A la petite fille que j’étais

22 mai 2019

Très jeunes, les femmes intègrent les normes de la société patriarcale. Elles sont socialisées pour se conformer aux attentes relatives à leur rôle présent et futur : être douces, discrètes, sociales, empathiques, prévenantes et “maternelles”, prendre soin de leur apparence et que celle-ci corresponde aux critères de beauté féminine en vigueur.

Je me souviens de la première fois où, petite, j’ai eu conscience que mon corps ne correspondait pas tout à fait à ces critères. Je ne sais même pas si j’étais objectivement en surpoids. J’étais seulement une petite fille avec des bonnes petites joues et qui aimait mordre la vie à pleines dents.

Je me souviens de la première fois où j’ai eu honte de mon corps.

Je ne devais pas avoir plus de huit ans, une infirmière scolaire avait dû pointer du doigt un petit envol de ma courbe de poids et j’avais remarqué qu’en dépit de mon plus jeune âge, je me portais “mieux” que la plupart de mes camarades de classe. Je ne devais pas avoir plus de huit ans et, pourtant, j’ai menti de quelques kilos à une amie quand elle m’a demandé mon poids après m’avoir dit le sien, moins élevé. Je me souviens avoir eu conscience que mes cuisses étaient plus larges que celles de ma voisine quand nous étions assises dans le car qui nous emmenait en voyage scolaire. Je me souviens que les siennes ne se touchaient pas, contrairement aux miennes. Je me souviens surtout de ce sentiment étrange, de cette honte diffuse que j’ai ressentie. Honte qu’à huit ans, mon corps ne rentre pas, à quelques centimètres près, dans le moule normé du corps féminin occidental.

Aujourd’hui, je frissonne de cette honte. Comment pouvais-je, si jeune, avoir honte de mon corps, mon corps si fort, mon corps si agile, ce corps grâce auquel je grimpais aux arbres, sautais dans les flaques et roulais à vélo dans tout le quartier ? Comment peut-on faire naître chez des enfants ce sentiment de ne pas être conformes, de ne pas aimer leurs cuisses, leur ventre, leurs bras ? Comment peut-on susciter si tôt chez les femmes cette obsession pour leur apparence, cette détestation de quelques centimètres de chair, cette idée que leur intérêt et leur valeur sont tout entiers déterminés par leur tour de taille ?

J’ai peur, souvent, pour les filles qui naissent et grandissent autour de moi. J’aimerais qu’elles ne connaissent jamais cette honte, qu’elles soient libres d’avoir le corps qu’elles veulent, d’être qui elles veulent. J’aimerais dire à cette enfant aux yeux pétillants et au sourire malicieux que ses cuisses sont magnifiques, que jamais sa valeur ne sera indexée à un chiffre sur une balance.

J’aimerais lui dire qu’elle pourra être qui elle veut, forte, inspirante, avec ses rêves et ses passions, ses failles et ses vulnérabilités, et que ce ne sont ni son ventre, ni ses poils, ni les plis de sa peau qui détermineront qui elle est.

J’aimerais lui dire que jamais rien ni personne ne pourra l’empêcher de de devenir une femme magnifique.

Une femme puissante, une femme libre et indépendante.

(j’avais initialement prévu de publier ce court texte sur Instagram, où j’ai peu à peu transféré avec Twitter mon espace d’expression personnelle, mais il était trop long ; l’occasion pour ressusciter ce blog un brin moribond, non ? Question de lumière, de vieillissement des photos ou d’évolution personnelle, je remarque au passage que mes yeux étaient beaucoup plus marrons que maintenant. Je devrais peut-être mettre mon virage au vert sur le compte de ma sacro-sainte diète végétale comme d’autres le font déjà, m’autoproclamer gourou iridologue et vendre mes services très, très chers ?)

 

56 commentaires
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56 commentaires

LunaVJ 22 mai 2019 at 8 h 35 min

C’est très touchant comme texte,bravo!

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Ela 22 mai 2019 at 8 h 43 min

Merci pour ce texte

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greeneyes72 22 mai 2019 at 8 h 53 min

Merci pour ce texte tellement vrai hélas ! Tu étais une magnifique petite fille aux yeux pétillant de malice et d’intelligence !

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 07 min

Merci beaucoup !

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Azilis 22 mai 2019 at 8 h 58 min

Bien contente du retour de ton blog 🙂
Je suis tellement en colère contre cette société qui fait que des enfants peuvent avoir honte de leurs corps… J’ai été cette petite fille également. Et j’en vois encore beaucoup trop autour de moi qui subissent encore ces injonctions.

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 9 h 50 min

Moi aussi, ça me fend vraiment le coeur, surtout quand on voit l’aisance avec laquelle ces injonctions s’ancrent et demeurent si profondément en soi. C’est un travail de longue haleine de s’en libérer.

