 17 min

Merci pour ce billet qui tombe au bon moment 🙂

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Va Nessa 25 octobre 2015 at 0 h 42 min

Tout à fait d’accord avec votre article : ceux qui m’intéressent sont ceux qui se mettent en mouvement dans le même sens que moi, qu’ils en soient encore à avoir les 2 pieds dans l’hyperconsommation ou locavore. C’est le but qui compte, pas le fait d’être le 1er à y arriver et de le faire mieux et plus vite que les autres… Cheminons respectueusement ensemble vers une consommation locale, respectueuse du vivant donc des gens, quelque soit notre point de départ.

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Dorian 25 octobre 2015 at 3 h 13 min

Bonjour,
Bon article. Je pense que le simple fait de comprendre les enjeux sociaux et environnementaux de demain et de les partager suffit, et ce dernier aspect de partage, d’éducation de notre entourage est primordial. L’application ne sera jamais parfaite, car nous ne sommes pas parfaits et que cette société l’est encore moins. Il faut procéder par étapes et les personnes qui cherchent la petite bête en cours de chemin abaissent le niveau débat et servent la contre-révolution.

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Maxime 25 octobre 2015 at 7 h 31 min

Bel article qui remets certaines choses en perspectives. 🙂

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Mice the nice 25 octobre 2015 at 9 h 41 min

Merci pour ton article, personne n’est parfait, même pas un végan 😉

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MELETTA 25 octobre 2015 at 10 h 54 min

Salut ! Ton article est très intéressant, merci pour ce partage 🙂 je découvre également ton blog, yesss 😀 Bref sinon ton article et quelques questions soulevées m’ont fait penser au livre que je lis en ce moment; L’homme sans argent de Mark Boyle, je te le recommande vivement, à moins que celui ci soit déjà passer entre tes mains ^^

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laguyotine 25 octobre 2015 at 13 h 41 min

Je partage ton article sur mon blog, je trouve tellement bien… Merci de prendre le temps d’écrire de longs articles aussi justes. Je m’y reconnais pleinement !

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#Réflexion « Faut-il être parfait pour être engagé ?  Par Antigone XXI | « 25 octobre 2015 at 13 h 56 min

[…] « Faut-il être parfait pour être engagé? » […]

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Terre Happy Universelle 25 octobre 2015 at 14 h 57 min

Super! Simple et concis (il faut bien ça 😉 ! ) Bravo! Merci! <3 Je partage!

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raffi hillion 25 octobre 2015 at 18 h 55 min

Bonjour. En vous lisant j’ai vraiment eu l’impression de parler avec mes propres mots. Je pense que vous reflétez la pensée de millions de colibris…C’est un vrai coup de pouce aux personnes comme moi. Merci beaucoup. Je me sens encouragée et les millions de colibris le sentiront aussi.

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melissa dumont 25 octobre 2015 at 19 h 27 min

Merci merci merci pour ce magnifique article !!! je suis végétalienne, presque végane mais il me reste du chemin (par méconnaissance). Et à mes premiers pas dans les groupes végé… j’étais végétarienne, toute fière de mes nouvelles convictions et je me suis pris un lot de remarques désobligeantes me faisant penser que je ne servais à rien pour la cause animale. Je suis donc parti de ce milieu tout en continuant mon petit chemin et peu à peu, j’y arrive. Mais alors quel découragement. Je me souviens en particulier sur le site de l’AVF où je ne faisais jamais rien de bien : car je prenais du gluten (putain, j’aime le seitan merde !!!) ou que j’utilisais du tofu (donc du transformé), ou que c’était pas bio, ou de saison… bref… rien n’allait jamais. Je suis d’accord, ces comportements desservent fortement la cause animale.
On ne peut pas être parfait. Tout à l’heure encore sur un groupe Facebook je disais que j’avais du mal à me repérer dans les E 120machin. et là on me tombe dessus : non mais les E sont tous mauvais, “moi je n’en achete jamais” bla bla bla… heu oké. Alors je vais t’expliquer ma grande, je fais des semaines de 45 heures avec en plus 1h30 de trajet quotidien, j’ai une fille avec une maladie orpheline avec qui j’essaye de passer du temps le maximum malgré mon travail, mon mari bosse encore plus que moi et plus loin que moi. Avec ça je cuisine beaucoup (presque tout fait maison), mais comme mon mari n’est pas végé, ça fait faire tous les repas en double et on apporte nos gamèles à midi. Donc, vu que j’arrive à 19h30 le soir et que ma gamine se couche à 20h15, non, je n’ai pas le temps de faire revenir mes p’tits légumes et les faire mijoter pendant 1h pour faire une bonne petite ratatouille, putain que c’est bon d’ouvrir le bocal de ratatouille catalane bio qui a deux “E” ! et oui, je m’avance le week-end, mais j’ai aussi une maison, je fais mon jardin et j’ai une vie sociale accessoirement. Donc des fois… ça fait vraiment grincer des dents ce genre de comportement.

DONC MERCI !!!!!! pour ce merveilleux article !

