Touche pas à ma laine !

23 janvier 2013

 

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Végétalienne depuis plusieurs années, je ne porte ni fourrure, ni cuir. Je fais attention à ce que les cosmétiques et produits ménagers que j’utilise ne contiennent pas de produits animaux ou ne soient pas testés sur les animaux. Et pourtant, jusqu’à il y a peu encore, je ne faisais pas vraiment attention à une chose : la laine.

Je savais que les véganes ne portent pas de laine, en invoquant comme raison de ce choix la maltraitance des animaux. Même si j’adhérais à cette idée, au fond de moi une petite voix faisait : ‘Mais on leur prend juste leurs poils ! On ne les tue pas !’. Et puis, je suis une grande frileuse et, depuis toujours, le lien était clair : ‘laine = chaud’ / ‘pas laine = pas chaud’ (et puis, ‘pas qualité’ accessoirement). Et lorsque le sujet tombait sur la table, je refusais de trancher : mes idées n’étaient pas claires là-dessus. Ce n’est que relativement récemment que j’ai décidé d’accepter de regarder les choses en face et ai décidé de faire des recherches sur ce fameux débat.

Une seule heure a suffi pour me convaincre.

J’ai alors compris que je ne reviendrai pas en arrière. J’ai eu honte, honte de m’être fermée les yeux à ce point, malgré mes belles déclarations, mes beaux principes. Et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt. J’aurais peut-être sauvé quelques vies, ou du moins, j’aurais peut-être été plus ‘vraie’ à mes propres yeux.

Quand on ne s’est pas penché sur le sujet, on vit dans le doux rêve que l’homme, être aussi gentil que généreux, ’emprunte’ aux moutons, agneaux, brebis et chèvres leur toison pour s’en vêtir en échange de nourriture et de bons traitements. Après tout, quel mal y aurait-il à tondre un mouton ? En quoi prendre sa laine serait-il un acte cruel ? N’y a-t-il pas là un échange de bons procédés au terme duquel tout le monde est gagnant ? Je te donne caresses et carottes et, en retour, tu me donnes un peu de ta chaude laine pour me couvrir quand vient l’hiver… et tout le monde il est beau et tout le monde il est content.

Oh oh ! Welcome back les Bisounours ! On est loin de la réalité, là.

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Qui donne sa laine ?

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Admettons-le : à moins d’être né et d’avoir vécu toute ou partie de sa vie à la campagne, il y a peu de chance que l’on ait une fine connaissance des moutons. Certes, le jardin zoologique fréquenté en classe de CP-CE1 nous a donné un bref aperçu des ovins, mais était-ce bien suffisant pour faire le lien entre l’agneau qui, en venant croquer la carotte à même la main, a rempli notre coeur d’enfant de bonheur, et l’agneau qui, découpé en côtelettes et passé au grill, nous remplit le ventre de joie ?

Saviez-vous, à ce titre, que les moutons sont des êtres tout aussi intelligents et affectueux que votre épagneul (vous savez, celui que vous n’envisageriez jamais de manger) et qu’ils ont même une sensibilité à fleur de peau, ainsi qu’une sociabilité très complexe ?

En matière d’amitié, les moutons sont de grands fidèles : ils sont capables de reconnaître le visage d’au moins 50 autres moutons et de 10 humains en les ayant juste vus en photos ! Alzheimerou non, je doute que votre grand-mère fasse mieux… Tout comme chez les hommes, la sensation de l’absence n’est pas étrangère à ces animaux qui sont capables de penser aux individus absents : une brebis privée de son agneau le pleurera très longtemps. Les moutons ont également la capacité de reconnaître les émotions : ainsi préfèrent-ils nettement qu’on leur sourie plutôt qu’on ait l’air renfrogné !

Les ovins ont aussi d’étonnantes capacités mémorielles. Donnez-lui un nom et, même perdu parmi plus de 300 de ses congénères, un mouton répondra en entendant celui-ci. De façon encore plus étonnante, on a découvert les capacités d’apprentissage et d’enseignement transmis de génération en génération : les moutons sont en effet capables de se soigner en choisissant les plantes appropriées (de vrais phytothérapeutes !) et, surtout, c’est parce que la mère transmet ce savoir à son petit que, une fois adulte, le mouton est capable d’utiliser ses connaissances acquises. Les connaissances des ovins s’enrichissent donc de bouc ou, plutôt, de vieille brebis en jeunes agneaux.

Bête comme un mouton ? On voit que l’image du troupeau bêlant bêtement n’est guère fondée…

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http://www.mcttelecom.com/~planter/fun/dog_lamb.html

 

Une laine tachée de sang

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On croit souvent, avant de se pencher sur la question, que la tonte de la laine est une activité inoffensive qui n’implique ni la souffrance, ni même la mort des animaux. Et pourtant, rien ne saurait être moins vrai…

Une grande partie de la laine dont sont faits nos pull-overs, nos tapis et nos moufles provient de moutons mérinos. Plus de la moitié de cette laine est produite en Australie, pays du mouton par excellence. Or ce pays est également réputé pour une chose assez particulière que l’industrie lainière locale pratique, à savoir, le mulesing.

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Qu’est-ce que le mulesing ?

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Il s’agit d’une pratique, originaire des années 1930, qui consiste à découper à coup de cisailles la queue et l’arrière-train du jeune agneau, afin de lutter contre l’incidence des myases – des mouches pondant des larves sous la peau. Le tout sans anesthésie, bien sûr. Notons que le procédé ne concernait au départ que les bêtes plus âgées, car on le jugeait ‘trop douloureux’  pour les agneaux.

Signalons ici que le mouton mérinos est une espèce qui a subi un grand nombre de manipulations génétiques afin de produire une quantité phénoménale de laine. Sans ces procédés, les moutons produiraient juste assez de laine pour se protéger du froid comme de la chaleur. Dans un climat qui peut parfois atteindre des pointes de chaleur impressionnantes comme l’Australie, ce surplus de laine n’est pas le bienvenu et, ajouté au manque d’hygiène des exploitations ovines de masse, il favorise le développement de myases qui menacent de littéralement dévorer le mouton à petit feu. La pratique du mulesing y trouve sa justification.

Pourtant, de nombreux pays producteurs de laine y voient une pratique obsolète et elle a déjà pratiquement disparu en Nouvelle-Zélande. Ainsi peut-on plutôt choisir de tondre l’arrière-train des animaux de façon régulière, de contrôler biologiquement les mouches, ou bien encore de prodiguer des traitements locaux qui font montre de succès dans l’éradication des myases (l’huile d’arbre à thé détruirait ainsi 100% des larves dès la première application !). Mais n’est-il pas plus simple de découper les fesses des moutons à coup de sécateurs ?

Cherchez l’erreur.

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(je suis vraiment désolée de la dureté de ces images, mais elles ne sont que le reflet de la réalité).

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S’ils échappent au museling, sachez que les agneaux, à peine âgés de quelques semaines, ont la queue coupée sans anesthésie et que les jeunes mâles sont castrés de la même manière. On choisit soit de pratiquer une ablation à vif pour ôter leurs testicules, soit d’entourer ceux-ci d’élastiques en caoutchouc afin de couper l’afflux sanguin – l’une des méthodes de castrations les plus douloureuses qui soit. Messieurs, serrez les jambes.

Des centaines d’agneaux mourront avant même d’avoir atteint deux mois, faute de soins et de nourriture appropriée. La négligence, les sévices et les maladies auront raison de nombre d’adultes également. Ceux qui parviennent à survivre seront régulièrement tondus jusqu’à un certain âge… où ils ne sont alors plus jugés assez ‘rentables’ – et cet âge n’est pas élevé, croyez-moi. Que se passe-t-il alors ?

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Le long voyage des moutons vers l’abattoir

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Chaque année, ce sont près de quatre millions d’animaux qui sont envoyés par bateaux au Moyen-orient pour y être abattus selon l’abattage rituel musulman. Bien qu’il existe de plus en plus d’abattoirs pratiquant les rites de l’Islam en Australie, il semble moins coûteux d’expédier les moutons à bord de cargos et les faire exécuter dans des pays où la main d’oeuvre est moins chère. Business is business.

Evidemment, les longues semaines de traversée dans des coques sans aération aucune, entassés les uns sur les autres, en proie au manque de nourriture et d’eau, ainsi qu’à des températures extrêmes, ont raison d’un grand nombre de moutons. Selon le Meat and Livestock Australia, c’est entre 1% et 28% des animaux qui meurent à bord de ces navires, de faim, de soif, d’étouffement ou de maladie.

Arrivés à destination, les moutons sont directement transférés des bateaux vers les camions qui les mèneront à l’abattoir. Et comme il s’agit d’abattage halal, les animaux ne seront pas assommés avant d’être tués : tandis que les moutons sont conscients, on leur tranche la gorge et on commence à les dépecer alors qu’ils sont souvent tout à fait vivants. Ils ne mettront que de longues – et effroyables – minutes à mourir.

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Pas clean pour la planète, ma laine ?

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Outre les souffrances infligées à des êtres qui n’ont rien demandé d’autre que de garder leurs poils pour eux, il faut savoir que l’exploitation massive des ovins pour leur laine et leur viande a un impact environnemental considérable.

De tous les animaux, la production d’agneau est en effet la plus polluante : la consommation d’1 kg d’agneau est responsable du rejet de près de 40 kg de CO2 dans l’atmosphère, soit presque 50% de plus que le boeuf ! En Nouvelle-Zélande d’ailleurs, les émissions de méthane, provenant en majorité des élevages de moutons, constituent plus de 90% des émissions de gaz à effet de serre du pays !

A cela, on ajoutera les dommages affectant les sols : les exploitations intensives de moutons sont en effet extrêmement destructrices envers la végétation et la terre, entraînant avec elles de vastes problèmes d’érosions des sols.

C’est sans compter enfin la pollution des eaux générée par de telles exploitations. Une étude menée en Nouvelle-Zélande a d’ailleurs montré que la contamination des eaux par matière fécale ovine était telle, même dans des fermes de taille moyenne, qu’elle dépassait tous les niveaux recommandés en matière d’usage de l’eau – qu’il s’agisse d’eau à boire comme d’eau destinée aux activités de récréation. Oui, car dans les eaux, on retrouve aussi tout un tas de produits chimiques visant à prémunir les troupeaux d’infections parasitaires… qui filent donc dans l’eau que nous buvons, dans laquelle nous nous baignons, et où évoluent les poissons… que nous mangeons.

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Et les autres ?

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Et puis, s’il n’y avait que les moutons, ce serait presque trop beau, pas vrai ? De nombreux êtres vivants sont en effet utilisés pour nous vêtir, et nombreux sont ceux qui en souffrent, quand ils n’en laissent pas tout simplement la vie.

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Le cachemire

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Nos si doux pull-overs en cachemire proviennent de chèvres qu’on trouve dans la région du Cachemire, entre l’Inde et le Tibet. Cette fibre si soyeuse n’est d’autre que le pelage d’hiver de la poitrine de ces caprins : une fois tondues, les chèvres n’ont plus leur toison naturelle qui les protège du froid et des maladies. Bien sûr, parmi les souffrances qui leur sont infligées, on les écorne et les castre sans anesthésie – une fois n’est pas coutume. Un certain nombre d’animaux, jugés ‘défaillants’ (comprendre : leur laine n’est pas parfaitement pure), sont tués avant l’âge de deux ans. Avec l’âge, leur pelage devenant moins doux, on pratique le shearling, autrement dit on tue les animaux et on tanne leur peau avec la laine intacte : vous connaissez bien les fameuses Uggs ?..

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Le karakul

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Il s’agit-là d’une race de moutons à poils noirs originaires de Chine et le terme désigne, par extension, la fourrure de cet animal. Attention à vos yeux et vos oreilles ici… car on trouve ici l’une des pratiques les plus barbares qui soit.

En raison de l’extrême douceur de leur laine, les agneaux karakuls sont tués, dans le meilleur des cas, alors qu’ils n’ont qu’un ou deux jours. Pour une fourrure de plus grande qualité encore, on n’attend même pas que ceux-ci aient vu le jour… On choisit une brebis enceinte et, lorsque le fœtus (et normalement futur petit) commence à donner des signes d’agitation, on tranche la gorge de la mère et lui ouvre l’abdomen : il ne reste plus ensuite qu’à découper dans le placenta et dépecer l’agneau. 

Environ 4 millions d’agneaux karakuls sont ainsi tués pour leur laine chaque année.

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L’antilope chiru

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Les si renommés châles de shahtoosh (le nom signifie ‘roi des laines délicates’ en perse) sont tissés à partir de la laine d’une antilope tibétaine, appelée chiru. Cet animal vit à une altitude de 5000 m. et sa fourrure, à la fois légère et chaude, lui permet de survivre dans des conditions extrêmes d’un bout à l’autre de l’année.

