Véganisme : pourquoi se passer de cuir ?

7 juin 2017

 

 

Le véganisme est bien souvent taxé d’extrême. Ne pas manger les animaux, ok, mais ne pas porter de pulls en laine ou de chaussures de cuir ? Il ne faut pas exagérer… D’ailleurs, prendre leur laine ne tue pas les moutons à ce que je sache et, pour le cuir, les animaux sont déjà morts, donc autant leur profiter de leur peau, pas vrai ? Pourtant, les choses ne sont pas si simples.

J’ai déjà traité de la question de la laine sur ce blog et je vous ai proposé un certain nombre d’alternatives éthiques et écologiques pour ne pas avoir froid en hiver, même sans toison animale sur le dos. Comme je trouvais que mes deux articles méritaient d’être mis à jour, étayés et mieux sourcés, j’ai décidé de les reprendre de façon plus détaillée et rigoureuse dans mon livre, Planète Végane, et de répondre par là-même à certaines questions soulevées en commentaire (« Mais si l’on ne se vêt que de laine française ? », « La tonte induit-elle de la souffrance chez les moutons ? », « Qu’en est-il des laines plus prisées, comme l’angora, le mohair ou l’alpaga ? »). J’en ai aussi profité pour actualiser la liste des alternatives végétales à la laine et donner des liens vers des boutiques de tricot, pour celles et ceux qui aiment confectionner leurs propres mitaines et pull-overs !

Je ne reviendrai donc pas sur ce sujet, mais reste la question du cuir. Je crois qu’il s’agit-là d’une des questions que l’on me pose le plus souvent depuis que je suis végane. Pourquoi s’en passer si les animaux sont déjà morts ? Comment le remplacer ? Mais les chaussures en plastique, c’est très polluant, non ? C’est donc un sujet que j’ai également choisi de traiter en détail dans Planète Végane. J’avais aujourd’hui envie de partager avec vous un extrait du chapitre consacré à cette question, dans lequel j’explique pourquoi se passer de cuir.


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Cuir et viande : un business étroitement lié

 

L’industrie de la viande et celle du cuir fonctionnent de pair. Le cuir est d’ailleurs le plus lucratif des sous-produits de l’élevage industriel : il représenterait en moyenne 40% des profits tirés d’un animal[1]. Le secteur du cuir rapporte beaucoup d’argent à l’élevage industriel et lui permet, entre autres, de faire baisser le prix de la viande, donc d’en accroître la consommation. Porter du cuir, c’est donc à la fois cautionner et subventionner l’élevage industriel.

D’autre part, l’étiquetage sur les vêtements, chaussures et autres n’indique pas la provenance et l’origine du cuir. Même si les produits sont manufacturés en France, en Italie ou aux États-Unis, le cuir utilisé dans ces produits peut être originaire d’un autre pays, qu’on soit dans une gamme premier prix ou dans une gamme de luxe. En pratique, la majeure partie du cuir provient d’Inde, du Bangladesh ou de Chine, pays où la législation sur le bien-être animal est soit inexistante, soit peu appliquée. Une enquête de PETA a notamment révélé l’ampleur de la cruauté dans plusieurs élevages indiens, où les employés n’hésitaient pas à casser la queue des animaux et à leur frotter les yeux avec du piment ou du tabac[2].

Enfin, la législation française n’impose d’indiquer l’espèce animale que sur les articles de maroquinerie ou de voyage et les revêtements de meuble. Les chaussures ne sont donc pas concernées. Pour les articles de maroquinerie ou de voyage, cette mention n’est obligatoire que pour les parties extérieures[3]. Ajoutons qu’en dépit de la législation, le marché est difficilement contrôlable et les appellations frauduleuses fréquentes. Parmi les deux millions de chiens et de chats tués chaque année en Chine pour leur peau, une partie est exploitée pour le cuir (cf. section du livre sur la fourrure). L’équation est simple : vos gants, votre ceinture, le porte-clefs de votre voiture, la petite étiquette de cuir à l’arrière de vos jeans ou l’extrémité de vos pantoufles peuvent être en peau de chat ou de chien. Et comme il n’y a aucune manière d’obtenir cette information, le mieux n’est-il pas de s’abstenir ?