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patrickgodfroid 22 mai 2019 at 9 h 01 min

Il ne fallait surtout rien changer. Merci pour ce texte très touchant, très vrai.
Et pour ce merveilleux blog, trop rare en ces temps trop durs pour nos amis animaux

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 08 min

Merci beaucoup, je suis très touchée.

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Katia Pérou 22 mai 2019 at 9 h 09 min

Mon dieu ces photos !!! Tu es si mignonne ma belle Ophélie !!! Ton texte est bouleversant… C’est drôle car mes parents m’ont ramené des photos de classe le week-end dernier (maternelle jusqu’au primaire) pensant me faire plaisir… J’en ai pleuré. Jean-Phi n’a pu réprimer un “oh pauvre petite” en voyant la tristesse des expressions de cette petite fille. Je t’embrasse fort ma belle, je t’écris plus longuement très bientôt. LOVE

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 12 min

Oh, merci ma Kathy ! Je suis tellement touchée par ton message. J’ai également pensé à toi quand j’ai écrit cet article, pensé au regard des gens sur nos corps d’enfant, sur l’exclusion dont on peut être victime quand on donne l’impression de ne pas être parfaitement dans la norme et sur les séquelles de ces remarques et du harcèlement à une période si cruciale de notre vie. Je t’écris aussi bien vite, je t’embrasse très fort <3

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AudreyVeg 22 mai 2019 at 9 h 13 min

Il n’est jamais trop tard pour rassurer la petite fille qui est en nous, l’aimer comme elle est, avec bienveillance.Même après 40 ans de maltraitance orchestrée par cette société qui ne nous veut pas que du bien…

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Del Pi 22 mai 2019 at 9 h 25 min

Très joli teste qui concerne malheureusement beaucoup d’entre nous

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Noun 22 mai 2019 at 9 h 27 min

Superbe texte et merci pour cet article sur ton blog, moi je suis très blog car je n’ai ni insta ni twitter, du coup, j’étais ravie de te lire ici.
Surtout pour une aussi belle déclaration à la petite fille que tu as été, et que nous sommes toutes, quelque part et d’une certaine manière, au fond.
Moi j’ai vécu l’inverse, on se moquait de ma maigreur et de mes fesses pointues quand je m’accroupissais pour jouer dans le bac à sable…
J’ai souffert des remarques de ma famille qui m’a blessée sans le vouloir, et je m’en veux d’avoir volontairement malmené mon corps (et de le faire encore miantenant) pour qu’il réponde aux attentes du regard des autres.
J’ai développé des TCA dont je n’arrive plus à me débarrasser, je fais le yoyo et je n’accepte pas les rondeurs (mal placées à mon goût) que je me suis infligée moi-même.

Bref, à toutes les petites filles blessées, je souhaite d’apprendre à s’aimer…
Merci Ophélie.

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 16 min

Oui, le contrôle des corps féminins ne passe pas seulement par la grossophobie, mais participe d’un ‘body-shaming’ plus généralisé. Quelle tristesse de vouloir nous conformer ainsi, alors que nous sommes toutes uniques et riches de notre diversité. Je te souhaite beaucoup de courage et ne pas oublier, toi non plus, cette petite fille blessée et de lui apporter autant d’amour et de bienveillance que possible.

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Cécile M 22 mai 2019 at 9 h 28 min

Merci, Ophélie. Nous sommes nombreuses à avoir vécu ce moment de « basculement ». C’est ma prof de danse qui un jour m’a dit que je devrais sans doute mettre moins de crème dans ma soupe. Je devais avoir 7 ou 8 ans. J’étais en pleine forme. J’adorais danser. Et combien d’années pour sortir de l’engrenage de la dépréciation physique, des régimes…ce qui finalement rend faible, prisonnier et éloigne de qui on est. Comme toi, j’aimerais que les petites filles d’aujourd’hui ne connaissent pas ça. Que faire ? Ça me trouble.

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 22 min

Ce n’est pas le premier témoignage que je lis sur l’influence de la danse (la plupart du temps, classique) sur le corps des jeunes femmes. Quelle tristesse. Il y aurait tellement à faire, combattre la grossophobie, le body-shaming, mais plus largement le sexisme et le contrôle patriarcal des corps féminins. C’est un combat non seulement individuel, culturel, mais aussi et surtout structurel.

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alounette 22 mai 2019 at 9 h 33 min

Quel magnifique sourire ! et merci pour le texte… De toute façon on n’était jamais assez bien. J’étais trop “vivante et enthousiaste” !

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 24 min

Merci ! Moi aussi, j’ai eu le droit à ça !

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Johanna 22 mai 2019 at 9 h 35 min

Merci pour ce merveilleux témoignage, si beau que je vie t de le lire a mon fils de 13 ans car ce qui est valable pour les filles l’est aussi pour les garçons et lui ai dit de dire a ces amies qu’elles sont belles. Et qu’elle si belle et rayonnante petite fille tu étais , sur les photos publiées. Merci encore.