Cette fibre est d’autant plus précieuse pour les tisseurs de la région du Cachemire que la demande est élevée, sa vente et sa possession ayant été jugées illégales selon la Convention sur le commerce International des espèces en voie de disparition. Oui, parce que le problème, c’est qu’on ne peut ‘juste’ tondre les antilopes pour leur prendre leur laine, il faut la fourrure dans son entier et, pour cela, pas de miracle : il faut les tuer. 

Chaque année, ce sont donc 20,000 chirus qui sont tuées strictement pour leur laine, et leur corps abandonné dans la nature (cette fois-ci, je vous passe les photos que vous pouvez trouver ici). 

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Il y a tant d’autres animaux qui souffrent et que l’on tue pour se vêtir de leur pelage, parmi lesquels les lapins angora, les alpagas et vicuñas, que je ne peux tous les citer ici. La liste est – hélas – très longue…

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Une liste longue, comme l’est cet article qui ne vise ni à juger ni à condamner ceux qui, parmi vous, portent de la laine. Moi aussi, j’en ai longtemps porté et, parmi mes vêtements d’hiver, nombreux sont ceux qui contiennent de la laine. Un jour pourtant, j’ai décidé d’ouvrir les yeux et j’ai cherché l’information. Celle-ci n’est pas toujours simple à trouver et heureusement qu’il existe des individus prêts à tout pour nous la fournir et, par-là même, nous éclairer sur ce qu’on ne nous cache que trop bien.

Derrière les images des bonnes vieilles pelotes de grand-mère ou des tricots ‘tendance’ proposés par les grandes marques à la mode, se cache une réalité bien sordide. Si sordide que l’on préférerait sans hésiter garder les paupières closes plutôt que de regarder les choses en face. Et pourtant, ce serait un si grand pas si une majorité d’entre nous décidait, une fois pour toutes, de les ouvrir et de commencer à faire bouger les choses.

Vous vous dites sûrement : ‘Mais comment faire sans laine ?’ Je me suis posé la même question au départ, et j’ai pourtant depuis trouvé nombre de matériaux qui la remplacent parfaitement : chauds, éthiques, écologiques… il suffisait de le vouloir pour me rendre compte qu’il y avait l’embarras du choix. Il fallait simplement accepter d’ouvrir les yeux. 

Nous avons le choix de vivre sans faire souffrir : pourquoi ne le faisons-nous pas ?

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Pour aller plus loin : One Voice, PETA, Environmental Working Group, Occupy for Animals et Wikipedia (mulesing).

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Pour les alternatives à la laine, c’est ici :

Chaud, Ethique, Ecolo ? Yes we can !

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416 commentaires
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416 commentaires

Euterpe 23 janvier 2013 at 20 h 37 min

Atroce ! Je n’achèterai plus jamais de laine !

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 21 h 51 min

Bravo Euterpe !
Si tout le monde pouvait faire comme toi !..

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Claire 23 janvier 2013 at 20 h 54 min

Bonjour,
Merci pour cet article, très… instructif.
Mais j’avoue que j’aimerais beaucoup en savoir plus sur les solutions pour avoir chaud sans laine: en grande frileuse je compte dans ma pendrie pas mal de pulls en laine, que je ne demande qu’à remplacer par un équivalent vegan quand l’heure sera venue, mais par quoi? La polaire? Certes, c’est chaud, mais question style ce n’est pas terrible… (je ne connais que celles de Décath, qui ne sont pas particulièrement élégantes). Les pulls en viscose? J’ai toujours peur que ça bouloche/se détende/ne tienne pas assez chaud…
Et que tricoter comme fibre? (je n’aime pas trop tricoter le coton, question sensation: la laine glisse mieux, et j’ai l’acrylique en horreur)
Et d’ailleurs, j’ai la même question sur les chaussures: presque toutes mes chaussures sont en cuir: j’ai bien tenté le synthétique, mais les chaussures en question n’ont pas tenu plus de 6 mois alors que celles en cuir sont plus robustes, passent chez le cordonnier et ont une durée de vie de plusieurs années (et je sens moins des pieds)…

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 29 min

Bonsoir Claire !

Il n’y a pas que la polaire dans la vie ! (et d’ailleurs, c’est elle qui me faisait reculer à chaque fois que je me disais qu’il fallait que je remplace mes pulls en laine !)
Il y a bon nombre de matières naturelles ou synthétiques qui tiennent chaud et sont agréables à porter – le chanvre en est le meilleur exemple !

Et à tricoter, justement, j’ai l’impression que l’une des lectrices de ce blog et commentatrices de cet article (KeïKo) projette l’ouverte d’une boutique de pelotes en chanvre d’origine française sous peu !.. Affaire à suivre 😉

Idem pour les alternatives aux chaussures en cuir : il n’y a pas que les paires en plastiques à 10€ !
Oh la la, il faut vite que j’écrive cet article d’alternatives ! 😉

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Marie // 100% Végétal 23 janvier 2013 at 20 h 56 min

Bravo pour cet article complet, qui a l’immense mérite de présenter les choses objectivement sans faire la leçon pour autant. Et chapeau pour livrer un peu de toi, sous un angle que beaucoup chercheraient à masquer (quand on devient vegan il nait parfois cette angoisse de faire un truc « pas vegan » et d’être désapprouvé par les autres…) Car oui s’il y a bien un truc avec lequel il faut en finir pour pouvoir faire avancer les choses, c’est le jugement qu’on porte sur les autres, omnis ou vegans 😀 Nous devons considérer nos prises de consciences et nos choix comme des avancées sur nous même, et non pas que nous valons ainsi, mieux que les autres. J’ai hâte de lire ton article sur le sujet des vêtements, sujet à la fois épineux et tellement chouette 😀

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 00 min

Merci Marie, oui, tu as raison, c’est toujours délicat de se ‘livrer’ et d’avouer que, malgré l’image que l’on donne, on n’est pas toujours l’être ‘parfait’ que les autres attendent…
Quand on devient vg, il y a beaucoup de dilemmes qui se présentent à nous (porter ses vieilles fringues ou non, finir ses placards, être +- flexible dans les invitations et cadeaux, etc.) et il est parfois difficile de tous les affronter en même temps et de faire des choix qui nous correspondent réellement.
Je vois tout ceci comme un parcours, et il ne peut qu’être personnel : personne ne peut nous imposer d’avoir de l’empathie ou d’être sensible à une cause à laquelle on n’a pas été habitué plus jeune. Nous sommes nés dans un monde qui est tellement à l’envers ! C’est un chemin à faire seul, à son rythme, malgré les jugements qui peuvent nous tomber dessus. Il faut toujours toujours rester indulgent avec soi-même, il n’y a que comme cela que l’on peut progresser 😉

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gildo 16 février 2013 at 22 h 56 min

c’est vrai Ophélie tu as raison d’insister sur le fait que ton article est là pour informer et non pas clouer au pilori les personnes qui portent de la laine dans cet article ou mangent de la viande dans un prochain article. On ne doit jamais oublier que nous aussi nous avons portés (ou même portons pour certains) de la laine, du cuir et avons mangés un jour de la viande et chose importante que nous sommes tous des victimes d’un système. Les végans ne sont pas des homogenius, il représente juste une frange de la population (dans laquelle on retrouve comme ailleurs des sexistes, des racistes….) qui a pris conscience de l’existence d’un système généralisé de violence et d’oppression qui force les individus à participer à des pratiques inhumaines qui ne sont pas en accord avec leurs valeurs profondes. Maintenant comme toute minorité on se sent inévitablement différent pas mieux ou moins bien juste différent. Et malheureusement il y a des sujets de discussion ou la passion nous amène à commettre des maladresses dans nos discours ou nos attitudes mais c’est parce que nous avons les images à l’esprit en plus des mots. Melanie Joy dit qu’il est profondément injuste que ce soit à nous d’aller vers les autres, à nous de nous justifier et surtout à nous de porter ce fardeau qui nous fait souffrir chaque jour (qu’on le veuille ou non l’actualité, une image aperçu, une pub, une parole entendue, une discussion tenue nous fait revivre cette cruelle réalité). Lorsque l’on a pris conscience de ce qui se passe, on est plus jamais pareil.

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Antigone XXI 17 février 2013 at 21 h 07 min

Tu as totalement raison et je me dis que, vraiment, il faut que je lise le livre de Mélanie Joy. Ça me rappelle la semaine dernière, au sein de ma famille : une discussion sans queue ni tête qui s’enclenche de leur côté sur la consommation d’animaux, avec des blagues sur le fait de manger des chats, et je passe les détails glauques… Moi qui préfère d’ordinaire ne pas faire de vague avec mes proches, je ne sais pas si c’était parce que tout ceci était dit devant un tout jeune enfant ou autre, mais j’ai vraiment explosé… Une telle banalisation de la violence, qu’on puisse rire de la souffrance d’autrui sans même s’en rendre compte, m’a mis hors de moi. Evidemment, je me suis fait traitée de sectaire et d’extrémiste… 🙁
C’est bien vrai, c’est un fardeau, et parfois, j’aimerais seulement que ces personnes aient les images qui me viennent à l’esprit lorsqu’on parle de tout ceci… le monde tourne vraiment à l’envers, et, quand on est né là-dedans, il est vraiment difficile de changer de paradigme et de comprendre les choses autrement… Oui, on n’est plus jamais le même.

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gildo 18 février 2013 at 11 h 58 min

Concernant M. Joy. j’ai commencé par regarder ses conférences sur youtube avant de lire son livre (check ta messagerie). Et tout au long de ses conférences je me suis totalement reconnu dans son discours et sa relation avec les animaux, quel choc! M*****. Elle est posée, son approche est différente (psychologique), son discours est rationnel. Chaque mot est choisi avec une précision diabolique et chose essentielle, elle nous encourage à nous «challenger» tous les jours. C’est primordial pour défendre efficacement une cause. Il est évident que l’on ne peut pas se contenter d’une seule vision mais se priver de celle de M. Joy pour moi est une grosse erreur.

Sinon, comme toi, j’évite également d’en parler avec ma famille parce que cela dérape vite. On ne peut évidemment pas choisir pour une autre personne – et c’est encore plus vrai sur des thèmes aussi intimes – mais on peut par contre l’encourager progressivement à se renseigner et espérer qu’elle puisse, par elle même, prendre conscience de toute l’incohérence du système dont elle est victime et qu’elle finisse par oser ne plus regarder le monde à travers les yeux du carnisme mais bien ses propres yeux. Ce n’est pas si facile que cela c’est une vrai remise en question mais c’est très responsabilisant, incroyablement libérateur et aussi hélas douloureux. Le point positif, c’est que l’on a tous cette irrésistible envie de connaitre la vérité. Concernant la famille, je pense que la situation est vécue comme un échec des deux cotés. Du coté de la famille, l’enfant rebelle est perçu comme un marginal voir un extrémiste, une personne qui joue avec sa santé et qui se met au ban de la société en ne se rangeant pas derrière des habitudes majoritairement perçues comme des acquis – mais en omettant l’essentiel à savoir que cela reste un choix. Du coté du végane, on se reproche de ne pas être capable de mieux défendre cette cause – profondément juste – que l’on vit aussi intensément chaque jour. Si on n’arrive pas à convaincre notre propre famille, qui peut-on vraiment convaincre? Je vais essayer de trouver le court passage dans un podcast ou M. Joy rappelle la discussion qu’elle avait eu avec une de ses proches – elle lui rapportait qu’elle était profondément blessée par son attitude et lui demandait simplement de respecter son mode de vie végane de la même manière qu’elle respectait le sien même si elle ne le comprenait pas. Rien de mieux que de la sincérité pour avoir un vrai échange, il faut juste savoir mettre les formes.

N’hésites pas me faire des retours sur M. Joy, tu as l’air d’aimer te prendre la tête comme moi sur le sujet. Toujours intéressé pour avoir une autre lecture.