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L’impact environnemental et humain du cuir

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Celles et ceux qui défendent le cuir ne manquent pas de souligner le caractère peu écologique des imitations synthétiques du cuir : « Des chaussures en plastique ? Bravo pour la planète ! » Pourtant, le cuir est affreusement polluant. Non seulement l’élevage industriel a un effet important sur le réchauffement climatique, entraînant des rejets de méthane dans l’atmosphère et une déforestation massive, mais le traitement du cuir lui-même est une source importante de pollution.

Vous connaissez très certainement le film Erin Brockovich, n’est-ce pas ? Il raconte l’histoire (vraie) d’une femme – jouée ici par l’actrice Julia Roberts – qui a révélé un vaste scandale de pollution des eaux potables en Californie. Son enquête a en effet permis de découvrir que les eaux de Hinkley, petite ville située à 200 km de Los Angeles, étaient polluées au chrome hexavalent, produit utilisé par une compagnie de gaz et d’électricité pour nettoyer ses cuves. Retenons une chose de cette histoire : le chrome hexavalent, ou chrome VI, est un produit hautement toxique. Il s’agit d’un produit corrosif, cancérogène et allergène, pouvant également induire des troubles de la fertilité et des anomalies génétiques. Et le chrome hexavalent, ou chrome VI, est l’un des composés principaux du tannage du cuir.

Le tannage au chrome  concerne 90 % de la production mondiale de cuir. Le chrome rend le processus plus rapide et le cuir plus léger et plus résistant[4]. Des contrôles existent, mais il est difficile de quantifier la concentration en chrome d’un matériau. Selon une enquête menée par France 5, au moins 30 % des chaussures en cuir achetées en France contiennent du chrome VI[5], or 0,2 % de la population européenne y serait allergique[6]. Certes, l’Union européenne a récemment légiféré et le chrome VI a été ajouté à la liste de substances soumises à autorisation, suivant le règlement REACH, mais la réglementation ne concerne que le cuir produit dans l’Union européenne, pas celui produit hors de nos frontières.

Pour contourner ces mesures et pour répondre à la demande occidentale de cuir bon marché, les entreprises européennes délocalisent leurs tanneries dans des pays où la réglementation environnementale est moins stricte et où la main-d’œuvre est peu coûteuse : 75 % du cuir composant les chaussures achetées en France provient d’Asie[7]. Et si de nombreuses tanneries se sont installées en Inde et au Bangladesh, c’est parce que les problèmes environnementaux et sanitaires posés par l’industrie du cuir n’y font pas l’objet de contrôles. Le résultat est un véritable désastre sur les plans écologique et humain.

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En effet, ce ne sont pas moins de 250 produits chimiques qui sont utilisés pour traiter les peaux, dont certains sont tout autant toxiques que le chrome VI, à l’exemple du formaldéhyde, du mercure, du cyanure ou de l’arsenic. Un reportage réalisé par deux géographes et journalistes français à Hazaribagh Thana, petite ville située en banlieue de Dacca et connue pour ses innombrables tanneries, évoque « un tsunami écologique »[8]. Les ouvrier·ère·s des tanneries travaillent en effet douze heures par jour sans presque aucune protection et formation à la manipulation de produits chimiques. Une personne sur trois aura un accident du travail et, selon une étude réalisée par une ONG locale, 90 % d’entre elles développeront une maladie liée à l’exposition aux produits chimiques[9].

C’est l’ensemble des populations locales et des écosystèmes qui est touché. Les déchets – et, avec eux, les quelque 250 produits chimiques ayant servi à traiter les peaux – sont directement rejetés dans les cours d’eau voisins où les populations se baignent et lavent leur linge, et qui servent à arroser les cultures. Toute la chaîne alimentaire et les nappes phréatiques sont contaminées. On estime ainsi que, pour chaque tonne de cuir produite, 20 à 80 m3 d’eau contaminée sont rejetés. Les taux de chrome avoisinent 100 à 400 mg par litre et ceux de sulfure d’hydrogène, 200 à 800 mg. Les tanneries engendrent également une importante pollution atmosphérique en raison des solvants utilisés, ainsi que de l’ammoniaque et du sulfure d’hydrogène produits[10].