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 25 min

Merci Johanna ! Oui, il est très important de sensibiliser non seulement nos filles, mais aussi nos garçons à ces questions.

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Christelle Veloso 22 mai 2019 at 9 h 59 min

Merci Ophélie pour ce partage. Je suis mince et pourtant complexée depuis fort longtemps, avec toujours cette peur de ne pas être “assez bien”. J’ai souffert de TCA, j’ai trouvé un équilibre précaire. Ton témoignage me rappelle de dire à ma fille oh combien elle est magnifique, que ses joues et son bidon sont à croquer. Elle fêtera cet été ses 8 ans et je souhaite qu’elle reste gourmande comme elle est et qu’elle croque la vie à pleines dents!

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 26 min

Oh oui ! Je suis sûre qu’elle est magnifique et pleine de vie !

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Nabila 22 mai 2019 at 10 h 31 min

Merci pour ce témoignage bouleversant, cette petite fille c’est moi. J’ai 42ans, j’ai toujours eu des rondeurs, je n’ai jamais aimé mon corps et ne suis toujours pas réconciliée avec, trop rond à mon goût ( et au goût de certain, les dictâts de la societe… ),j’ai souffert de TDA. Ton texte va m’aidera à méditer sur la question et peut-être à aller sur la chemin de la guérison. Vous étiez une magnifique petite fille et êtes devenue une très belle femme. Encore merci pour ce cadeau que je vais partager, si cela peu éveiller les consciences…

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 28 min

Merci Nabila. Je suis sûre que vous aussi étiez une magnifique petite fille, pleine de force et de vie, devenue une très belle femme. Plein de courage et d’amour de vous.

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Pauline 22 mai 2019 at 10 h 40 min

<3
Je repense à la petite fille que j'étais, "trop grosse", "trop grande", "mal fagotée", "mal peignée", et j'ai un peu mal au coeur pour elle.
Aujourd'hui je me bats encore, au quotidien, avec ces épithètes qui me poursuivent et ne veulent pas me lâcher. Je me questionne, énormément, sur mon rapport à la féminité en ce moment. Je croyais avoir atteint une certaine paix, mais les récents événements dans ma vie ont de nouveau tout chamboulé et je suis de nouveau en guerre. C'est lassant. Tes mots font du bien à la petite fille intelligente, audacieuse, curieuse, que j'étais.

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 30 min

Comme je te comprends, Pauline, et comme ton message me touche. Cette petite fille, curieuse, intelligente, belle, audacieuse, elle est toujours là, sois-en assurée.

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Christel 22 mai 2019 at 10 h 49 min

Bjr,
Ophélie,
Merci beaucoup pour ce très joli texte très touchant et ravie de ton retour ici. Je fuis les réseaux sociaux. La question du poids est très important dans ma famille où la balance est un objet très important. Aujourd’hui à presque 48 ans je m’accepte tel que je suis et j’en suis fière.
Au passage je dévore “une chambre à soi” grâce à tes suggestions.
Merci encore et bonne semaine.

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 31 min

Merci de ton commentaire Christel et bravo à toi ! Bonne lecture !

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Caroline 22 mai 2019 at 11 h 07 min

Bonjour Ophélie,
Merci pour ce très beau témoignage, si touchant et triste! Je suis contente qu’avec le temps tu t’acceptes telle que tu es et je souhaite aussi que les filles petites et grandes n’aient plus à souffrir de complexes et brimades sur leur apparence physique (entre autre!).
Chouette pour ce retour sur le blog 🙂
Tu avais vraiment une bouille adorable et des yeux pétillants en effet!

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 33 min

Merci beaucoup Caroline ! C’est un long processus, mais tellement riche et important.

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Marcel 22 mai 2019 at 11 h 21 min

Magnifique texte je suis très touché et surtout concerné.

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Alix - A tire d'Elle 22 mai 2019 at 12 h 04 min

Merci pour ce texte ! J’étais tellement pareil, d’aussi loin que je m’en souvienne. C’est toujours un peu le cas, et ce n’est pas facile. Mais finalement, en effet, ce qui importe c’est de ne pas transmettre nos hontes à nos petit.e.s…
Belle journée!

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Léna 22 mai 2019 at 12 h 59 min

Merci pour ces mots si justes, qui reflètent pourtant une triste réalité…
J’étais comme toi, complexée pendant des années par la société, par mon entourage, ma famille… Alors que j’ai toujours été en très bonne santé, en faisant beaucoup de sport avec une alimentation équilibrée. Jusqu’au jour où les TCA arrivent et là j’ai perdu pieds.
Je m’en suis à peu près remise, grâce à des témoignages comme le tien. J’essaie au maximum de transmettre à ma petite soeur cette bienveillance, mais c’est loin d’être une tâche facile !