Antigone XXI 19 février 2013 at 11 h 58 min

Youhouuuu, je vais pouvoir lire M. Joy ! Un grand merci ! 😀
J’avais vu qu’elle était passée en conférence à Paris l’an dernier, mais comme j’avais déjà déménagé, je n’ai pu aller y assister… Je vais donc découvrir son livre avec un grand plaisir (et beaucoup de curiosité) ! J’ai beaucoup lu dans le domaine du véganisme et c’est vrai que, souvent, on en revient toujours plus ou moins au même type d’approche : je suis donc très intéressée par ce que tu dis de celle de M. Joy, et tiens, si j’ai le courage, j’en ferai peut-être une fiche de lecture sur le blog quand je l’aurai lu (et que j’aurai davantage de temps) 😉

Irrésistible envie de connaître la vérité, oui et non. Hélas, beaucoup d’entre nous veulent connaître la vérité, mais quand celle-ci est à ce point différente de l’ensemble des informations qu’ils ont reçues jusqu’à ce jour, le mécanisme d’auto-défense est puissant : le déni est alors plus fort, mieux vaut fermer les yeux plutôt que d’accepter de tirer le fil qui déroulera cette immense bobine d’une vérité qui fait mal à entendre.
Sinon, je suis assez d’accord avec ta description de la relation familiale car elle est proche de mon cas : perception de l’extrémiste marginal vs. vg passionné déçu de mouliner dans le vide avec ceux qu’on aimerait voir changer le plus car c’est ceux que l’on aime. De mon côté, j’avoue souffrir de la distance que je vois grandir entre moi et les miens à cause de ces sujets : c’est malgré moi, mais ces sujets sont si importants pour moi que c’est comme s’il y avait un point de non-retour qui, à un moment donné, fait que la communication n’est plus possible, sauf si elle se cantonne à des faits anodins (et encore…) Et puis, dur aussi de voir que tant de gens partagent mon point de vue ou bien que j’arrive, par les mots, à faire bouger certaines lignes, tout en restant dans une communication virtuelle, tandis que mes proches me prennent pour une folle. Heureusement, j’ai des amis plus ouverts ! 😉

gilette 5 octobre 2014 at 18 h 48 min

Sans me faire l’avocat du diable, il y a quand même des éleveurs qui prennent soin de leurs animaux, ne serait-ce que parce que c’est leur gagne pain, et il ne faut pas oublier qu’un mouton doit être tondu avant tout pour des raisons d’hygiène, comme un caniche d’ailleurs.

gildo 18 février 2013 at 17 h 22 min

j’ai finalement trouvé l’extrait dont je te parlais. L’interview est intitulé «The psychology of carnism with Melanie Joy» et tu peux télécharger le podcast ici (http://eatingconsciouslypodcast.blogspot.fr/2009/08/podcast-13-psychology-of-carnism-with.html). Le passage est autour de 20:30. Comme à chaque fois, on apprend plein de choses et l’interview mérite d’être écouté dans sa totalité. Dans mon précédent post, lorsque j’ai rebondi sur ta petite prise de bec familiale, je parlais évidement de ma propre expérience et des conclusions que j’avais tiré de mes trop nombreuses prises de tête. En me relisant j’ai eu le sentiment d’avoir tiré de grandes lignes sur des faits qui ne reflétaient que mon vécu.

Antigone XXI 19 février 2013 at 11 h 46 min

Super ! Merci beaucoup Gildo, c’est très gentil de ta part !
Je n’ai pas pu consulté mon blog et mes mails hier, alors j’ai l’impression d’avoir tout plein de cadeaux à lire et écouter d’un coup ! Merci ! 🙂

obiwoobi 23 janvier 2013 at 20 h 57 min

Merci pour cet excellent article que je garderai en lien. Je connaissais les pratiques, un peu moins la sociabilité du mouton.
@bientôt 🙂

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 21 h 54 min

Merci à toi !
De mon côté, j’ai ton article sur le cuir sous le coude !

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gildo 16 février 2013 at 23 h 10 min

je n’ai pas trouvé l’article sur le cuir dont tu fais référence Ophélie si tu (ou obiwoobi) peux me filer le lien, cela m’intéresse. Sinon pour le comportement notamment des moutons, je ne peux pas m’empêcher de citer le comportementaliste Jonathan Balcombe (très proche de Mercy For Animals) et Vinciane Despret qui a décrit dans un de ses livres l’étude de Thelma rowell une primatologue qui a étudié pdt je crois un an un troupeau de moutons. Si qqn à d’autres références, je prends.

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Antigone XXI 17 février 2013 at 21 h 01 min

Il s’agit de celui-ci !
Moi je prends aussi volontiers tes références ! 😉

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La laine | bathoriginal's Blog 23 janvier 2013 at 20 h 58 min

[…] et peut être de talent je ne l’ai pas fais. En revanche je viens de lire sur le blog d’AntigoneXXI un très bon article, clair et détaillé sur ce sujet. (cliquez sur son nom pour le […]

Répondre
lolotte 23 janvier 2013 at 21 h 02 min

Pas eu le « cran » de tout lire … Monde de merde … Enfin c’est nous qui en faisons un monde de merde surtout …

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 21 h 53 min

C’est dur, c’est très dur… j’ai dû me forcer pour aller jusqu’au bout de certaines vidéos.
Nous en faisons peut-être un monde de m… mais, en ouvrant les yeux, nous sommes capables de le changer ! Il suffit de petits pas… chacun…

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Rose Citron 23 janvier 2013 at 21 h 03 min

Bravo pour cet article extremement bien documenté.
Je me doutais que la laine était loin d’être éthique, mais je ne pensais pas que l’horreur allait si loin… C’est vraiment ignoble… Mais je pense que de nombreuses personnes ne sont pas sensibles à tout ça malheureusement(sinon les végés domineraient le monde^^).
De mon côté, je ne supporte pas la laine, ça me gratouille, heureusement, sinon, je pense que « naivement », j’en aurait dans mes placards… Je viens d’apprendre à tricoter, je serais donc vigilante à acheter des fils synthétiques ou de cotons…
Du coup, aurais tu des bons plans à nous faire partager sur les endroits où on peut trouver des alternatives à la laine, et même au cuir pour les chaussures ? J’ai du mal à trouver mon bonheur en chaussures éthiques… Même beyond skin ne me plait guère…

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 19 min

Merci beaucoup Rose Citron !
Oui, moi aussi, je t’avoue que, pendant longtemps, je ne pensais pas que l’on pouvait aller si loin dans l’horreur… et je me disais que je faisais déjà beaucoup ! Et bien j’ai honte d’avoir fait passer mon petit confort personnel devant tout ceci 🙁
Effectivement, les alternatives naturelles à la laine et au cuir ne semblent pas si simples à la première approche, et pourtant elles existent et elles sont nombreuses (et on trouve même de très chouettes choses !). Promis, j’écris vite un article là-dessus dès que je peux !

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bathoriginal 23 janvier 2013 at 21 h 05 min

Merci pour cet article très complet. Je me suis permis d’en mettre le lien sur mon blog. J’espère que cela ne pose pas de soucis.

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 00 min

Oh non, bien sûr, c’est super ! Merci beaucoup à toi !

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Zinnora 23 janvier 2013 at 21 h 05 min

Oh mon Dieu…
Voilà qui fait réfléchir 🙁
J’ai hâte de voir ton article sur les alternatives du coup!

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 01 min

Oui, je promets un article sur le sujet dès que possible !

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Lucie 23 janvier 2013 at 21 h 15 min

Merci pour cette prise de conscience, rude, mais nécessaire…
Est-ce que tu aurais quelques adresses / idées à partager concernant les matières de remplacement dont tu ventes les mérites ?

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 01 min

Je compte écrire un article complet là-dessus très vite ! 😉

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Val 23 janvier 2013 at 21 h 21 min

Oooh quel article!! Je vais t’avouer que je suis née et vies toujours en campagne, mais j’étais loin d’imaginer que l’on tondais les moutons avec toute cette violence !! (je n’ai même pas pu regarder toutes tes photos et vidéo tellement je suis sensible à cette cruauté!).
Ouff, je possède très peu de vêtements en laine, car elle me pique la peau (sauf un mérinos et un manteau!).
En ce qui concerne les vêtements bio, éthique, je leurs reproches de ne pas être très féminins !!! Les lignes sont rarement jolies, enfin c’est mon avis.
Ton article, m’a cependant ouvert les yeux, je regarderais l’étiquette de mes futurs vêtements et j’achèterais le moins possible d’articles d’origine animale sauf pour les chaussures car tout comme les vêtements, je n’ai encore jamais vu des chaussures féminines, à talon, version écolo surtout en pointure 43 !! Mais je suis preneuse de marques si tu en connais 🙂

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 24 min

J’ai eu beaucoup de mal également à tout visionner moi-même, si cela peut te rassurer… il n’y a pas de mots, c’est ignoble.
Ignoble de se dire que l’homme peut aller si loin en cruauté et barbarie. J’ai parfois tellement honte d’être humaine 🙁

Pour ce qui est des vêtements vg/écolo, j’ai longtemps pensé la même chose, et pourtant, je me suis rendue compte qu’il suffisait (comme pour la nourriture !) de se détourner des filières ‘classiques’ et l’on trouvait des merveilles ! D’ailleurs, mon manteau préféré est complètement vg et très féminin – et il est également bien plus chaud que tous les manteaux 100% laine que j’ai pu avoir par le passé !
Pour les chaussures de femme en 43, même non-éthique, ce n’est déjà pas facile… alors je te comprends ! Mais je vais regarder attentivement, promis !

J’écris très vite un article complet sur le sujet ! 😉

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Val 24 janvier 2013 at 10 h 01 min

V’oui v’oui v’oui écrit vite un article sur les vêtements vg/écolo, n’hésite pas à donner des marques car je suis vraiment intéressée !! En ce qui concerne les chaussures, effectivement j’ai en tout et pour tout 2 boutiques de chaussures qui soient dignes de ce nom alors en vg/écolo j’ai bien peur qu’il faut que j’oublie !! 🙂

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 10 h 26 min

Promis, ce sera fait, aucun souci Val ! 😉

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Clé 23 janvier 2013 at 21 h 49 min

Waouh alors là je tombe des nues, j’avoue que je ne m’étais jamais posée la question merci pour ton article! J’ai hâte de lire celui concernant les choix qui s’offrent à nous.

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 15 min

Promis, je l’écris bien vite ! 😉

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Saltaojos 23 janvier 2013 at 22 h 04 min

Le problème de la production des vêtements (matériaux animaux ou végétaux), c’est l’échelle : là aussi on devrait consommer local ! Il n’y aurait aucun problème si on avait la possibilité d’acheter notre laine à des éleveurs d’ovins locaux, ça se fait beaucoup pour l’alpaga, l’artisanat se développe en France dans ce domaine. Mais l’exploitation en masse est encore à la mode, j’espère que ça changera vite. On peut tondre un mouton si celui-ci est élevé dans des conditions dignes de son statut d’animal et si on ne le fait pas souffrir. Cela demande plus de temps bien sûr, mais ça permettrait de créer de nombreux emplois… On a tout à gagner dans l’artisanat, le vrai, le bon ! Et le bio, ce serait encore mieux 😀

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 13 min

(j’ai récupéré ton commentaire, ouf !)
Oui, tu as en grande partie raison : les problèmes ne seraient pas tels si l’on consommait à très petite échelle et de façon locale. Pour les alpagas, je ne connais pas le marché français en particulier, je sais juste qu’en Amérique du Sud, la demande a tellement explosé dans les années 80 que les animaux ont beaucoup souffert (et en souffrent toujours) de l’exploitation de leur laine.

J’ai en revanche visionné récemment une vidéo qui présentait un artisanat très local de laine angora : un lapin qui se faisait épiler pendant 2h à la main par une dame visiblement très attentive au bien-être de celui-ci. Au bout d’un quart d’heure, il s’endormait, bercé par les caresses… Je me suis dit qu’il y avait là une alternative éthique aux cages sur-bondées et à l’exploitation intensive qui fait énormément souffrir ces animaux, particulièrement sensibles au stress. Evidemment, cet artisanat est à toute petite échelle et il s’agit là d’une toute petite production. Mais je me suis dit que ce lapin n’était pas malheureux.

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Anne 24 janvier 2013 at 11 h 37 min

Pour compléter le commentaire de Saltaojos, avec lequel je suis complètement d’accord, je fais un peu de publicité pour une entreprise coopérative que je connait bien et qui s’appelle Ardelaine (http://www.ardelaine.fr/home.html). Ils sont basés en Ardèche dans un petit village qui tombait en ruine et qui a été repris par quelques familles dans les années 60. Ils ont restauré les bâtiments et ont créé Ardelaine afin d’aider à faire vivre les producteurs de laine de la région de façon éthique et équitable et afin d’avoir une source de revenu pour eux même. Ardelaine est l’un des premier exemple d’habitat collectif en France. Des tondeurs vont de mars à juin de ferme en ferme tondre les montons (la technique de tonte est la plus rapide possible et respectueuse de l’animal). La laine est ensuite ramené sur place où ils en font des matelas, couettes, vêtements…. J’ai moi même couette et matelas depuis des années, j’en suis ravie.

Anne

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 12 h 57 min

Merci de ce lien, Anne.
J’avais effectivement entendu parler d’ardelaine, et c’est une initiative très intéressante, qui agit sur plusieurs pans et permet de faire vivre une économie vraiment locale et éthique.
Bien sûr, j’aimerais savoir avant tout si les moutons exploités dans ce cadre finissent à l’abattoir ou s’ils meurent de façon naturelle. Si c’est la seconde option, alors je ne peux qu’approuver une telle entreprise !

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babette 24 janvier 2013 at 18 h 46 min

J’aimerais aussi savoir comment la vie de ces moutons se conclue.

Sada 10 février 2013 at 20 h 53 min

Vu qu’il y a de l’agneau dans le menu du restaurant associé à cette coopérative, je crois qu’on a la réponse malheureusement… 🙁

Antigone XXI 11 février 2013 at 9 h 38 min

🙁 …

gildo 16 février 2013 at 23 h 22 min

complètement d’accord avec toi mais j’en doute. Un animal qui est considéré comme une unité de production au sein d’une entreprise qui cherche à faire le maximum de profit ne peut pas être bien traité. C’est inévitable car le temps c’est de l’argent.