Dès lors, ne nous étonnons pas si les populations vivant près de tanneries voient leur espérance de vie diminuer fortement. Aux États-Unis, une enquête menée dans les années 1980 par les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies a montré que le nombre de cas de leucémie chez les personnes résidant près d’une tannerie située dans le Kentucky était cinq fois plus élevé que la moyenne nationale[11].

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On le voit, l’impact éthique et environnemental du cuir est désastreux. Dans ce cas, le plus simple n’est-il pas de s’en passer ? Je vis depuis des années sans une seule paire de chaussures en cuir et j’en suis très heureuse !

 

Si ce sujet vous intéresse et que vous avez envie d’approfondir la question, je vous renvoie à mon livre Planète Végane ! J’y recense de très nombreuses alternatives véganes au cuir et, en particulier, des matériaux respectueux de l’environnement. Vous y trouverez également un grand nombre de boutiques où acheter des chaussures sans cuir, ainsi qu’une liste de 75 marques de chaussures et maroquinerie véganes, classées selon leur coût, leur caractère eco-friendly et leur lieu de production (fabrication locale ou non).  Avec ça, vous ne devriez plus avoir de mal à vous chausser éthique et écologique !

 

[1]. « Le cuir, une industrie cruelle et polluante », One Voice, http://one-voice.fr/fr/nos-combats/nos-autres-combats/le-cuir-une-industrie-cruelle-et-polluante.html .
[2]. “The Leather Industry”, PETA, http://www.peta.org/issues/animals-used-for-clothing/leather-industry/.
[3]. « Étiquetage du cuir », Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/Etiquetage-du-cuir. « Étiquetage des chaussures », Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/Etiquetage-des-chaussures .
[4]. « Le chrome, un danger localisé », La Santé publique, 27/10/2013, http://www.lasantepublique.fr/avis-d-experts/27092013,le-chrome-un-danger-localise,792.html .
[5]. « Quand le cuir en veut à notre peau », France 5, 06/10/2013, http://www.france5.fr/emission/quand-le-cuir-en-veut-notre-peau/diffusion-du-06-10-2013-20h35 .
[6]. « Trioxyde de chrome, Fiche toxicologique n°1 », Institut national de recherche et de sécurité, http://www.inrs.fr/publications/bdd/fichetox/fiche.html?refINRS=FICHETOX_1.
[7]. « Ces substances que nous cache… le cuir », ConsoGlobe, 23/12/2013, http://www.consoglobe.com/cuir-substances-composition-cg/3.
[8]. « Hazaribagh, un tsunami écologique », Zeppelin, http://www.zeppelin-geo.com/galeries/bangladesh/hazaribagh/hazaribagh_texte.htm.
[9]. C. Barton, “Workers pay high price at Bangladesh tanneries”, AFP, 17/02/2011.
[10]. “Pollution Prevention and Abatement Handbook – Environmental Guidelines for Tanning and Leather Finishing”, Multilateral Investment Guarantee Agency, World Bank Group, https://www.miga.org/documents/TanningandLeatherFinishing.pdf .
[11]. R. E. Sclove et al., Community-based research in the United States, The Loka Institute, 1998, http://www.loka.org/crn/lokareport.pdf.

Source des images : Pexels

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33 commentaires

Nicolas 7 juin 2017 at 10 h 19 min

Trouver des chaussures et articles de maroquinerie sans cuir animal :

http://animalter.com/mode/alternatives/188-ou-faire-son-shopping-sans-cruaute-chaussures-maroquinerie

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mli 7 juin 2017 at 10 h 23 min

Merci pour cet article, et ton blog en général…
Un complément de la Suisse francophone, avec une enquête très approfondie et récente sur la production de chaussures: https://www.publiceye.ch/fr/themes-et-contexte/consommation/vetements/chaussures/
L’association Public Eye Award, autrefois appelé “Déclaration de Berne, agir ici” travaille à exercer des pressions sur le gouvernement occidental (suisse, dans ce cas) afin d’agir pour un monde plus soutenable, écologiquement et socialement.

Bonnes lectures!

Emilie

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Guillemette 7 juin 2017 at 12 h 21 min

Bonjour Ophélie!