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Antigone XXI 23 mai 2019 at 10 h 33 min

Non, ce n’est pas simple, tant de choses autour de nous vont dans le sens opposé ! Courage à toi, courage à elle.

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Alexandra S 22 mai 2019 at 14 h 33 min

Bonjour, j’espère vous trouver en bonne santé. Je me lance..
J’ai trouvé tout à fait étrange comme interprétation le fait qu’à 8 ans “la société”, ce vaste mot qui signifie ? vos parents ? votre entourage ? les français ? un spectre qui viendrait véhiculer des idées ?, cette société, dirons-nous les français, auraient suscité chez vous le malaise d’être un être de sexe féminin qui n’était pas conforme à ce qu’on attendait d’elle.

Et pourtant, c’est à l’entourage, la famille (oui c’est bien elle qui est censé éduquer ses filles et ses fils) c’est à eux que revient la responsabilité d’enseigner à l’enfant comment gérer ses émotions, ses frustrations.
Rassurer son enfant sur ce qu’il semble mal comprendre.
Lui apprendre ce qu’est le bien, ce qu’est le mal. Enseigner qu’avoir ses quelques rondeurs en plus, n’est pas un mal. Non c’est le signe d’une bonne alimentation bien riche, calorique qui lui apporte ces bonnes énergies tout au long de ses journées folles.
(Oh oui, le bien et le mal.. dans cette société – entendez par là ce pays – qui se veut libérale, la définition du bien et du mal ne fait que sauter années après années, mais c’est bien le but d’une démocratie libérale).

L’enfant est un être fragile, non ce n’est pas la société qui est en cause de sa nature, non. C’est la fragilité de cet enfant que vous étiez qui avait peur de ses premières différences. 8 ans c’est un âge où l’enfant raisonne, comprend. Vous avez compris qu’il y avait quelque chose de légèrement différent, mais vous n’avez pas su, bien évidemment vous n’étiez qu’une petite fille, qu’il ne fallait pas en tenir rigueur.
La société comme vous dites, ou plutôt cette infirmière d’école vous a-t-elle sermonné sur ce surpoids, faisant ainsi, on le comprendrait peser un énorme fardeau sur cette petite fille qui ne comprendrait pas pourquoi ces petits kg en trop aurait une si grande importance aux yeux de cette infirmière, infirmière elle-même soutenue par cette société..
Visiblement non, il s’agit de vous et vous-même. Si vous voulez trouver un responsable, je pense qu’il serait plus juste de le trouver ailleurs. (Même si je ne pense pas qu’il y ait réellement quelqu’un à pointer du doigt).
N’importe quelle différence, aurait susciter chez une petite fille, un petit garçon ce même malaise face à une différence qu’il ne verrait que chez lui. Un enfant découvrant que tous ses camarades seraient bien plus petits de taille que lui, aurait lui même était très mal à l’aise face à sa grande taille. Mais où est l’implication de la société ? C’est simplement à l’entourage de l’enfant de venir rassurer son petit être en devenir, sur cette différence qui n’est en rien un mal, et qui peut même être un avantage, sa particularité que personne parmi ses camarades n’a réussi à avoir.

Derniers points, et j’espère les aborder avec bienveillance bien que ce sujet me révolte quelque peu. Vous et beaucoup de blogs que j’aimais à suivre, avez la facheuse tendance à vouloir déconstruire la nature de la femme, ce qu’elle est intrinsèquement, la nature de l’homme et ce qu’il est intrinsèquement. Ces penchants naturels, ces instincts, ces valeurs saines innées, ses caractéristiques, ses faiblesses intrinsèques.
Et lorsqu’on parle de ce qui est instinctif, inné, naturel, chez l’homme on revêt de suite un vocabulaire péjoratif “instinct archaïque”, “instinct animal”, venant d’une période où l’homme était soit disant (quelle terrible propagande n’est-ce-pas) un singe.
Vous êtes les personnes qui vous revendiquez le plus du naturel, et pourtant vous déconstruisez tout. La philosophie vous a détruit ! On la sent dans vos idées comme on sent l’odeur du fumier. Rendez-vous en compte, vous refusez d’entendre qu’il puisse y avoir une moral (sauf lorsqu’il s’agit de protéger les animaux), qu’il puisse y avoir le bien, le mal. Non tout ça ne serait que des fausses valeurs inculquées par la société.