KeïKo 23 janvier 2013 at 22 h 11 min

Bonsoir et merci pour cet article!
Concernant mon regard sur la laine, j’ai eu un peu le même parcours que toi…
C’est en découvrant le mulesing que j’ai radicalement franchi le cap du véganisme, et cherché une alternative naturelle et sérieuse à la laine, en tant que tricoteuse… C’est alors que j’ai découvert que le chanvre a les mêmes propriétés thermorégulatrices que la laine (à savoir tient chaud quand il fait froid, et inversement tient au frais quand il fait chaud), c’est une fibre qui respire. En outre, c’est une plante qui s’adapte à tout type de sol et qui ne nécessite ni irrigation ni traitement phytosanitaire, et très peu d’eau. Bref! Je me suis mise en quête de trouver du chanvre à tricoter, et j’en ai trouvé, mais outre-atlantique et qui plus est teint chimiquement. Ce qui n’était pas franchement très écolo… Vu qu’il n’y en avait pas en France, ben on l’a fait ^^ (On devrait ouvrir la boutique sous peu…)

J’avais compilé sur mon blog quelques articles dans un « dossier laine », avec ton accord, j’ajouterais volontiers un lien vers le tien.

Bonne soirée à toi, à bientôt!

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 32 min

Merci beaucoup KeïKo !

Waow, je suis épatée par ton parcours ! Et surtout, je te remercie du fond du coeur d’avoir bien voulu te signaler par ce commentaire ! J’adore le chanvre même si je ne tricote pas moi-même (bientôt…) et que je me contente d’acheter des habits faits en chanvre, mais je suis sûre que des tas de personnes seront ravis de ton initiative ! C’est génial !

Aucun souci pour le lien, au contraire, ça me fait très plaisir ! Et de mon côté, je ne manquerai pas de faire un lien vers ta future boutique lors de mon futur article sur les alternatives à la laine !

Bonne soirée à toi !

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joliemargot 23 janvier 2013 at 22 h 13 min

Bon, j’ai même pas réussi à lire l’article jusqu’au bout et j’ai mal au bide… c’est bon! Terminé pour moi la laine!
En plus, en ce moment, je suis en plein questionnement, je suis végétarienne depuis une dizaine d’années mais pas végane… et j’ai une copine qui vient juste de se mettre au végétarisme et qui tend plus vers le véganisme et qui n’achète plus de chaussures, vestes, sacs en cuir, on en discute et ça pousse un peu plus ma réflexion que jusqu’à maintenant…parce que par flemme je n’ai pas réellement chercher de solution de remplacement. c’est ce que tu disais en première partie d’article on tend vers des idéaux, mais le chemin peut être long et difficile…

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Antigone XXI 23 janvier 2013 at 22 h 37 min

C’est un article très dur, mais il est – hélas – à l’image de la réalité, qui est absolument sordide.
Je comprends tous tes questionnements car je suis passée par là : même si l’on y voit souvent une attitude ‘extrême’, pour moi, le véganisme n’est que la simple continuité du végétarisme – du moins, le végétarisme éthique. Si l’on refuse de manger des animaux parce qu’on ne veut pas les faire souffrir, alors, une fois qu’on est informé, on peut mener le raisonnement au bout et en venir à la conclusion logique… Rassure-toi, ça paraît toujours difficile vu de l’extérieur, on a toujours un peu la flemme, mais, une fois qu’on est dedans, difficile de faire machine arrière, et le jeu en vaut la chandelle ! De mon côté, je ne me suis jamais sentie autant en paix avec moi-même que depuis que je suis devenue végane ! Il faut y aller pas à pas : suivre son rythme est primordial…
Courage !

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Anne 23 janvier 2013 at 22 h 52 min

Bonjour,
J’ai en effet entendu parler de la laine.
Personnellement, je ne m’habille que dans des enseignes éthiques. Mais je sais qu’il n’y a pas de label sur la laine. Alors j’ai posé qq questions au vendeur ( j’attends les réponses).
J’aimerais savoir si tu as trouvé qqch d’aussi isolant que la laine, d’aussi doux.
Quant au cuir, une amie vegetalienne m’a déconseillée d’acheter des chaussures en plastiques, car la peau ne respire pas dedans, on étouffe et c’est de la merde.
Ceci dit, il y a des marques haut de gamme dans les chaussures vegan, mais impossible faut avoir les moyens, et reste à savoir si le pied respire.
Sinon, j’ai banni les sacs en cuir et tout vêtement en cuir.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 9 h 50 min

Bonjour Anne,

Je serais très intéressée par les réponses que te donnera ce vendeur… Et oui, pour répondre à ta propre question, il existe des alternatives à la laine, aussi isolantes et aussi douces, et le chanvre en est un exemple parfait – mais plus d’informations sur ce sujet dans un prochain article, c’est sûr !

Moi non plus je n’aime pas les chaussures en plastique qui empêchent la peau de respirer et dont la production n’est pas du tout eco-friendly… mais là aussi, il existe des chaussures éthiques de bonne qualité, certaines à des prix élevées, certes, mais d’autres plus raisonnables, qui assurent un bon confort pour le pied et, surtout, qui ne s’usent pas si facilement !

Et bravo pour le boycott des sacs et vêtements en cuir ! Tu verras, les chaussures, ce sera le prochain pas ! 😉

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Céline 23 janvier 2013 at 23 h 11 min

Un petit mot rapide pour te féliciter de cet Article Très Très intéressant ! Je partage via Facebook ! Merci et j’attends avec impatience ton article sur les alternatives même si je vais surfer pour en trouver certaines ! Super super !

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 8 h 43 min

Merci à toi Céline !
Partage, partage ! Le plus de gens au courant, le mieux c’est !

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Olivia 23 janvier 2013 at 23 h 36 min

Voilà, la dernière bastion tombe, je suis convaincue, sans même avoir le courage de regarder les vidéos jusqu’au bout, c’est fini, déjà j’aimais bien les moutons, les petits agneaux sont siiiiii mignons, fini, plus de laine… mince alors, mais on vit dans quel monde, c’est horrible!?

Mais mon problème: avec ma soeur on a une marque de prêt-à-porter, déjà on a supprimé la soie (depuis toujours! beaucoup de clientes ignorent que la soie n’est « pas une fleur »), jamais utilisé de cuir bien entendu, et pour aller bien dans notre conviction végan, nous avons choisi délibérément de la fourrure de synthèse pour le col de notre petite veste… et on s’est fait agresser par des clientes incompréhensives…
Mais sur les manteaux il y avait un peu de la laine, on les avait « programmés » alors qu’on était pas encore vegan, il y a un an environ… on a sondé le terrain auprès de nos clientes: aucune ne pense qu’un manteau sans laine pourrait être chaud!

Quel cauchemar: nous allons certainement faire des manteaux sans laine l’année prochaine, on est vegan ou on l’est pas, mais les clients vont-ils suivre? Notre marque est jeune, on est fragiles, nous ne pouvons pas nous permettre de nous retrouver avec un stock de manteaux invendus pour cause de bêtise humaine…

Car pour devenir une marque 100% vegan, il faudrait quand même espérer que l’esprit de certaines clientes évolue…. on croise les doigts…

Merci pour cet article… moche à voir, mais vaut mieux voir que faire semblant que ça n’existe pas…

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 9 h 59 min

Bonjour Olivia et merci beaucoup pour ton commentaire !

Alors, d’abord, je suis allée voir ton site et – waow – je suis impressionnée par vos créations ! C’est sublime ! J’adore la découpe des manteaux et vestes, et la finesse de certains vêtements, superbe, vraiment !

Je comprends ton problème et ton dilemme, mais je pense qu’il faut retourner les choses et faire, de ce qui peut, a priori, apparaître comme un désavantage, un atout. Et en particulier dans le style gothic-chic de vêtements que vous proposez, cela peut très bien fonctionner.
Plutôt que dissimuler plus ou moins le fait que vos vêtements ne contiennent pas de laine, au risque de duper vos clientes, pourquoi ne pas en faire votre force ? En étiquetant clairement que votre marque est ‘cruelty-free’, vous pouvez très bien y gagner ! D’abord parce que c’est un marché de niche : il y a très peu de marques 100% vg en France et, potentiellement, un nombre croissant de demandes pour ce type de consommation.
Ensuite, parce que je pense que, s’il y a des gothiques qui cherchent des vêtements non-vg, il y en a aussi une grande majorité qui sont sensibles à la cause animale et qui sont prêts à soutenir une marque qui présente une ligne qui corresponde à la fois à leurs critères esthétiques et à leurs principes moraux (c’est moi ou il y a vraiment beaucoup de goths parmi les véganes ?)
Vous perdrez peut-être des clientes, mais je suis sûre que vous en gagnerez en contrepartie beaucoup !

Bon, évidemment, je ne suis pas sûre à 100% de ce que j’avance-là, mais c’est une idée, disons, qui se tient, à mon avis.

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Olivia 24 janvier 2013 at 21 h 48 min

Merci pour ta réponse, et contente que notre collection te plaise!

C’est en effet la décision que nous comptons prendre. On est vegan ou on l’est pas, c’est tout. On va voir si la clientèle est assez « intelligente » pour comprendre… il faut dire que nous attachons beaucoup d’importance à la qualité des tissus: par exemple nous avons dans notre collection une robe dont tout le monde pense que c’est de la soie: eh bien non, c’est du bambou, mélangé à quelques fibres très modernes, un tissus japonais qui en plus passe en machine… une bonne surprise donc!

J’ai eu des clientes qui fondent en larmes quand on leur explique comment on récupère du fil de soie – et d’autres qui nous traitent de tous les noms parce que c’est de la fourrure de synthèse… l’écart est grand!

On songe peut-être à du « tout-venant-sauf » pour le manteau, un peu comme « Lush » propose une grande partie de ses produits vegan sauf quelques uns. Dès le début nous nous étions engagées à choisir des tissus de haute qualité, teintures respectant la nature, voir colorations naturelles, coton bio, et aussi pour le tissus laine (60% laine) nous nous étions tuées pour trouver de la laine issu d’une fabrication équitable, correcte d’un point de vue éthique. C’est sur, nous n’étions pas la lors qu’ils ont tondu les moutons, mais comme c’est une toute petite entreprise j’ai presque envie de me « consoler » en me disant que ces moutons la ont quand même eu plus de « chance » (ou moins souffert plutôt) que tant d’autres…
Mais la décision est prise, c’est sur, notre marque va rester sur sa lancée, on veut parvenir à un résultat qui nous ressemble.

Personnellement je suis vegan depuis mai. Je confirme, je me sens mieux et en plus je suis plus heureuse. Le saut a été rapide, du jour au lendemain: j’ai compris que je n’en voulais plus de cette violence dans ma vie.

En tout cas, bravo pour ton blog, que je suis assidûment!

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 22 h 09 min

Oooh, ta réponse m’enchante !

C’est super ! Je pense que vous serez surprises de la réaction de vos clientes : certaines prendront peut-être la poudre d’escampette, mais je suis sûre qu’un nombre bien plus important accourra !
Une marque végane en France, ça ne court pas les rues, tout de même ! En tout cas, moi, je ne manquerai pas de m’en souvenir 😉

Pour ce qui est de la laine, j’ai regardé effectivement la provenance de celle que vous utilisez dans certaines de vos pièces (Italie, je crois) et l’on peut donc espérer, effectivement, que les animaux soient mieux respectés que dans l’ensemble de la filière classique. De toute façon, il n’existe pas de label de protection animale en ce qui concerne la laine : les critères pris en compte sont l’impact environnemental et l’éthique sociale. Alors je crois que votre choix est mille fois plus ‘sûr’ en matière de bien-être animal que la grande majorité de la voie traditionnelle !

Le parallèle avec Lush me semble bon, en effet, et je vous encourage en tout cas à vraiment clamer vos choix haut et fort : je suis certaine qu’à terme, vous ne serez pas perdantes.
(je croise les doigts ;-))

Merci beaucoup en tout cas et une très bonne continuation !

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Sylphide 25 janvier 2013 at 15 h 27 min

Hihi Olivia ^^ moi je vous soutiens de tout coeur, toi et Vivien, vous le savez ! Leurs vêtements sont de très belle qualité, je peux le certifier, et ce sont deux filles adorables qui mettent tout leur coeur dans ce qu’elles font. Je pense aussi que c’est dans votre intérêt d’afficher vos convictions ! <3

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Olivia 25 janvier 2013 at 21 h 09 min

Merci à vous deux!