Voici maintenant presque trois ans que je suis végane, et votre blog est depuis tout ce temps une source très importante d’inspirations et de ressources pour moi.
Bien que j’aie très facilement adapté mon alimentation, pour les vêtements cela me semble parfois plus compliqué car j’essaie de combiner végane + éthique + de bonne qualité + écologique + pas trop cher car je suis malheureusement loin de rouler sur l’or… j’ai donc gardé mes vêtements et chaussures en cuir “d’avant” car je trouve aussi que ce serait gâcher et générer beaucoup de déchets que de les jeter. En revanche, je les remplace au fur et à mesure par des produits véganes quand ils rendent l’âme.
Il y a cependant une question que je me pose: je suis en train de refaire ma garde-robe en mode minimaliste, et après avoir donné et/ou vendu les vêtements que je ne gardais pas, j’essaie de racheter ce dont j’ai besoin en combinant les critères mentionnés plus haut, ce qui s’avère parfois difficile.
Ma question est la suivante: que pensez-vous de l’option friperie? J’ai en effet trouvé récemment une robe en cachemire à 12 euros en friperie, et j’ai fini par l’acheter (avec une certaine culpabilité, il faut bien le dire) car je sais qu’elle est de bonne qualité, me durera plusieurs années, et me tiendra bien chaud, ce que je n’ai pas réussi à trouver dans mes prix chez une marque végane. En plus, elle correspond pour moi à des critères écologiques et éthiques puisque je donne une deuxième vie à un vêtement et évite ainsi la production d’un autre… Je me suis “rassurée” si je puis dire, en me disant que l’animal qui avait fourni la matière était mort depuis longtemps et que je n’avais pas payé moi-même pour son exécution, mais je m’interroge malgré tout sur la moralité de mon geste.
Pour l’instant je considère que je peux acheter des matières animales exceptionnellement et uniquement en friperie (je n’ai aucune intention d’acheter du neuf) quand je ne trouve pas de meilleures options ailleurs, mais je serai curieuse d’avoir l’avis d’autre véganes, le vôtre et celui de vos lecteurs!

Merci infiniment pour votre travail pour la cause animale, j’ai hâte de lire votre livre!

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Marie 7 juin 2017 at 18 h 06 min

Bonjour Guillemette,
Personnellement je pense qu’il faut faire preuve de tolérance envers nous-mêmes.
Comme vous le dites, l’animal qui a fourni la matière n’est plus là depuis longtemps et, à mon sens, votre achat n’engraisse pas les caisses des industriels de la fourrure, du cuir etc…
Je vous rejoins également sur la question éthique et environnementale quant au fait de se fournir en friperie. Je pense que l’impact généré par votre petite robe est minime comparé aux achats de vêtements Made in China vendus chez Prim*** et consorts.
Alors portez votre robe la tête haute, soyez fière de votre engagement au quotidien et si quelqu’un vous remet en question pour l’achat de cette robe, il me semble que vous avez tous les arguments pour lui répondre 😉

P.S : le livre d’Ophélie est vraiment top! C’est un peu devenu ma bible au quotidien (avec le blog aussi, j’admets)

Marie

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Guillemette 7 juin 2017 at 18 h 32 min

Bonjour Marie,
Merci beaucoup pour votre réponse! Ça me fait très plaisir!

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Amalécyte 8 juin 2017 at 1 h 09 min

Bonjour Guillemette,

Je suis de tout coeur avec vous, tant sur la question du budget (j’en ai un…) que sur celle des friperies. Je suis parfois habillée avec du cuir et des laines naturelles à cause de la durabilité de ces produits, mais je n’en achète plus de neufs: tout vient de magasins d’occasion. Il me semble qu’on a pas mal de temps devant nous avant que l’ensemble des produits en cuir et laines déjà fabriqués soient épuisés ! Si ce jour arrive (on peut rêver), je m’habillerai autrement, en pleine conscience. Pour l’instant, je me refuse à mettre mes pieds ultra-sensibles dans des chaussures en plastoc pourri qui dureront deux mois et finiront dans un incinérateur ou pire, dans l’océan. Je garde mes chaussures trois ans en moyenne et je les mets un jour sur deux.