Vous vous prétendez du féminisme en ne faisant que détruire la nature même de la femme. Oui, la société véhicule ses idées -entendez par là le pouvoir politique, la franc maçonnerie – mais, vous confondez tout, vous ne discernez pas ce qui vient d’eux, et ce qui n’est pas propagé par cette société. Vous oubliez que l’homme et la femme ont, QUELQUE SOIT la société où ils évoluent, une nature qui leur est propre. Je vous en prie, gardez dans un coin de votre tête que nous avons une nature qui est innée, NON l’homme et la femme ne sont PAS les mêmes, ils sont 2 êtres distincts de par une multitude de chose, que seule une raison malade (je pose les mots je suis désolée) ne peut.. ou plutôt ne veut pas voir.
La société qui n’est autre ici que le pouvoir politique véhicule ses idées, véhicule sa propre définition du féminisme et vous ne faîtes que suivre à la lettre ce vers quoi ils vous attirent. Vous êtes l’étendard, vous semblez rebelles, mais vous n’êtes que le fruit de ce qu’on demande de vous. Dénuder cette femme, pervertir cet homme, déconstruire leurs valeurs communes et intrinsèques comme la pudeur, la famille.

Vous dites pour nombre d’entre vous n’avoir aucune religion. Mais vous avez bel et bien une religion. Elle s’appelle la liberté, elle est le maître mot de tout ce qui conduit vos actes, vos choix, vos déviances, elle est votre mode de vie. Elle est la grande propagande actuelle voyez clair s’il vous plait. Elle raisonne de partout, même lorsqu’on regarde une pub pour sfr, pour un jus d’orange, on entend son nom. Elle est votre mot de ralliement, elle se définit comme un bourrage de crâne OMNIPRÉSENT, et elle veut tout déconstruire.

Je sais que l’être humain est ainsi, il n’apprécie pas toujours qu’on vienne le contredire notamment sur un sujet où il s’est livré. Mais j’espère de votre part, que vous me lirez avec une belle ouverture d’esprit, et j’espère aussi que malgré ce que je dis, vous ne supprimerez pas mon commentaire (qui m’a demandé un bon petit moment pour être rédigé tout de même).

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Daniela 22 mai 2019 at 14 h 47 min

Très beau texte qui se rapporte à certainement 99% des fillettes! Qui de nous n’a pas eu honte de n’importe quel problème physique lève le doigt! Moi c’étaient les oreilles décollées que j’ai dû cacher toute ma vie. Lorsqu’on est petite, ce sont les moqueries à l’école. Quand on est adulte, ce sont les codes de la mode, de la beauté, de la jeunesse qui priment, par l’intermédiaire des journalistes qui nous bombardent de comment on doit être pour plaire. Les mannequins sont LE modèle de la femme qui plaît à l’homme. Il serait grand temps de mettre fin à ces inepties, je suppose que seulement 1% des femmes ressemblent à un mannequin. Et les autres? A la poubelle?

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Rivas 22 mai 2019 at 15 h 15 min

Bonjour effectivement texte très touchant et si vrai… et je constate que tu étais une adorable petite fille ! Une bouille trop craquante ! Si tu t’et Vu avec mes yeux il n’y aurait pas eu ce début de complexe car vraiment tu étais (et tu dois toujours être mais je ne te connais pas) ravissante ! Dans notre société on ne regarde souvent que l’appa Physique et non l’âme de la personne que l’o Voit dans son regard, dans son sourire etc. Alors qu’e Fait c’ Tout ceci qui en fait ou pas une belle personne

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Mereiane 22 mai 2019 at 16 h 27 min

Comme bien des petites filles, moi aussi j’ai eu honte de mon corps pendant longtemps. Que ce soit ma mère qui commente le fait que mes culottes soient devenues trop petites en disant “Pfiou! Tu as une sacrée paire de fesses!” (maintenant que je regarde ma fille au même âge, en pleine poussée de croissance, je soupçonne que ce n’était pas tant que mes fesses étaient particulières, mais juste l’évolution physique normale d’une pré-ado…), les copines de collège (dont une anorexique) qui m’expliquent qu’elles ne veulent plus être vues avec moi car, ensemble, elles m’ont jugées “trop grosse” et à cause de cela “dégoûtante” ou bien une vague connaissance qui s’exclame “Ohlala! Mais tu as du poil au pattes! Il serait temps de te mettre à l’épilation” (j’avais 11 ans), les sources de honte ont été multiples. (et non, ce n’est pas que j’étais petite et que j’ai mal interprété ce qu’on me disait: on m’a sciemment fait honte et humilié mon physique pour ne pas rentrer dans le rang aussi arbitraire que subjectif du “comme il faut”… :p) Par chance, j’ai surmonté tout ça grâce à un truc un peu bête: nous avons déménagé à l’autre bout de la France pour le boulot de ma mère et dans mon nouveau collège, mes camarades étaient surtout curieux de savoir qui j’étais, d’où je venais. Personne ne m’a jamais fait la plus petite remarque sur mon physique. Par ma transplantation dans un nouvel environnement, j’avais acquis une “histoire personnelle” exotique, originale, qui intéressait davantage que mon physique, en définitive pas si primordial que ça.