C’est vrai, c’est pas tous les jours facile, et tenir le pas contre la « rude concurrence » qui ne connaît pas de scrupules, et qui fonde sa réussite sur la souffrance (animale ET humaine!!) c’est dur, mais jamais on aurait crée une collection de prêt à porter si c’était pour aller dans le même sens que « tout le monde » ou presque. Le but est ailleurs.
On commence de plus en plus à afficher nos convictions, vivement qu’on ne passe plus pour des folles 😉

Pour le coup la collection été sera 100% vegan! Ne reste plus qu’à régler la prochaine collection hiver: un 99% vegan est assuré d’ors et déjà, on verra si on arrive à faire le sans faute…

Et pour finir, en effet, nos laines sont italiennes, on nous promets que les moutons vivent tranquillement sur des pâturages, et sont tondus à la main « à l’ancienne ». Que pour chaque mouton on prends le temps qu’il faut pour le tondre. Allez, essayons d’imaginer que c’est vrai… j’espère que ces pauvres petits moutons ne m’en voudront pas de ne pas avoir voulu savoir combien ils peuvent souffrir….

Sinon, aurai-je encore le courage de compter des moutons pour m’endormir?
😉

Antigone XXI 25 janvier 2013 at 21 h 30 min

Les compter pour s’endormir, je ne sais pas, de mon côté, en ce moment, j’en rêve tout le temps, des moutons !

Je veux bien croire, effectivement, que ces moutons sont bien traités, surtout par rapport à l’immense majorité de leurs confrères sur le reste de la planète… Après, le mieux serait qu’il vive leur vie jusqu’au bout… et que celle-ci ne soit pas écourtée par le couteau du boucher 🙁

Super nouvelle pour la collection 100% végane !
Et un 99% en hiver permet de satisfaire tout le monde, vg comme non-vg, chacun y trouvera son compte, en définitive ! Bravo !

Juste une mini-question, j’ai re-farfouillé un peu sur votre site (je ne me lasse pas de vos collections !) et j’ai vu une robe en velours de soie… si ce n’est pas de la soie, qu’est-ce que c’est ? 😮

Saveurs Végétales 23 janvier 2013 at 23 h 47 min

Ophélie… J’ai envie de gerber… cet article est dur, très dur, je ne vais pas bien dormir du tout cette nuit et toutes les autres à venir (mais qu’importe … car moi j’aurai encore mon arrière train demain matin, on ne me saignera pas, on ne me torturera pas cette nuit…). j’ai un énorme problème avec tout ça, toutes ces horribles histoires de violence envers les animaux, je ne les comprend pas, je ne les acceptes pas, pire elles me font détester atrocement le monde dans lequel on vit…
« Un homme cruel avec les animaux ne peut être un homme bon » (Gandhi)
Je n’étais pas au courant de tout ça, je suis encore un bisounours sur certains aspects. Non pas que je me voila la face (même si je déteste regarder cette si triste et violente réalité en face…), non c’est juste que je ne soupçonnes pas l’ampleur énorme de la réelle violence qui puisse exister sur cette terre. Je suis si triste, vidée, écœurée, ce monde a des cotés pourris jusqu’à la moelle…
« La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réfléxion » (Pierre Rabhi)
Je te laisse avec des larmes plein les yeux…et je te remercie de me les avoir ouverts, les yeux…
Des bisous tous doux

Répondre
Antigone XXI 24 janvier 2013 at 9 h 46 min

Oh, je suis tellement désolée Ellen que mon article t’ait fait un tel effet…
J’ai été, comme toi, absolument écoeurée de cette réalité et, dans un premier temps, j’ai éprouvé un profond mouvement de rejet envers le monde qui nous entoure.
Et pourtant, ce rejet, cette colère, c’est aussi notre force. Parce que nous avons le savoir, nous avons aussi le devoir de le transmettre et puis, surtout, le pouvoir de faire bouger les choses.
Ne nous voilons pas les yeux et faisons en sorte que le maximum de gens aient la capacité d’ôter leurs oeillères, car il existe des alternatives et plus nous serons nombreux à nous tourner vers elles, plus elles seront nombreuses, elles aussi. Nous avons le pouvoir de dire non.

Merci pour ces deux citations, douce Ellen. Gandhi et Rabhi sont deux personnes pour lesquelles j’éprouve un respect profond, et j’aime toujours à retrouver leurs traces où que j’aille. Oui, tous deux ont bien raison, et il est important de comprendre vraiment leurs paroles. On se moque trop du ‘sentimentalisme’ des vg, de leur amour ‘mièvre’ pour les animaux… on ridiculise par-là même notre combat : ce n’est pas parce que j’aime les animaux que je refuse leur exploitation, mais parce qu’il n’est pas normal d’exploiter d’autres êtres vivants, sous prétexte d’une quelconque infériorité, tout simplement.

Bisous à toi, Ellen, et pardonne-moi, encore.

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Saveurs Végétales 25 janvier 2013 at 9 h 58 min

Coucou Ophélie,

Tu sais quoi ? J’ai été obligé de fermer les yeux tout en faisant défiler ton article jusqu’au bout… tout ça afin de venir voir si tu m’avais répondu…

Je te pardonnes bien sûr 😛 mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à voir des images « chocs » chez toi (pour la prochaine fois, je saurais et je demanderais probablement à l’un de mes proches de checker pour moi avant et peut être de me faire la lecture avec quelques « Biiiiiip » ;)) Oui, je suis ultra sensible la dessus (des événements de mon enfance y ont bien contribués).

Tu sais quand j’étais petite, je ne comprenais pas pourquoi ça ne choquait personnes qu’on tue des animaux (les coups de fusils dans la forêt juste derrière mon jardin en période de chasse, les meurtres dans les clapiers des petits lapins, les petits chatons qui venaient de naitre et qui soudainement disparaissaient…) et je me croyais complètement anormale, j’étais la seule à éprouver ça… surtout que l’on se moquait beaucoup de moi, et on ne m’épargnait pas du tout, bien au contraire on me mettait tout ça sous le nez (ma nounou était fermière…), afin que je devienne comme les autres et que je rejoigne le « troupeau » (que j’étouffe ma sensibilité ? que j’oublie que j’ai un cœur ?). L’effet totalement inverse s’est produit : je suis devenue hyper sensible et je suis marqué à vie… Aujourd’hui, à 32 ans, je commence seulement à assumer ce que je ressens, à en parler (mon blog est une façon parmi d’autre d’extérioriser tout ça, je crois…) et à comprendre que c’est eux qu’il faut « soigner, pas moi…

mais bref ne confondons pas Antigone XXI & thérapie 😉

Je te félicites encore une fois pour la qualité de tes articles et leur pertinence. Oh, j’y pense, je ne crois pas que tu sois sur twitter, mais saches que ton article y circule beaucoup 😉

Enfin, donc me revoilà.

Crois – tu que nous ayons le pouvoir de changer les choses ? J’aimerais tellement te croire… Mais je pense que c’est aussi pour ça que je me sens totalement grisée, c’est parce que la cause animale n’est pas beaucoup prise au sérieux. C’est tellement triste,frustrant révoltant. Comme tu dis : « on ridiculise » le combat, oui c’est tout à fait ça, et du coup on le minimise aussi : « il y a tellement d’autres causes à combattre en priorité… » Grrrrrr et pourquoi pas les combattre en parallèle ? Pour qui se prennent-ils pour déterminer quelle est la priorité d’ailleurs… C’est tellement encré dans les mentalité et dans les cultures d’exploiter les animaux, de leur faire subir les pires sévices & violences et d’en tirer « profit » au maximum (sans se soucier le moins du monde des leurs sentiments, de leur douleur.. : des dents de crocodiles, en passant par la fourrure de toute petite bête douce à caresser, jusqu’aux défenses des éléphants…

J’aimerais tellement avoir du pouvoir la dessus. J’ai tellement peur que rien ne bouge vraiment. Je garde espoir, bien sûr… et tu as raison, nos petites contributions peuvent contribuer à faire reculer ce monde barbare…
Je laisse d’ailleurs la parole à Confucius… 😉 « Celui qui déplace la montagne, c’est celui qui commence à enlever les petites pierres » …

Grosses bises Ophélie et passes un très bon week end 🙂

Répondre
Antigone XXI 25 janvier 2013 at 16 h 41 min

Tu sais, si ça peut te rassurer, Ellen, je t’avoue que j’ai parfois caché de ma vue l’image sanglante que j’ai affichée ici pendant que j’écrivais l’article… et mon chéri n’a pas encore eu le courage de le lire !
Si tu veux, la prochaine fois, je te préviens à l’avance, promis ! 😉

Tu sais, c’est une immense qualité d’être hyper sensible. On essaie trop de faire de nous des ‘durs’, dès notre plus jeune âge, et on moque les gens qui feraient preuve de trop d’empathie. Quelle erreur ! C’est grâce à ces personnes que les choses bougent !
Tu n’as effectivement pas l’air d’avoir été épargnée étant petite… De mon côté, mon père tournait souvent en dérision tout ce qui touchait aux animaux (je me souviens d’un poème avec ces vers : ‘La biche brame au clair de lune / Et pleure à s’en fendre les yeux, / Son petit faon délicieux / A disparu dans la nuit brune’… et mon père changeait la fin en : ‘A disparu dans la sauce brune’… 🙁 ) et j’étais très sensible aux injustices : je ne comprenais pas pourquoi les adultes pouvaient abuser de la faiblesse des enfants et d’user de la force physique sur eux, et mon rêve était de faire partie d’une minorité que j’aurais défendue… gauchère, noire, aveugle… j’étais un peu zarbi, j’avoue ! ;-))

Oui, nous avons le pouvoir de faire bouger les choses. Il ne faut pas se laisser abuser par ceux qui tournent en dérision nos combats : ceux-ci sont tellement légitimes ! N’ayons pas honte ! Assumons sensibilité et empathie, c’est notre force ! Pour moi, le combat envers les animaux et les hommes ne sont pas deux combats différents : je veux une Terre plus juste, où l’on ne laisse pas mourir de faim une partie de l’humanité en nourrissant nos bétails et nos voitures de ce qui pourrait nourrir d’autres êtres vivants. Et celui qui torture les animaux n’est pas en mesure de respecter les autres hommes et la planète.

Confucius a bien raison : chaque pierre compte ! La montagne n’est rien si on n’y voit qu’un amas de galets : chacun, nous pouvons déplacer un de ces galets, et réunis, nous les déplacerons tous.

Un très bon week-end à toi et plein d’espoir ! 😉

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Saveurs Végétales 28 janvier 2013 at 22 h 02 min

Merci pour ta réponse Ophélie 😉
Tu as tellement raison… Cette sensibilité, le fait d’avoir le cœur littéralement arraché dès que l’on touche aux animaux…tout ça fait de nous une force, et une force inébranlable. Plus nous sommes sensibilisé à un sujet et plus nous pouvons avoir du poids et combattre avec puissance… J’en prend conscience grâce à toi… Il faut dire que mon p’tit cœur à moi, il devient tellement mou de tristesse dès que l’on aborde ce sujet, que je me sens totalement impuissante… C’est pour cela que j’admire les gens comme toi, tu sais mettre ta sensibilité de coté pour pouvoir dénoncer toutes ces horreurs. Moi j’en suis malheureusement incapable… je suis tétanisée à l’idée de devoir regarder à nouveau cette photo par exemple…Mais ouf, il y a plusieurs façons de combattre… Je te promet de faire suivre chacun de tes articles de ce genre, ce sera ma façon à moi de te soutenir et de participer encore et toujours au combat … Et puis peut-être qu’un jour je trouverai le courage, et je puiserai la force dans ma tristesse et dans mon hypersensibilité pour pouvoir dénoncer + ouvertement cette immense injustice et ces horribles sévices…
Je t’embrasse, et te félicites et remercie encore pour ton formidable travail.

Antigone XXI 30 janvier 2013 at 18 h 39 min

Tu sais, Ellen, je suis sûre que ton ‘petit coeur tout mou’, et bien, en fait, il recèle d’une très grande force ! Tout ce que tu fais en faveur d’une alimentation végétale (je me souviens de ton article sur les animaux !) le prouve – et pas besoin de regarder des photos d’animaux mutilés pour cela ! Je te rassure, je ne passe pas non plus ma journée à ça… et j’ai souvent du mal avec les discours sanguinolents et agressifs de certains véganes… je préfère axer sur la positivité de l’alternative !

Merci encore douce Ellen, et à bientôt !

gildo 16 février 2013 at 23 h 50 min

Sentimentaliste, c’est comme cela que les esclavagistes aux États Unis appelaient les abolitionnistes. Le carnisme a la même structure que le sexisme ou le racisme et ce n’est donc pas un hasard si les mêmes schémas reviennent.

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Lydia 23 janvier 2013 at 23 h 53 min

Euh… la tricoteuse que je suis ne peut pas rester sans réaction face à cet article. Vous dénoncez ici des pratiques (shearing, mulesing) qui sont certes courantes en Australie et en Nouvelle-Zélande mais qui n’ont plus cours dans bien d’autres pays. Il existe actuellement sur le marché quantité de fils obtenus dans le respect de l’animal, dans de petites exploitations où tout est fait de façon propre et éthique. Et si vous commencez à regarder les étiquettes de vos pulls, vous verrez que ce que, souvent, vous croyez être de la laine est de l’acrylique à 80 %. Du plastique, donc. Dans ce secteur, comme dans n’importe quel secteur de consommation à l’heure actuelle, il est judicieux de faire la différence entre les pratiques utilisées par les producteurs à grande échelle, qui sont souvent bien plus barbares (et polluantes), que ce qui se fait à petite échelle. Trouver de la laine « propre » c’est moins facile, certes, mais c’est largement faisable. Surtout en Europe. L’information c’est bien, la généralisation, par contre, ça l’est un peu moins !!!!