Le problème est celui de l’affichage public. Pas plus tard qu’avant-hier, on m’a fait remarquer que mon blouson en faux cuir et fausse fourrure était magnifique. J’ai répondu que c’était du vrai cuir et de la vraie fourrure, mais que je l’avais trouvé en braderie, parce que jamais je n’achèterais du neuf, vu que l’industrie du cuir, etc. Ce blouson est vraiment très beau, à ma taille (pas facile dans mon cas), il a appartenu à quelqu’un avant moi et ça fait plus de cinq ans que je le mets très souvent, et ça va durer encore. Bref, j’en suis heureuse, sans complexe, mais j’ai l’impression de faire un cours sur “pourquoi je porte du cuir mais je reste une personne avec une conscience écologique” pour me justifier. Je le vois comme le prix à payer.

Il me semble que les “règles” pour une garde-robe écologique seraient: utiliser ce qu’on a, jusqu’à la corde et quoi que ça soit (= pas de gaspillage), en avoir le moins possible, et, quand il faut acheter de l’occasion et/ou des matières végétales. J’essaye de vivre avec cette règle, et grâce à l’article d’Antigone sur les alternatives à la laine, c’est devenu plus facile ! Mais je suis curieuse de lire les réactions des pur(e)s véganes, c’est toujours instructif et ça stimule ma réflexion.

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Guillemette 8 juin 2017 at 10 h 35 min

Bonjour Amalécyte,

Merci pour votre réponse!
Pour les chaussures, heureusement il y a des marques véganes qui ne sont pas en plastoc pourri qui dure deux mois… j’ai récemment acheté ma première paire de chaussures véganes chez Good guys et je les recommande! Je n’ai remarqué aucune différence de confort avec des chaussures en cuir, et les matières utilisées sont des dérivés de plastique écologiques, les chaussures sont fabriquées de manière éthiques, et bien qu’elles coûtent cher, elles sont au même prix que des chaussures en cuir de bonne qualité neuves. C’est le seul poste de ma garde*robe pour lequel je sois prête à dépenser 100€ pour une pièce, c’est très important de ne pas avoir mal aux pieds!
Mais je “finis” d’abord mes paires en cuir.
Pour ce qui est de l’impression d’avoir à se justifier sur sa conscience écologique, mon expérience personnelle est la suivante: c’est surtout auprès des non-véganes que j’ai à me justifier en définitive… il me semble souvent qu’ils guettent le moindre “écart” pour pouvoir dire que je suis une mauvaise végane et essayer de discréditer tout le véganisme par la suite. Alors qu’en règle générale ils ne sont pas du tout sensibles à la cause animale ou à l’écologie (tous les non-véganes ne sont pas comme ça bien sûr, mais je parle des détracteurs du véganisme), ils semblent d’un seul coup très concernés s’ils ont la moindre occasion de me discréditer.
C’est aussi pour ça que je posais la question: est-ce que, quand on est végane, on a vocation d’exemple et donc on doit tenter d’être irréprochable?

Amalécyte 9 juin 2017 at 0 h 00 min

Good guys… vu et bookmarké à la vitesse de l’éclair ! J’adore le style et le véganisme ! Merci !!

J’adorerais qu’Antigone aborde cette question de végane = irréprochable ou rien dans un article (même si elle l’a déjà fait brillamment dans celui des pièges à éviter). J’ai remarqué que dès que j’essaye de me mettre une étiquette pour faciliter la compréhension des gens (végétarienne, zéro déchet etc), je suis tout de suite jugée: “tu as un oeuf dans ta salade, t’es sûre ?” (je suis végétarienne depuis deux mois, je vais attendre un peu avant de passer végane merci, et oui c’est ok, et je ne dis rien sur ton steak moi…), “est-ce du cuir que je vois ?” (oui, seconde main), “je vais pourrir ta poubelle avec mon chewing-gum !” (que tu le jettes chez moi ou ailleurs…), etc. Et comme je ne suis parfaite en rien, essayant d’avoir une approche holistique plutôt que mono-maniaque, je me prends des petits sourires narquois. Personnellement, ça ne me touche pas, mais je comprends que d’autres soient découragé(e)s.