J’en suis arrivée à penser que les commentaires sur le physique des petites filles sont le résultat d’une forme de paresse sociale. C’est facile de commenter l’aspect des autres, ça ne demande pas de les connaître véritablement (ou de faire le moindre effort dans ce sens). Pourtant cela peut être dévastateur quand c’est la seule chose que les gens trouvent à vous dire lorsqu’ils interagissent avec vous (de façon plus ou moins fine qui plus est, car à force, l’inspiration s’épuise…): ça laisse entendre que c’est la seule chose potentiellement digne d’intérêt chez vous.

Que faire pour les petites filles qui sont aujourd’hui en train d’affronter ce genre de situation? Eh bien pour ma part, je ne leur parle jamais de leur physique, ni en bien, ni en mal. En fait, je me fiche de leur physique ou de la façon dont elles sont “décorées” avec des vêtements, des coiffures ou de la bimbeloterie. Je préfère savoir quel genre d’histoires elles aiment, ce qu’elles aiment faire, quels sont leur rêves pour “quand elles seront grandes”, ce qui les inquiètent et ce qui les fait rire. Ça n’est sans doute pas une solution miracle, mais je crois très fort que c’est au moins une petite contribution à l’édifice!
Pour finir, je ne dis jamais à ma fille qu’elle est jolie (même si je le pense parce que c’est ma fille! ^^) et je prend bien garde à ne jamais commenter son évolution physique en dehors du constat pragmatique “tu as grandi, il faut te racheter des vêtements à ta taille” et je crois que ça ne lui réussit pas trop mal car le jour où un de ses camarade de classe l’a traitée de “grosse” et que je lui ai demandé son opinion sur cette histoire, elle m’a répondu en haussant les épaules “Je pense qu’il a dit ça pour m’embêter, mais même si c’était vrai, qu’est-ce que ça ferait?”. Et à ce jour, la seule raison pour laquelle elle se pèse, c’est pour connaître sa catégorie de poids en compétition de judo. 😉

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Laura 22 mai 2019 at 18 h 56 min

Coucou Ophélie ! Ton témoignage me parle tellement ! étant complexée pour plein de choses encore aujourd’hui je me suis dis que c’était inné chez moi, que mon cerveau était programmé pour ne pas m’aimer… Je me souviens aussi qu’à mes 8 ans une copine a l’époque me parlait déjà d’une fille de notre classe âgée de 10 ans, qu’elle était trop belle car très mince avec l’écart entre les cuisses et les fesses rebondies, qu’elle avait de la chance et qu’elle allait tout faire pour être comme ça aussi. Ça m’a fait réfléchir sur moi et je me suis mise aussi à complexer, jusqu’à m’en rendre vraiment malade… On est vachement influençable à cet âge là en plus…

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Gina Saerens 22 mai 2019 at 19 h 37 min

Merci pour ce texte!quelle petite fille pétillante, pleine de joie de vivre!

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Joanne 22 mai 2019 at 20 h 16 min

J’ai vécu le même genre de honte, et faisant de la danse classique depuis l’âge de 4 ans, c’était plus tôt. En période de gala, même petites, nous n’avions pas le droit de prendre du poids et quand j’ai fait ma pré puberté vers 9 ans, j’ai pris des formes … on m’en a beaucoup parlé. J’étais la petite fille avant dont les garçons étaient amoureux et les filles jalouses. Je le suis redevenue vers 12 ans après l’apparition de mes premières règles et de mes nouvelles formes. Ces formes qui ont également condamnées ma carrière de danseuse. Moi je ne voulais pas être perçue comme ça, je voulais juste qu’on me foute la paix. Cette beauté, elle a amené tant d’abus et d’agressions dès l’âge de 6 ans ! J’ai des soucis de santé qui m’ont fait prendre 20kg ces 10 dernières années (j’ai 37 ans), j’ai du mal à me reconnaitre sur les photos, à parfois m’identifier à ce corps, mais paradoxalement, je n’ai jamais été aussi sereine, en paix avec lui, parce qu’on me fout enfin la paix ! Je ne rentre plus dans les normes et enfin, mon corps n’est plus que sexualisé … je peux être juste moi, arrêter d’avoir peur. J’ai eu une grossesse avec césarienne, mon corps est couvert de cicatrices, vergetures, et poils ( envie de le voir en vrai avec toutes les options ces derniers mois), mais je suis tellement moins complexée qu’avant ! Et je vois que j’accepte assez facilement si je ne suis pas confrontée au regard de la société. Oui, j’en suis persuadée, depuis l’enfance, c’est la société et ses sacro saintes normes, qui ruine notre regard sur nous-mêmes. Je pense que nous sommes plutôt naturellement bienveillants et ouverts à la diversité. Bref, je souhaite de tout mon coeur que le patriarcat disparaisse pour que les petites filles n’aient plus à subir toutes ces pressions, ne soient plus sexualisées et puissent juste être elles-mêmes et grandir tranquillement …