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 9 h 32 min

Merci beaucoup Lydia de ce commentaire très intéressant, et auquel il y aurait plusieurs choses à répondre.

D’abord, deux toutes petites nuances : d’une part, la pratique du mulesing tend à disparaître de Nouvelle-Zélande, et c’est surtout en Australie qu’on la retrouve (une large partie de la laine achetée, sous forme de produits finis ou de pelotes, sur nos marchés européens) et, d’autre part, le shearling est hélas un procédé répandu absolument partout, et pas seulement de l’autre côté de la Terre… nous n’avons qu’à regarder la mode des manteaux en peau de mouton retournée et des bombers (exemples ici) pour se faire une idée de la popularité de ce procédé.

D’autre part, vous avez raison dans la mesure où ce dont parle cet article ne concerne pas tout le marché de la laine mondial, mais je dois dire que, hélas, il en concerne l’immense majorité (99% environ / on retrouve les mêmes proportions que pour les poules de batterie / poules bio en liberté). Je ne sais alors s’il faut parler de ‘généralisation’, au sens où la laine éthique, bio et responsable ne constitue – malheureusement – qu’une toute petite minorité de la laine qu’on trouve sur le marché.
J’ajouterai à ce sujet que, si les consommateurs désirent se tourner vers ce second type de production, il est bon qu’ils soient mis au courant de la réalité des choses : ils ne se tourneront vers des petits producteurs soucieux de l’environnement et du bien-être des animaux que s’ils comprennent pourquoi la très grande majorité de la laine du commerce n’est pas du tout éthique. On peut faire un parallèle ici avec la filière de nourriture bio : ce n’est que lorsque les consommateurs sont conscients des risques induits par l’agriculture de masse conventionnelle qu’ils peuvent décider, en toute connaissance de cause, de se tourner vers l’agriculture biologique.

De plus, attention tout de même : ‘bio’ ne signifie pas forcément ‘éthique’. Comme je le mentionnais dans un autre commentaire : on peut produire sans pesticides en respectant des chartes écologiques sans toutefois avoir recours à des procédés éthiques (ainsi les fraises bio d’Espagne sont-elles issues, dans la majorité des cas, de filières intensives et sous serre). Combien, parmi les petits exploitants de moutons destinés à la laine, font le choix de ne pas envoyer leurs moutons à l’abattoir ? Combien de moutons meurent ainsi de leur belle mort ?

Je suis donc d’accord avec vous : il faut distinguer les grandes des petites exploitations, et il ne faudrait pas généraliser à outrance. Toutefois, l’idée qu’une laine parfaitement ‘propre’ est ‘largement’ facile à trouver n’est pas vraie : pour ma part, je ne porterai de laine que si je sais qu’elle est issue d’une exploitation où les animaux bénéficient d’anesthésie pour le marquage comme pour la castration, qu’on les revêt d’une protection isolante individuelle une fois tondus, et qu’ils meurent de leur belle mort. Beaucoup de conditions qui ne sont pas souvent rencontrées… même dans le bio 🙁

Et enfin, je suis d’accord, les matériaux synthétiques issus de la filière pétrolière ne sont pas une alternative qui me satisfassent. Pour ma part, j’évite le plastique comme la peste (sauf si celui-ci est recyclé), mais je sais qu’il existe d’autres alternatives naturelles et éthiques qui méritent largement qu’on s’y intéresse de plus près – le chanvre en est un bon exemple. Suite au prochain article… 😉

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Lydia 24 janvier 2013 at 9 h 45 min

Merci Antigone pour cette réponse très claire. En tant que tricoteuse, ma vision est peut-être un peu biaisée dans la mesure où si, justement, je vois de plus en plus de passionnés du fil, qu’ils soient consommateurs ou producteurs, se tourner vers des démarches plus respectueuses de l’animal comme de l’environnement. C’est ce constat qui me fait dire que ce type de fil est facile à trouver, mais encore faut-il, en effet, être capable de le tricoter/crocheter ensuite.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 10 h 34 min

De rien Lydia !
Tu sais, moi aussi, ma vision est souvent biaisée : étant donné qu’à travers mon blog, je suis constamment en liaison avec des personnes qui consomment bio, sont souvent végétariennes ou véganes, et qui sont très sensibilisées aux questions éthiques et environnementales, j’ai parfois tendance à vouloir croire que ces passionnés sont la majorité des gens. Hélas, ce serait bien beau si cela était vrai ! Et c’est justement pour que cette minorité devienne la majorité un jour que je tente de sensibiliser autant que possible.
Pour beaucoup, avoir des vêtements, cela signifie : Zara, Mango, Kiabi ou Carrefour… 🙁
Peu de gens ont la capacité de faire leurs propres vêtements et, également, la volonté de se pencher sur les matériaux utilisés. Bravo à toi et j’espère que de plus en plus de gens emprunteront ta voie !

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Mathilde 24 janvier 2013 at 1 h 18 min

Effroyablement intéressant.

Je me permets tout de même de penser que la fautive dans l’histoire n’est pas la laine, mais les hommes qui agissent de manière cruelle et irresponsable. C’est eux qu’il faut combattre. Il me paraîtrait plus judicieux de se tourner vers de la laine Bio que de la boycotter aveuglément comme je lis dans certains commentaires.

Ayant un oncle berger, je peux témoigner que la tonte peut se faire dans des conditions tout à fait bonnes, et il serait dommage, en boycottant tout en bloc, que cela retombe aussi sur ceux qui font leur boulot avec passion et respect.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 9 h 01 min

Oui et non… 😉

Effectivement, tu as raison, les principaux responsables sont les hommes qui créent ce marché dans le but d’en tirer profit, sans se soucier un quelconque instant du bien-être des animaux qu’ils exploitent.
Ensuite, il faut savoir que la filière ‘classique’ de la laine constitue à peu près 99% de la laine que nous consommons… 1% restant seulement pour de la laine éthique et biologique…

Et attention ici à une chose tout de même : biologique ne veut pas forcément dire éthique ! Il est des exploitations bio qui n’ont absolument rien d’éthique, où les agneaux sont castrés sans anesthésie et les bêtes envoyées à l’abattoir dès que leur pelage ne répond plus aux critères de rentabilité… Combien de moutons exploités pour leur laine meurent de leur belle mort ?

Une autre question également : prévoit-on toujours une protection individuelle pour les moutons fraîchement tondus ? La laine est une isolation thermique pour les moutons, qui les protège du froid en hiver comme du chaud en été… sans laine, sont-ils en mesure de se protéger ainsi des différentiels de température ?

J’espère, avec cet article, que les gens décideront de boycotter la grande majorité de laine qu’on trouve dans le commerce et qu’ils se tourneront, soit vers des modes de production vraiment éthiques et responsables comme le métier de ton oncle l’illustre, soit vers des matériaux non issus des animaux. Mais il faut tirer la sonnette d’alarme vis-à-vis de la grande distribution !

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babette 24 janvier 2013 at 4 h 38 min

Je te remercie énormément pour cet article. Je n’ai jamais fait de recherches approfondies sur la question, j’avais plutôt lu des petits résumés ici et là et j’avais besoin qu’on me rafraîchisse la mémoire. Je saurai où diriger les gens qui me poseront des questions sur la laine.

C’est vraiment incroyable tout ça… et j’ai bien du mal à croire qu’on expédie les moutons de l’Australie jusqu’au Moyen-Orient pour les abattre. Ça n’a aucun sens.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 8 h 51 min

De rien Babette !
Oui, c’est incroyable, une bien triste réalité… et ça n’a aucun sens, sauf, si, bien sûr, on ne prend plus en compte le bien-être des animaux… reste le profit, cet absurde profit 🙁

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Charlotte 24 janvier 2013 at 8 h 56 min

J’entends parler d’Australie par ici ? J’accours ! 😉

Mais avant, je voulais te remercier pour ce post courageux. Il est plus facile de parler de jolies recettes que de risquer de perdre une partie de ses lecteurs en jouant les « rabat-joies » de service et en diffusant des images choquantes.
Ensuite, j’avoue être mal à l’aise avec ton article : je me retrouve il y a quelques années, devant la grosse question de la viande. Je voyais bien pourquoi arrêter, mais j’avais encore des doutes Je cherchais des arguments qui me permettraient de continuer à manger de la viande sans culpabiliser.

Donc devant ton article, j’ai quelques résistances. Tout d’abord, je veux croire qu’il y a encore en ce bas monde des artisans qui aiment leur métier et qui ont AUSSI conscience de la souffrance animale. Comme l’a dit Saltaojos un peu plus haut, c’est la production à grande échelle le problème. Je veux croire que l’on puisse trouver des produits laineux issus d’une production toute petite, et surtout, éthique. Certes ils seront probablement plus chers. C’est comme les oeufs et le miel : il y a des apiculteurs passionnés qui protègent leurs abeilles (et qui fournissent des habitats aux colonies d’abeilles sauvages par exemple). Il y a aussi des oeufs issus de poules heureuses : d’ailleurs un jour je ferai des omelettes avec les oeufs des miennes qui gambaderont fièrement dans le jardin et qui mourront d’une mort naturelle. En d’autres termes, ça n’est pas parce qu’il y a un énorme pourcentage de pratiques abusives dans une industrie que je veux boycotter celle-ci (surtout si elle peut être proche de la nature).

Ensuite pour les alternatives au cuir et à la laine en plastique, j’ai un peu de mal. J’ai plutôt tendance à bannir le plastique de ma vie. Je suis sensible à la souffrance animale, mais aussi au pic pétrolier… (mais j’attends avec impatience tes bonnes adresses pour le chanvre, car j’ai encore en tête ton joli manteau rouge !).

Et enfin pour l’Australie : le muesling est en effet une vraie cochonnerie mais à ma connaissance ils ne font pas tous ça. Pareil pour l’export d’animaux vivants : c’est vraiment au coeur de l’actualité ici, ils ont diffusé des documentaires épouvantables à heures de grande écoute (il parait, je n’ai pas voulu les voir, bien que je ne doute pas de l’atrocité des actes), et il y a des pétitions qui passent à ce sujet. Mais tous les troupeaux ne sont pas exportés.
Disons en gros que j’ai très envie de condamner tous ces actes de barbarie, mais que je n’arrive pas à condamner le métier. Il me semble que ça pourrait se passer comme on se l’imaginait : l’animal donne un peu sa laine à l’homme qui le nourrit.

En tout cas encore une fois bravo pour ton article qui m’a appris beaucoup de choses, et j’espère que tu ne prendras pas mon commentaire pour une attaque.
🙂

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 10 h 24 min

Ha ha, tu m’as fait rire : ‘Australiiiiiie !!!’ 😉

Merci beaucoup pour ton message. Effectivement, pas un sujet facile à aborder – c’est tellement plus aisé que de montrer des gâteaux et autres régalades – mais il me tenait à coeur et puis, cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit d’article ‘de fond’ et ça m’avait manqué ! J’ai hésité un peu pour les images… mais je pense que les mots parfois ne suffisent pas et qu’ils faut des ‘électro-chocs’ plus percutants.

Je comprends ton malaise, ainsi que tes résistances… car j’ai eu les mêmes. Il y a quelques mois, à l’égard de la laine, il y a quelques années à l’égard des produits animaux. Et j’ai longtemps, moi aussi, cherché comment me déculpabiliser.

Comme tu pourras le lire dans les commentaires précédents, certes, toute la laine dont nous nous habillons ne provient pas d’exploitations intensives… mais 99%, si. Tous les producteurs ne maltraitent pas leurs animaux, mais beaucoup les envoient à l’abattoir dès que leur laine laisse à désirer. Tous ne font pas ce métier par profit, mais hélas, le nombre de bergers indépendants qui produisent une laine biologique, à toute petite échelle, sans exploiter à outrance leurs bêtes ni écourter leur espérance de vie, est très, très réduit.

Alors, comme pour les produits animaux dont nous nous nourrissons, il faut savoir, savoir que l’immense majorité de ces produits cache une bien dure réalité. Et pour choisir de porter ou de travailler, s’il en existe, une laine ‘éthique’, il faut être conscient de ces choses, afin de pouvoir décider, en toute connaissance de cause.