Ma solution fut d’arrêter de me coller des étiquettes. Plutôt que végé, je dis que je ne mange pas de viande ni de poisson si c’est possible, s’il-vous-plaît et merci. Plutôt que de critiquer les amis qui apportent des emballages dans ma maison presque zéro déchet, j’apporte mes choses et mes petits sacs en tissus chez eux, ce qui a déjà fait des émules (ainsi que mes recettes végés !). Plutôt que de me dire végane (vu que je ne suis pas encore végétalienne), je vais frimer avec mes belles nouvelles chaussures de chez Good Guys (merci encore !) quand ma paire actuelle aura rendu l’âme. Je trouve que ça marche mieux comme ça. Personne ne mène une vie parfaitement éco-responsable, et chacun d’entre nous a des contraintes différentes: personnellement, je traverse l’Atlantique pour retrouver ma famille, parce que oui, c’est la chose la plus importante pour moi, et non, je ne prends pas le bateau ni le radeau pour le faire, mais bien l’avion. Seulement, dans l’avion, j’ai mon verre en inox pour éviter les verres jetables.
Voilà pour mon expérience, mais peut-être que d’autres en ont une différente !

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Guillemette 9 juin 2017 at 9 h 34 min

Je pense en effet que chacun fait ce qu’il peut à sa mesure, et que si tout le monde faisait au moins de son mieux, ça irait déjà mieux sur la planète!
Pour ce qui est des étiquettes, je n’ai pas l’impression de m’en coller une en me disant végane, et je préfère même l’affirmer si ça peut amener les gens à me poser des questions et à réfléchir au sujet. Après en général on se rend vite compte du caractère de la personne à qui l’on parle et en effet parfois je préfère ne rien dire ou dire que je n’aime pas la viande parce que je n’ai pas toujours envie de partir dans des explications interminables, parfois j’aime bien manger tranquille.
Contente de t’avoir fait découvrir good guys, et en plus en fait je me suis trompée, mes chaussures viennent de Will’s vegan shoes, donc voilà une deuxième marque végane que tu peux bookmarquer 😉

sophie 7 juin 2017 at 13 h 16 min

Dommage de renvoyer le lecteur à ton livre pour connaître les alternatives sans cuir… tout le monde ne va pas forcément le faire et c’est bête de restreindre l’information!

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coquelibio 8 juin 2017 at 10 h 01 min

En même temps elle ne va pas tout remettre gratuitement en ligne 🙂 Pour quelques pistes Coline avait fait deux articles : http://www.etpourquoipascoline.fr/2016/02/marques-de-cuir-vegan-top-moumoute/ et http://www.etpourquoipascoline.fr/2016/12/onze-marques-de-chaussures-veganes/

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Cile Estendra 7 juin 2017 at 14 h 24 min

J’avais vu un reportage sur les jeans, les teintures, les produits toxiques utilisés pour les produire… Du coup c’est la même pour le cuir, avec en sus la souffrance animale… Je suis en train de dévorer ton livre (avec modération pour qu’il dure un peu quand même !), et la partie sur la laine, le cuir, le cachemire, etc, est tellement intéressante. J’ai besoin de me trouver une nouvelle paire de chaussures, et depuis un mois je lis des articles sur celles véganes. Des blogueuses ont donné des sites ce qui est chouette pour en trouver. Du coup avec ce que tu proposes dans ton livre, je devrais arriver à trouver mon bonheur 🙂

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Les Petits Pas de Juls 7 juin 2017 at 22 h 52 min

Wow! Hé ben là, tu m’en bouches un coin! euh… je sais plus quoi dire… bon, je suis pas une fan de cuir de toutes façons, mais c’est sûr que j’y réfléchirai à 2 fois si jamais je voyais un truc en cuir qui me botte (pardon pour le jeu de mots). Sinon, je ferai bien un tour dans Planète Végane pour connaître tes alternatives, autant savoir tout de suite comment faire au mieux.
Merci d’avoir éclairé mes lanternes à ce sujet!
Jul’

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Joëlle 8 juin 2017 at 1 h 48 min

Les lapins épilés à vif pour l’angora, le cuir…, la colle à chaussures fabriquée à partir de carcasses; mais aussi le duvet de nos manteaux…
Il y a tant de choses à surveiller! Sans compter les produits testés sur les animaux…
Petit à petit on arrive arrive à éliminer tout ça.
Chaque achat réfléchi est une victoire et devient vite une bonne habitude 🙂