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eilathan22 23 mai 2019 at 3 h 27 min

Merci pour ce texte, vous êtes très inspirante, cette rétrospective me fait prendre conscience de la petite fille que j’étais,(un vrai garçon manqué qu’ils disaient!), de la femme que je suis devenue (une féministe ratée, qu’il dit!), j’ai été mère au foyer,4 enfants, (qui l’aurait cru, ma mère n’en revient toujours pas!), c’est surtout dans cette période que ce fut difficile, j’ai trouvé le moyen de me mettre en couple avec un “hyper-macho”, autant vous dire qu’il y a eu de l’eau dans le gaz, je ne regrette rien, j’ai fait de mon mieux pour apprendre aux enfants, les valeurs d’égalité des sexes, de respect et tolérance des uns envers les autres malgré les différences, (en mode peace and love), maintenant qu’ils sont adultes et eux même parents, ils pensent qu’ils n’ont pas assez été préparé à ce monde cruel, intolérant, moi je leur répond, “allez vers ceux qui correspond à vos valeurs”.

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Marilyne 23 mai 2019 at 6 h 16 min

Merci pour ce beau texte, il résonne fort chez moi !

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linemourey 23 mai 2019 at 10 h 36 min

Une chance qu’auront les filles autour de toi, tu pourras leur en parler quand elles en auront l’âge et ça, ça n’a pas de prix. Tu leur montreras le chemin de l’acceptation et de la tolérance !
Line de https://la-parenthese-psy.com/

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Mélusine 23 mai 2019 at 14 h 46 min

Bonjour! Merci pour ce beau texte 🙂
Il me semble cependant que dans cette phrase: “J’aimerais qu’elles ne connaissent jamais cette honte, qu’elles soient libres d’avoir le corps qu’elles veulent, d’être qui elles veulent.” il serait plus juste de dire “libres d’avoir le corps qu’elles ONT et d’être qui elles veulent”.

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Xantal 24 mai 2019 at 5 h 26 min

Grand merci Ophelie pour ton partage sensible et bienveillant. Bienveillance qui manque tant dans nos échanges humains… pas “branchée” mais si nécessaire !
J’ai partagé ton beau texte sur mon blog, en dénonçant la cruauté dont une connaissance, jeune homme atypique, a été destinataire de la part d’une employée institutionnelle censée l’aider !
Tout de beau à toi, encore merci de tout coeur

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Morgane 27 mai 2019 at 19 h 54 min

Merci pour ce témoignage. Tu poses des mots justes sur une situation que j’ai vécue moi aussi dans mon enfance. Quelques centimètres de plus que les autres, qui étaient quelques centimètres de trop, et donc quelques kilos de plus, qui étaient quelques kilos de trop. Et pourtant j’étais une enfant heureuse, rieuse, mais qui s’est renfermée, est passée du harcèlement dans les cours de sport à l’anorexie, à la dépression, à la boulimie … À peine sortie de tout ça, quand je regarde les photos de moi à 8 ou 10 ans, je me rends compte qu’en fait j’étais une très jolie petite fille … Mais une petite fille à qui on avait déjà appris à ne pas prendre trop de place, et à se détester.
Il faut que ça cesse, c’est notre rôle à tou-te-s de présenter aux enfants d’autres modèles, et de percevoir le mal-être de ces enfants dont on n’imagine même pas qu’ils et elles puissent déjà souffrir de leur rapport au corps.

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Baudouin 30 mai 2019 at 12 h 06 min

Le regard des autres est souvent très pesant. Il faut apprendre à s’accepter tel que l’on est. C’est notre coeur qui compte. N’empêche le surpoids est un réel problème de santé. Il ne faut pas en faire une obsession mais il y va bien souvent de notre confort de vie.

Je viens de perdre 40 kilos (il m’en reste une dizaine à perdre), non pas grâce à un régime mais parce que accepté le bypass.

Cela a été ma décision personnelle, aussi par amour pour ma femme, ne voulant pas rétrécir la durée de ma vie à ses côtés et surtout ne plus la peine de me voir toujours fatigué et souffrant d’une multitude de soucis de santé périphériques.

Je ne le regrette pas, que du contraire. Mais le regard des autres, je m’en fiche. On ne peut pas plaire à tous.

Ce qui doit nous motiver, c’est l’amour de soi, car sans cela on ne peut pas aimer correctement les autres.

Merci pour cet article.