Moi aussi, dans ma vie de rêve, je souhaite de pouvoir un jour recueillir une chèvre ou des moutons que je nourrirai et que j’aimerai. Si je choisis, un jour, de les tondre, je les protégerai afin qu’ils ne souffrent ni du froid ni du chaud (tu n’aurais pas froid à la tête, toi, la boule à zéro et sans bonnet en hiver ?). Si j’ai des poules et qu’elles me donnent des oeufs non fécondés, je les mangerai et je les laisserai, bien évidemment, mourir de leur mort naturelle. J’espère, un jour, pouvoir avoir cette opportunité, mais, en attendant, faute de mieux, je me tourne vers ce dont je sais causer le moins de mal possible. Si un jour je tombe sur le chemin d’un berger dont la relation à ses moutons correspond parfaitement à mes principes moraux, alors je ne m’empêcherai pas de porter de la laine.

Je suis archi anti-plastique, moi aussi, mais il existe un grand nombre d’alternatives qui ne demandent qu’à être mieux connues ! Et ici aussi, il faut ouvrir les yeux pour les trouver ! Promis, je dévoile bientôt tous mes secrets… 😉

Parfois, l’on a en tête des idéaux qui, hélas, ne correspondent pas à la réalité… pour moi, un berger, c’est Heidi dans les montagnes, pas ces ignobles pratiques barbares… malheureusement, des berges transhumants, il n’en reste plus beaucoup : soutenons-les et boycottons la grande industrie de masse !

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Christiane 24 janvier 2013 at 9 h 05 min

Sans parler des pauvres cocons de vers à soie que l’on ébouillante afin de récupérer le fil de soie intact… Finalement c’est beaucoup moins culpabilisant de se vêtir de polyester, on pollue mais sans faire souffrir!

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 9 h 07 min

Oui, je n’ai pas abordé ici le sujet des vers à soie… mais j’y ai beaucoup songé également.
Le polyester est une possibilité, certes, mais il y a aussi d’autres alternatives nettement moins polluantes !

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Anne 24 janvier 2013 at 12 h 48 min

Je me permets une autre commentaire. Je trouve un peu rapide de dire qu’en portant du polyester on pollue sans faire souffrir. Le polyester fait aussi souffrir les êtres humains qui travaillent dans les usines produisant ces matières polluantes. Le textile est principalement fabriqué en Asie où les normes d’exposition à des produits dangereux pour la santé n’existent quasiment pas. Il en découle des cancers a plus ou moins longues échéances pour les personnes exposées et des conséquences sur les générations futures dont on ne mesure pas encore l’ampleur. Et pour moi il s’agit bien aussi de souffrance (pas animale certes) dans ces situations. Je vous conseille de lire l’excellent livre de Joe Sacco et Chris Hedges : Jours de destruction, jours de révolte. faisant le point entre autre sur l’industrie américaine, la souffrance physique, psychologique, la pollution que cette industrie engendre. Le sujet est plus vaste que la laine !!! mais est une remise en cause du libéralisme et de notre société de consommation.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 12 h 54 min

Bien sûr, et je suis tout à fait d’accord avec toi !

Ce n’est pas parce qu’on refuse de porter des produits animaux qu’il faut alors se tourner vers ce que l’on croit parfois être la seule alternative possible : le plastique et ses dérivés, produits à bas prix dans des usines où les droits de l’homme et du travailleur ne sont pas du tout respectés, qui tuent à petit feu les ouvriers et l’ensemble de notre planète.

Même si l’on peut paraître un peu perdu à première vue (quoi choisir ? les animaux ou les hommes ?), ces dilemmes ne sont pas d’authentiques dilemmes pourtant : de vrais choix sont possibles et tout est lié. Refuser de faire souffrir des animaux, c’est refuser de faire souffrir des hommes, l’un et l’autre ne sont pas incompatibles, mais ce sont deux volets d’une même question. Oui, il existe des choix éthiques bel et bien réels, encore faut-il les chercher.

Et merci pour ce livre, que je ne connaissais pas du tout !

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Nnewïam 24 janvier 2013 at 10 h 14 min

Comme tu le dis, la majorité n’a pas la chance de naître et vivre à la campagne… personnellement j’ai tondu mon premier p’tit mouton à douze ans, et c’était chouette =) Il faut les voir arriver, tout remplis de laine, en bêlant vers toi : c’est hyper lourd et ça les gêne 🙁 Après ils sont contents, en général c’est la razzia des câlins ^^ Bref, je suis tout à fait consciente que ce n’est pas de cette façon que la laine des produits de grande surface est produite, mais je continuerai à exploiter ma grand-mère pour qu’elle me tricote des pulls issus des moutons du fond de mon jardin. Je ne suis pas une grande fan du prêt-à-porter de toute façon, et ce que tu dis ne m’étonne pas, l’industrie c’est à gerber. Merci pour cette découverte… dont je me serais bien passée, tout comme les moutons et la planète.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 10 h 29 min

Voilà, comme tu l’écris ici et comme j’en fais part dans certains de mes commentaires : le jour où je recueillerai mes propres animaux dans mon jardin, et bien, je me tricoterai certainement de jolis pull-overs (et je veux bien des câlins des petits moutons, moi ! 😉 )
Ce qui est bien triste, hélas, c’est que des conditions comme celles que tu décris sont bien rares et, surtout, sous le poids de la grande industrie, elles tendent à se raréfier de plus en plus… ouvrons les yeux et essayons de faire bouger les choses !

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Virginie 24 janvier 2013 at 10 h 54 min

Je suis tellement choquée par cet article…
Merci à toi d’avoir pris le temps de ses recherches et surtout d’avoir eu le coeur bien accroché pour l’écrire. Je ne m’attendais pas à tomber sur des photos aussi dures alors j’ai copié-collé ton article dans un bloc-notes pour le lire un peu plus sereinement. Ça me reste en tête très longtemps et je finis par me dire que si la Terre explosait demain, au moins, toute cette horreur disparaîtrait pour de bon…
Toujours est-il que je ne comprends pas qu’on s’efforce de continuer ces atroces pratiques d’un autre âge quand on sait toutes les alternatives qui existent. C’est à se dire que l’être humain prend plaisir à mépriser la souffrance animale… comme si ça confirmait sa supériorité « je contrôle tout » avec un gros fond de perversité. Abjecte.
Je suis profondément triste et dégoûtée de voir qu’on participe (de loin) à cette souffrance tout en essayant pourtant de faire au mieux au quotidien… L’industrialisation & la production de masse ont eu raison de notre morale et de notre humanité, déjà loin d’être sous leur meilleur jour les siècles passés.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 12 h 49 min

Merci Virginie de ton commentaire.

J’ai hésité à publier de telles images sur mon blog et puis, je me suis dit que, parfois, les discours sont bien jolis… mais que voir les choses est plus fort. Et ça a été bien dur pour moi aussi ! je crois que je n’ai jamais autant rêvé de moutons et agneaux qu’en ce moment…

Oui, on peut être bien triste de tout cela, il n’y a pas de mots pour décrire cette réalité et souvent, je me surprends à espérer que tout ceci n’est qu’une vaste farce et qu’un monde qui tourne aussi peu rond ne peut pas exister… 🙁
Mais que ce dégoût nous donne la force de promouvoir les changements nécessaires ! L’exploitation animale de masse n’a jamais été aussi grande, mais, parallèlement, les voix qui s’élèvent contre cette horrible absurdité se font de plus en plus entendre ! Gardons espoir !

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Josiane 25 janvier 2013 at 14 h 17 min

 » je finis par me dire que si la Terre explosait demain, au moins, toute cette horreur disparaîtrait pour de bon… »

Non mais qu’est-ce qu’il faut pas entendre (ou plutôt lire, pardon) … laisse donc la Terre où elle est, elle n’y est pour rien dans tout ça. Il vaudrait mieux espérer, justement, que la race humaine disparaisse avant que la Terre explose.

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 14 h 21 min

Oui, Josiane, je pense en toute honnêteté que c’est ce que pensait Virginie ici, et cette synecdoque traduit surtout un dégoût franc et profond pour une grande partie de ce fait l’homme sur la Terre…

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Virginie 2 février 2013 at 17 h 34 min

Je n’avais pas vu ton commentaire mais Antigone a parfaitement joué le jeu de la traductrice, il suffisait juste de lire entre les lignes ! 😉 Une façon de parler, en somme !

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Ninoou 24 janvier 2013 at 11 h 25 min

Merci pour ce récap Antigone, c’est édifiant et ça ne donne vraiment pas envie de participer à ce système…

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 12 h 42 min

De rien Ninoou !
Effectivement, ça fait vraiment froid dans le dos… tellement de choses sont tues.

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Allie 24 janvier 2013 at 11 h 39 min

Merci pour cet article très complet, j’ai hésité à acheter un manteau qui contenait de la laine, et je suis vraiment contente de ne pas l’avoir fait.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 12 h 39 min

Félicitations à toi ! Tu as eu une bonne intuition 😉

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Martine 24 janvier 2013 at 13 h 09 min

Le monde dans lequel on vit, n’est décidément pas le mien. Je suis végétalienne mais pas encore totalement vegan.
C’est vraiment écœurant cette cruauté inutile. Malheureusement ce n’est pas près de s’arrêter. Quant aux droits des animaux, cela relève de l’utopie.
En tout cas, je ne suis pas prête de racheter de la laine ou alors faudra qu’elle soit garantie sans « violence ».
Merci beaucoup pour cet excellent article… que je me suis empressée de communiquer à mon entourage.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 14 h 09 min

De l’utopie, certes… mais il faut bien qu’il y en ait qui y croient pour essayer d’y tendre ! 😉

Merci à toi de ton soutien !

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Martine 24 janvier 2013 at 14 h 41 min

Le problème est que l’on est trop peu nombreux à y croire. Et il ne faut pas compter sur les politiques.
A quand une île, un continent ou une planète vegan ? 🙂

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 14 h 51 min

Une planète végane ! Mais c’est la nôtre, cette bonne vieille Terre, et celle que nous laisserons à nos enfants !
Nous sommes peut-être peu nombreux mais pas muets… ne nous décourageons pas ! 😉

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Francis 24 janvier 2013 at 14 h 09 min

Merci pour cette documentation fournie. Je tombe des nues, moi qui ne connaissais de la production de laine que le petit élevage instincto de mon beau père, il ne m’était même jamais venu à l’esprit le rapprochement avec les méthodes du milieux de la fourrure… Je me sens naïf et tout chamboulé. Je fais tourner l’info, car je suis sûr que personne n’imagine le quart de la chose. Merci et continue ton travail !

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 14 h 19 min

Merci à toi Francis !
Oui, c’est une réalité bien cachée, surtout quand l’on a en tête les petits élevages comme celui, j’imagine, de ton père, ou bien les images d’Epinal sur le tendre duo berger/mouton… Si ceux-ci pouvaient être la norme, ce serait fantastique ! Mais la réalité est bien différente… 🙁

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mamanmelon 24 janvier 2013 at 14 h 55 min

Sans rentrer dans le débat laine ou pas.

Je vois souvent le manger local. Et je me demande, est ce que manger local à un réel sens?
Tout dépend de ou l’on achète nos produits.
Mais manger local ne va t il pas à contre sens avec la mondialisation? Souvent décrié c’est vrai, parce que l’argent en ai devenue l’essentiel motivation en oubliant l’humain qui est derrière.
Mais est ce que manger local ne constitue pas une façon de se refermer sur soi?
Est ce que, sincèrement, beaucoup « d’entre nous » achète des produits hors circuits bio et commerce équitable?
Manger de cette façon n’est ce pas un engagement envers le cultivateur qui recevra un argent décent en échange? Et, n’est ce pas, au fond, grâce à l’ouverture des frontières et de ce maltraité concept de mondialisation… ?
Le but est il réellement d’arrêter les échanges interplanétaires?
D’envisager des technologies comme l’avion dévastatrices en oubliant la « magie ».

Le combat n’est il pas de, en fonction de notre monde, de son rayonnement, de son modèle actuel, d’essayer de remodeler les choses pour épuiser les inégalités sans pour autant refermer les frontières?
Que chacun apprenne à consommer avec sagesse. Et que les gros poids se désenivre de l’appât du gain?

Essayer de réguler mais ne pas se « priver » de ce que certaines avancées nous offrent? Qu’elles soit technologiques, morales ou identitaires?

J’entends souvent des gens parler de revenir en arrière. Avant c’était mieux. N’oublions pas que revenir en arrière c’est aussi revenir sur nos libertés. C’est redonner sa place de toute puissance à l’église…

Bref, je divague.

Enfin, j’imagine avoir su exprimer le fond de ma pensée.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 21 h 26 min

Alors tu soulèves une question intéressante, mais je ne sais pas si je la formulerais ainsi…

Pour moi, il n’est pas question de ‘revenir en arrière’ ou bien de ‘réaction’ vs. ‘modernité’… Je pense surtout que la ‘modernité’ est là où nous souhaitons la voir. Dans la première moitié du XXe siècle, lorsque les progrès techniques ont explosé et qu’ils ont littéralement révolutionné nos manières de vivre, la question de la pérennité et de la viabilité de ces modèles ne s’est pas posée (il en a d’ailleurs été de même du modèle capitaliste au départ… on voit que les choses ont évolué). Pas un moment, on ne s’est interrogé sur les impacts possibles de ces ‘progrès’ techniques sur les générations futures et sur notre environnement.