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coquelibio 8 juin 2017 at 10 h 04 min

(wouhou le bloc commentaire est bien aligné maintenant 🙂 )
L’été dernier je voulais m’acheter des chaussures vegan et je me suis trompée de taille pour un achat aux US… résultat j’ai acheté du pas vegan en France. Pour cet été je crois que je n’ai besoin de rien, mais avec l’offre grandissante d’alternatives, je ferai tout mon possible pour me tourner vers du cuir vegan à l’avenir. Surtout qu’il y a des chaussures de qualité désormais 🙂 Il faudrait que je m’offre ton bouquin aussi, il a l’air d’être une mine d’or !!

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Elise 8 juin 2017 at 19 h 35 min

Y’a aussi encore des artisans qui se procurent du cuir de manière éthique comme http://www.famethic.com/
Cette artisane marseillaise récupère les chutes de cuir des grandes marques pour faire de la petite maroquinerie et des sacs, le cuir est d’excellente qualité (elle m’a montré comment le reconnaitre), elle récupère du cuir qui devrait être à la poubelle et elle fait des beaux objets garantie 30 ans.

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AF News 9 juin 2017 at 19 h 46 min

Merci pour cet article quand je commence à te lire je ne peux plus m’arrêter ! Il me tarde que le livre sorte en ebook que je puisse lire la suite ! Et Merci pour tout ce que tu fais !

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Amalécyte 11 juin 2017 at 19 h 14 min

Je suis venue relire cet article avec une question: qu’est-ce que le “cuir végane” ? Je vois beaucoup de “vegan leather”, mais je n’arrivais pas à savoir ce que c’est… déjà, ce n’est pas du cuir, et je ne comprends pas pourquoi l’appeler comme ça, vu que le cuir ne désigne pour moi que la peau tannée des animaux (même combat que pour les “fauxmages”, qu’est-ce qui n’allait pas avec “fromage de noix de cajoux” ? Passons ^^).

Donc, le cuir végane n’est pas du cuir. Mais qu’est-ce que c’est ? Du plastique !!! Tout simplement. Du tissus enduit avec du plastique, une belle cochonnerie, beaucoup moins polluante que le cuir certes, mais très loin de l’image que j’en avais d’une alternative parfaite au cuir. Je suis naïve…

C’est ce qui m’ennuie avec cette question: pour cette fois, les alternatives sont peu enthousiasmantes. Autant j’étais à fond sur le chanvre et le lin qui sont objectivement infiniment meilleures que la laine, autant je suis moins motivée par le cuir végane. Je vais rester à mon cuir de seconde main et alterner avec un peu de cuir végane suivant les besoins, parce qu’un peu mieux, c’est tout de même déjà quelque chose. Il ne me semble pas que la chaussure écologique soit vraiment disponible (mes pieds nus peut-être…) ?

… cet article remue beaucoup de choses chez moi, merci !!!

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Lya 16 juin 2017 at 16 h 16 min

Pour le cuir, je ne peux pas te répondre, sinon peut-être la volonté d’appeler pareil quelque chose qui y ressemble quand même fortement ! Sinon, regarde le Pinatex, il me semblait que c’était fait à base de peau d’ananas, c’est probablement moins polluant.

Par contre, je peux te dire ce qui ne va pas avec “fromage de noix de cajoux”, tout simplement la loi ! http://www.bfmtv.com/societe/alimentation-le-lait-de-soja-et-le-fromage-vegetal-sont-desormais-interdits-1186137.html
Ce serait faire de la concurrence déloyale aux produits laitiers et induire en erreur le consommateur que d’appeler “fromage” un produit qui n’est pas à base de jus de mammifère…

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Manon 14 juin 2017 at 15 h 56 min

Holala, quel teaser! J’avais déjà très envie d’acheter le livre mais là ça me démange trop!