Bien à vous,

Baudouin, 61 ans, époux comblé par sa tendre Marylou, 46 ans…

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Claire 31 mai 2019 at 9 h 14 min

Je suis jeune prof des écoles et je constate que les petites filles de l’école (de 5-6 ans dans ma classe jusqu’à des filles de 11 ans dans les autres) semblent assez préoccupées de leur apparence, ce qui contraste avec les garçons. Ça me fout les boules car être préoccupée si jeune par son image détourne leur attention d’autres choses plus importantes… certaines sont très malignes mais le développement de leur potentiel est entravé par des idées futiles et c’est moins le cas chez les garçons.
C’est même pas la peine d’en discuter avec les parents le sujet est à des années lumières de leurs préoccupations.
J’en parle avec les enfants mais je sais pertinemment que je ne vais pas changer la face du monde, et en même temps je ne suis pas leurs parents ce n’est pas à moi de les éduquer.
Ça me fait chier non pas pour les enfants que j’aurai, car je sais que je les élèverai différemment, sans stéréotypes de genre et sans télé, mais parce que la société n’est pas prête de changer si des enfants de 5 ans sont encore comme ça en 2019…

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Sabine 8 août 2019 at 14 h 33 min

Bonjour, ce n’est pas pour vous décourager mais afin que vous ne tombiez pas des nues, ma fille de 6 ans et demi élevée sans télé et sans stéréotypes de genre mais en société (notamment l’école mais aussi avec les amis la famille) est assez préoccupée de son apparence. On peut se renvoyer la balle longtemps, ma fille a découvert les bonbons via sa maîtresse :p je pense que tant que la société n’a pas changé les choses ne bougeront pas même si chacun a un rôle à jouer pour donner du recul aux enfants. Par contre sur les petits garçons je relativise ils sont certes sur d’autres préoccupations mais qui me semblent tout autant les distraire de choses plus importantes…

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JOëlle 5 juin 2019 at 20 h 23 min

Quel texte plein de sensibilité qui m’a bcp touchée. Cela touche le physique mais aussi le comportement : trop calme, pas assez extravertie, pas assez dynamique “tu verras, X va te bouger …” non, on ne nous accepte pas comme nous sommes, on veut (souvent les parents) autre chose … qui corresponde plus aux “normes”. Mais heureusement avec le temps et la maturité on accepte d’être uniques et d’avoir la personnalité que nous avons ns ns réconcilions avec ns mm. La petite fille est délicieusement craquante et malicieuse !

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Naomi. 9 juin 2019 at 9 h 21 min

Mon époux a numérisé les diapos de mon enfance, Les pigments bleus de certains films ont tendance à virer au jaune, ce qui doit expliquer l’aspect de vos yeux. Merci beaucoup pour ce texte très émouvant.

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Rose 10 juin 2019 at 7 h 59 min

Quel beau partage, Ophélie <3

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Laura 1 juillet 2019 at 21 h 41 min

Quand je lis les commentaires, je me dis qu’on ne se rend jamais compte d’à quel point cette dépréciation de soi, voire détestation de soi est généralisée chez les petites et jeunes filles. On croit toujours que ce n’est que nous. Quelle perte de temps ! Je suis d’accord, il faut absolument que ça change. C’est vital. Merci alors pour ce petit texte Ophélie !

Quelques citations d’Etty Hillesum qui m’inspire beaucoup “La femme cherche toujours l’homme unique à qui elle donnera son savoir, sa chaleur, son amour, son énergie créatrice. Elle cherche l’homme, non l’humanité. Cette question féminine n’est pas si simple. Parfois, en voyant dans la rue une jolie femme, élégante, soignée, hyper-féminine, un peu bête, je sens mon équilibre vaciller. Mon intelligence, mes luttes avec moi-même, ma souffrance m’apparaissent comme un poids oppressant, une chose laide, anti féminine, et je voudrais être belle et bête, une jolie poupée désirée par un homme. Etrange, de vouloir ainsi être désirée par un homme, comme si c’était la consécration suprême de notre condition de femmes. L’amitié, la considération, l’amour qu’on nous porte en tant qu’êtres humains, c’est bien beau, mais tout ce que nous voulons, en fin de compte, n’est-ce pas qu’un homme nous désire en tant que femmes ? (…) Peut-être la vraie, l’authentique émancipation féminine n’a-t-elle pas encore commencé. Nous ne sommes pas tout à fait encore des êtres humains, nous sommes des femelles. Encore ligotées et entravées par des traditions séculaires. Encore à naître à l’humanité véritable ; il y a là une tâche exaltante pour la femme.”

“Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-même de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. ”

Etty Hillesum, Une vie bouleversée – 1941-1943

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Gntiana Hélix 3 juillet 2019 at 13 h 01 min

OUI ce blog est toujours utile (à celles qui par exemple , hem hem, boycottent twitter et insta, enfin qui sont dans une temporalité différente…)
Merci pour ce texte touchant.

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Pierrette 31 juillet 2019 at 14 h 27 min

Excellent texte rien à ajouter !
Merci beaucoup !

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