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Pinka 25 octobre 2015 at 23 h 53 min

Merci pour ce billet très inspirant. Perso, je me sens souvent attaquée par d’autres personnes. Je ne suis ni vegan, ni végétarienne.Je mange peu de viande et je me suis installée à la campagne pour suivre un peu l’exemple de Pierre Rabhi, qu’il expose très bien dans son autobiographie. Je ne veux plus manger de la viande sous plastique, je veux aller au bout, jusqu’au sacrifice de la vie qui va me nourrir pour ainsi me rendre pleinement compte de ce que manger de la viande sous-tend. Si j’agite ce sujet épineux, surtout sur le blog d’une vegan, ce n’est absolument pas par esprit de provocation. Ce que je veux exprimer c’est que chacun de nous, vegan, végétarien, néo-rural souhaitant vivre de sa terre… suit son cheminement et ne peut prétendre avoir la vérité pour tous. Je suis moi aussi souvent tentée de penser (comme chaque être humain) que ma manière de penser et de vivre est la bonne et vouloir imposer le bonheur aux autres. Mais cette façon de voir les choses amène la terreur et des atrocités. Pour ma part, je me questionne sans cesse sur mes actions, mes choix et le fait de partager avec des personnes qui vivent différemment est enrichissant. Mais il faut que ce soit de réels partages, sans volonté d’imposer à autrui sa vision et son mode de vie. Peut-être que la piste à explorer pour chacun de nous est d’apprendre à cesser de vouloir que tout le monde vive et pense comme nous. C’est la diversité qui fait la vie sur cette terre. Peut-être serait-il bon d’accepter nos différences, d’échanger et de partager plutôt que de juger, de critiquer et d’imposer. C’est ce vers quoi je veux tendre mais j’avoue que c’est un cheminement ardu.Mais lorsqu’on sens l’envie de juger et critiquer, il est effectivement salutaire de se remémorer comment on se sent et à quel point c’est inefficace d’être montré du doigt. Encore merci et bon cheminement à chacun sur la diversité des routes !

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Christophe 26 octobre 2015 at 11 h 56 min

Tout est dit. Rien a ajouter. J’abonde à 100%

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Le blog d'une gauchère 26 octobre 2015 at 12 h 15 min

Salut !

Merci pour ton article, tu m’as inspiré pour en écrire un parce que je suis pas une blanche colombe, pourtant je tente d’être plus neutre.

Bisous

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Louise 26 octobre 2015 at 14 h 49 min

Je suis tombée par hasard sur ton blog. Je n’ai pas pour habitude de commenter les articles, même s’ils me plaisent, mais la on ne peut que t’encourager dans cette voie !

Je suis comme toi, je fais des efforts réguliers sur pleins de domaines, et il y a toujours quelqu’un pour chercher la petite bête, et c’est lassant… Au moins nous on fait un pas vers l’idéal, au lieu de faire des pas en arrière…

Merci pour cet article 😉

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Cécile (Louzou) 26 octobre 2015 at 15 h 34 min

Très intéressant article. Selon moi, tout le problème vient de l’idéal à atteindre. Qui le définit? Sur quoi se base-t-il? Qui a décidé que l’impact carbone de la nourriture était un critère (je veux dire, à part ceux qui profitent de la spéculation sur les marchés carbone)?

Pour moi, l’idéal quand il devient combat politique et tentative de persuasion n’est plus un idéal… c’est une lutte de pouvoir… qui provoque des réactions sous forme de “j’te tire dans les pattes” (c’est le principe de la lutte). Un idéal est une définition personnelle, intérieure, une voie sur laquelle on s’engage pour soit et par rapport à ce qu’on ressent, pas un modèle extérieur auquel on cherche à s’identifier, à adopter les codes… j’ose le dire? Pas un effet de mode.

C’est cette dimension sensible, humaine et individuelle qui manque encore trop à l’écologie aujourd’hui. Et c’est de là que découle la culpabilité. Pour ma part, jamais je ne me sens coupable, parce que j’agis en pleine conscience, en accord avec moi-même et avec la certitude de ne pas être enfermée dans une case ou un dogme.
J’ai envie de dire à tous ceux qui passeront par là: il n’y a pas qu’un seul chemin pour le monde de demain. Il n’est pas forcément végétarien ou locavore ou que sais-je… tant de choses sont à construire et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues! N’écoutez pas ceux qui vous disent que vous n’êtes pas écolo parce que ceci ou cela… ce n’est qu’une simple représentation de leur part. Vous seul pouvez savoir ce que signifie pour vous l’écologie et ce que vous voulez apporter au monde qui se dessine, votre “mission”, votre raison d’être. Car on y a TOUS notre place, dans ce monde. Soyez-en sûrs, il n’y a pas de place VIP réservée à ceux qui ne mangeraient plus de ceci ou de cela. Je crois en une humanité plus bienveillante, moins clivante.

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Elsa (Envie d'une recette végétarienne?) 26 octobre 2015 at 19 h 43 min

Si tu savais comme ça me parle… Je traverse le même type de questionnement… Pas tellement pour avoir subit le feu des critiques mais plus par rapport à ma “mauvaise conscience”. Je me suis souvent demandée quand est-ce que j’arriverai à me dire “ce que je fais, c’est bien” ou au moins “mes efforts sont là, j’en suis fière malgré la pleine conscience du fait qu’on peut toujours plus”.
La réponse à cêtre question est…. Jamais ! A moins de changer le regard sur mes actions, et celles des autres. En résumé, voir le verre à moitié plein, en ce disant que chaque goutte de plus compte.
Merci pour ce beau témoignage, vraiment. Bises.

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Julie L. 26 octobre 2015 at 20 h 20 min

Merci pour ce texte qui nous aidera tous dans nos démarche pour un monde meilleur, je suis moi aussi un petit colibri et j’en suis fière 🙂

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Patricia J. 26 octobre 2015 at 20 h 43 min

MERCIIIIII à vous pour l’écriture de ce texte !!!!! Je partage.

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Tambouille & Délices 26 octobre 2015 at 23 h 41 min

Merci pour ce billet 🙂

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