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Dimanche ? | Je ne sais pas choisir 18 juin 2017 at 18 h 50 min

[…] ?) vegan mais j’essaie de plus en plus de faire attention aux matières que je porte. Cet article d’Antigone 21 sur le cuir tombe donc à pic, il est extrêmement intéressant, notamment si vous vous demandez pourquoi le […]

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Marika 23 juillet 2017 at 19 h 14 min

Bonjour Ophélie, et merci pour cet article. Je ne suis pas végane, ne prévoit pas de le devenir mais fervente défenseuse de l’environnement je vais réfléchir plus sérieusement avant d’acheter des chaussures ou un sac en cuir au vu de la pollution engendrée par le traitement du cuir !

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aglobalculture 30 juillet 2017 at 9 h 54 min

Bonjour Ophélie, merci pour cet article ! Je ne suis ni végane, ni végétarienne mais je lis ton blog depuis 3 ans et j’y pense de plus en plus. Pour l’instant, j’en suis à privilégier le marché et les magasins bio. Chacun son rythme. Si ton article m’intéresse autant, c’est que pas mal de personnes de mon entourage sont véganes et j’ai toujours été surprise/choquée de les voir acheter des chaussures et sac en cuir et de s’en vanter. Pour les raisons que tu viens de citer, le cuir m’a toujours semblé être un produit à éviter. Même pour les personnes qui mangent de la viande. Or, énormément de personnes pleines de bonnes intentions sont mal informées et l’image du cuir est toujours remplie de valeurs positives.
Qu’une personne de référence comme toi parle enfin de problème va peut-être faire avancer le Schmilblick en rendant l’information accessible.
Félicitations pour ton livre !

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Antigone XXI 6 août 2017 at 12 h 45 min

Merci beaucoup ! Et oui, difficile de se détacher de l’image de marque que le marketing essaie de donner au cuir… et pourtant !

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larunneusegrignoteuse 21 août 2017 at 12 h 49 min

Merci pour cet article Ophélie.
Je suis végétalienne depuis 15 ans mais “consomme” cuir et laine jusqu’a présent.
Je suis toujours prise entre ce “tout ou rien”, notamment à cause des réflexions reçues de la part de personnes “mieux pensantes”, qui pointent les contradictions (la dernière en date : tu manges bio et tu fais attentions mais t’as le WIFI chez toi” …oui !!). Je ne suis donc pas uniquement vertueuse (je prend l’avion, je ne mange pas EXCLUSIVEMENT bio et local, j’ai des trucs qui ne servent à rien chez moi, je roule en diesel…).
Et…j’ai un mari …maroquinier !

Mais c’est pas grave… faire à sa mesure et selon ce que l’on juge possible ou non c’est pas si mal.
Une chose à la fois, et à sa mesure.

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Défi végane 21 jours: Bilan de trois semaines végétaliennes – L'Odeur du Café 22 août 2017 at 9 h 31 min

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Mes premières chaussures véganes | carnet de bord 4 septembre 2017 at 22 h 32 min

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Gregory 9 septembre 2017 at 18 h 25 min

Bonjour, j’aimerais connaître votre avis (cela peut être aussi une idée pour un prochain article) sur l’utilisation de produits animals dans la musique. En effet bon nombre d’instruments utilisent des matières animales (peaux de tambour, crin de cheval pour archet des instruments à cordes, lanières en cuir dans la mécanique du piano etc.). Jouer, écouter de la musique instrumentale ne serait donc pas végane ?

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Poétique Paris : trouver un perfecto en cuir végane - Raton rêveur 16 novembre 2017 at 17 h 16 min

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Ma petite boîte à hydrocarbures… – Sans objet sans déchet 22 février 2018 at 11 h 18 min

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Lili, littérartiste 19 mai 2018 at 20 h 13 min

Plus j’en apprends sur la maltraitance faite aux animaux et plus je suis écoeurée par tant de violence… Et puis un peu découragée aussi, il y a tellement de choses à faire pour protéger les animaux et la planete que je ne sais plus par quoi commencer… en plus j’ai pas un gros budget alors beaucoup d’alternatives sont impossibles pour moi… Du coup je culpabilise énormément…

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Laetitia 13 août 2018 at 13 h 18 min

Bonjour, un détail que j’espérais trouver dans Planète Végane : quelles marques peut-on essayer en boutique (Paris) ?

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Trois ans de végétarisme: bilan et évolution de mon rapport aux animaux – L'Odeur du Café 30 novembre 2018 at 9 h 26 min

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