Maintenant, nous avons ces clefs en main. Nous avons les connaissances nécessaires pour juger que non, il ne faut pas condamner toutes ces avancées techniques en masse, mais qu’il faut les concevoir différemment de la manière dont elles ont été conçues au départ : nous avons les moyens de juger de leur impact et de les utiliser selon une juste mesure. Il faut repenser l’idée de modernité : n’est pas moderne toute avancée technique, mais celle qui permettra aux générations futures de vivre dans un monde dans lequel nous-mêmes souhaiterions vivre.

Il y a beaucoup de manières de concevoir l’avenir : les réactionnaires ne sont-ils pas ceux qui ne jurent que par l’avancée technique, coûte que coûte, et qui refusent de remettre en question certains acquis (les 4×4 archi-polluantes en ville…) ? Je crois que nous pouvons être beaucoup plus libres si nous donnons une autre définition à ce que doit être la ‘modernité’.

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mamanmelon 25 janvier 2013 at 11 h 02 min

Alors, je suis tout à fait d’accord.
N’est pas moderne et à applaudir tout ce qui est technologique. On constate le nombres de limites (et même régressions ) que cela crée.

Par contre, je crois que des le début de l’après guerre les gens on commencé à s’interrogé et n’ont pas été écoutés. C’est ce qui me fait peur.
Jusque quelques dates pour illustrer mon propos.
En 1998, l’études « Biodiversity in the next millenium » sortait, remettant en cause la déforestation des zones tropicales.
En 1964 Josué de Castro disait « Il faut changer le mode de penser des hommes afin qu’ils puissent survivre dans un monde qui change radicalement ».
Zweig, en 1932, s’inquiétait « d’énormes changements et transformations économiques ». Et en 1896, Svante Arrhenius publia l’article « de l’influence de l’acide carbonique dans l’air sur la température de la terre »

Peut être qu’il nous faut être au pied du mur, pour qu’en plus des initiatives personnelles (que j’applaudie) les décideurs prennent de vrais décisions.

En passant, très bon article sur la laine. Et j’attends avec impatience le second sur comment se vêtir ethiquement.

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 14 h 18 min

Oui, moi aussi, tu sais, ça me fait très peur…

Rachel Carson a publié Silent Spring en 1962 et Henry Salt a publié Animals’ Rights en 1892 (!) et, si le premier a davantage marqué les esprits, le second a littéralement sombré dans l’oubli avant d’être ‘réinventé’ par les mouvements des droits des animaux dans la seconde moitié du XXè siècle. Triste.

Oui, les initiatives personnelles ne peuvent pas tout faire, mais parfois, les décideurs sont obligés de s’adapter aux demandes de la société… il faut parvenir à faire que ces demandes aient plus d’écho, et pour cela, il ne faut pas baisser les bras !

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mamanmelon 24 janvier 2013 at 14 h 58 min

Peut être devrait on privilégier le « manger d’ici et d’ailleurs en respect des uns et des autres ».

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 21 h 28 min

En respect des uns et des autres, et des générations à venir ! 😉

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crudivoreuse 24 janvier 2013 at 15 h 01 min

Merci Antigone pour ce remarquable article, très complet.
Je me coucherai plus intelligente ce soir…

Cela change de ma vision des agneaux à qui j’ai déjà donné le biberon chez ma grand-mère…

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 16 h 17 min

Merci Crudivoreuse !

Oui, on est loin des agneaux nourris au biberon ici… :'(

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Béné 24 janvier 2013 at 15 h 14 min

Je ne m’étais pas préparée à la photo de ce pauvre mouton mutilé pour que j’ai chaud cet hiver….

Je suis végétarienne, pas encore végétalienne ou vegan mais je crois que j’y viens doucement (plus de lait ou crème, maintenant plus de laine). Merci pour cet article si bien documenté et qui nous montre une réalité que nous souhaitons souvent ignorer.

Je ne comprends pas que dans un monde dans lequel l’information va si vite ce genre de techniques ne soit pas encore interdite et que le peu de personnes qui s’en indignent passent pour des illuminés écolos bohèmes bisounours…..

Il est parfois difficile d’élever nos consciences à comprendre que ce qui a toujours été considéré comme « normal » dans notre société (chaussures en cuir, pull en laine, poules en batteries et cochons qui ne peuvent même pas se retourner, gavages d’oies…) soit en fait une compilation d’horreurs toutes plus ignobles les unes que les autres.

Merci encore pour ton article !

Béné

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 16 h 23 min

Désolé Béné, j’ai dû publier cette photo abominable (et il y en avait bien d’autres, crois-moi) même si elle me révulse complètement, moi aussi.

J’ai toujours tendance à considérer que le véganisme est la continuation logique du végétarisme – du moins, du végétarisme motivé non pour des questions de santé, mais d’éthique.

C’est fou, n’est-ce pas ? C’est facile de traiter les vg d »animal-lovers’ mièvres et trop sensibles… étonnamment, on ne reproche pas à ceux qui combattent pour le droit des minorités d’être des bisounours amoureux des groupes/populations qu’ils défendent… (enfin, à part, peut-être, durant l’apartheid, avec les insultes de ‘nigger-lover’ attribuées à ceux qui entendaient défendre l’égalité des droits pour tous).

Le tout, comme tu le dis justement, est d’apprendre à désapprendre : ne plus considérer comme ‘normal’ ce qui est loin, loin d’être normal… je place beaucoup d’espoir en la nouvelle génération, ceux qui naîtront vg ! 😉

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Béné 24 janvier 2013 at 17 h 45 min

Je viens seulement de regarder la vidéo…..je reste sans voix…..les voir mutiler les moutons uns à uns comme un vulgaire travail à la chaine est révoltant.
Je crois que le pire était les pattes coupées alors que l’animal est encore vivant !
Je suis souvent bien triste, comme aujourd’hui, d’appartenir à la race qui fait preuve de tant de cruauté envers les animaux…
Merci de m’avoir ouvert les yeux sur ces pratiques intolérables.

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 17 h 59 min

Ouh, j’avais ‘oublié’ ce passage, et il vient juste de me revenir en tête maintenant… c’est juste atroce.
(oui, j’ai évité de regarder ces vidéos trop de fois, je n’en dormirais plus la nuit sinon)
La seconde vidéo n’est pas moins dure…

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Lucile 24 janvier 2013 at 15 h 21 min

Horrible! C’est bien de le savoir et de faire connaître ces traitements, mais tellement dur à lire!!! Il y a quelques jours justement, par hasard, je suis tombée sur une page expliquant les traitements infligées aux pauvres oies qu’on engraisse pour leur foie… Ca aussi ça a été à la limite du supportable!! On essaye ensuite de ne plus trop y penser (c’est bien de savoir que ça marche comme ça pour agir, aussi modestement soit-il malheureusement, en connaissance de cause) mais ça reste et c’est vraiment triste et… inhumain pourrait-on dire!!!!
Après ça, personnellement, j’ai envie de ne plus rien faire qui ait le moindre impact sur un quelconque animal!!
C’est dur!… et on se sent tellement impuissant!!

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 16 h 27 min

Oui, c’est très dur à lire, à voir… c’est peut-être pour cela d’ailleurs que tant de gens refusent d’ouvrir les yeux : une sorte de réflexe de défense ou de déni de la réalité quand celle-ci est trop pénible.

Et le mot ‘inhumain’ est ici très intéressant : étonnamment, ce ne sont qu’avec les actions des humains que ce terme est possible… rarement un animal tue ou fait souffrir gratuitement, ce ne sont justement que les hommes qui sont ‘inhumains’ – peut-être faudrait-il se mettre à réfléchir autrement ?..

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Lucile 24 janvier 2013 at 16 h 35 min

Oui c’est pleine d’ironie que j’utilisais ce terme « inhumain ». De très belles choses sont faites sur cette Terre, mais aussi tellement d’horreurs!! Et souvent, on se sent démunis, la majorité d’entre nous n’a pas les moyens d’actions nécessaires, on fait un peu, à son échelle, mais ça n’a réellement pas d’impact…. Trop souvent en tout cas….
C’est très courageux de rédiger un tel article; personnellement, je ne me sens plus le courage aujourd’hui, en tout cas en ce moment, de visionner des documentaires qui dénoncent certaines atrocités sur cette Terre « pour savoir comment ça se passe ». Je n’ai pas regardé les vidéos que tu as mises pour illustrer ton propos, déjà très complet. Par contre j’ai tout lu, je suis révoltée, mais je me sens contrainte, et tellement impuissante!!!!! J’espère de tout coeur que nous verrons réellement les pratiques changer, et que notre action sera accompagnée et utile!!

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 18 h 10 min

Si, tu sais, cela a de l’impact, même si l’échelle semble minime, même si l’on souhaiterait faire plus…
Parfois j’enrage de me sentir si peu puissante, mais je sais que si je ne faisais rien, et bien, ce serait encore pire ! Et je crois que je ne me sentirais pas soulagée si je n’oeuvrais pas dans la direction dans laquelle je crois… nous sommes plus puissants qu’on ne le pense : nous avons peut-être peu de marge de manoeuvre politiquement et financièrement, mais nous avons l’information, et avec elle, on peut faire beaucoup de choses !

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cerisah 24 janvier 2013 at 16 h 46 min

J’avoue, là, je me sens un peu bête… Moi, je pensais qu’on ne tuait pas les animaux, qu’on prenait juste leur laine sans leur faire de mal… Quelle idiote ! C’est vraiment terrible ce que tu racontes…

C’est du bon endoctrinement, ça, Ophélie ! Après m’avoir convaincue de passer VG, tu parviens à me convaincre de ne plus acheter de laine. Je ne sais pas si je vais oser porter à nouveau mes pulls en laine, maintenant… Qu’as-tu fait des tiens ?

Je viens de commander des gants en cuir, quelle bêtasse ! Je vais essayer de les renvoyer… Je ne faisais vraiment pas attention aux fringues que j’achetais mais là, je dois dire que tu m’as ouvert les yeux !

J’ai moi aussi hâte de lire ton article sur la façon de s’habiller sans faire de mal aux animaux. Mais ça doit quand même être assez cher…

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 18 h 07 min

Oh, ce n’est pas de l’endoctrinement, Cerisah ! Je souhaite juste informer, c’est tout. On manque cruellement de certaines informations, libre à nous ensuite de décider quoi faire avec.

Tu sais, tout ceci est un long chemin… moi aussi au début, je n’étais pas très ‘regardante’ vis-à-vis de mes achats : j’avais déjà bien à faire avec la nourriture ! Et puis j’ai compris que si je voulais être logique avec moi-même, il fallait que j’aille jusqu’au bout de ma pensée. C’est long, il faut tout désapprendre, retrouver de nouvelles bases, c’est comme une renaissance 😉 Mais ensuite, les choses ne sont pas plus compliquées ! Et surtout, il est difficile de revenir en arrière. Je ne pourrais plus porter de gants en cuir sans me dire que j’ai là la peau d’un animal mort sur les doigts…

Et non, tout n’est pas atrocement cher ! Un cliché à démonter ! Pas plus cher que le cuir, d’ailleurs… et si parfois, c’est relativement coûteux, il faut se dire qu’il s’agit-là de produits qui sont, d’une part, souvent d’excellente qualité, et, d’autre part, qui ne bénéficient pas des tarifs induits par une production de masse dans des conditions inhumaines (pas d’exploitation de travailleurs mineurs, notamment…)

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cerisah 24 janvier 2013 at 22 h 31 min

Tu sais, je ne pensais pas mal en disant « endoctrinement ». C’est juste que, personnellement, tu me fais changer mes habitudes pour des meilleures… Une meilleure façon de consommer… Et je souhaite que beaucoup de gens changent leurs habitudes en lisant tes articles.
Merci de nous ouvrir les yeux !

C’est vrai que changer tout, ça prend du temps… Mais il suffit que des blogs comme le tien informe les gens sur « comment ça se passe » pour que l’on en prenne conscience et que l’on puisse changer. Je ne me serais jamais posé la question de savoir si c’était bien ou pas de porter de la laine si je n’avais pas lu ton article…

J’ai souvent pensé que les vêtements (par exemple en chanvre) étaient assez chers car le peu de sites que j’ai consulté vendant ce genre d’habits donnaient des prix bien au-dessus de mes moyens… Mais bon, j’attends ton article. Je pense que tu donneras plus de détails là-dessus. 😉

Bizou miss et encore bravo pour ce très bel article

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 33 min

Merci mille fois Cerisah pour ce que tu me dis ! Tu sais, si je parviens, ne serait-ce qu’à faire changer une personne ou, du moins, à faire que ses perceptions évoluent et qu’elle commence à se poser des questions, ce sera déjà une grande victoire pour moi et ce pour quoi je me bats. Il suffit parfois de si peu pour faire bouger les choses…

Pour les vêtements éthiques, c’est comme lorsqu’on passe de l’agriculture conventionnelle à celle biologique : il faut juste changer de magasins et de repères, accepter d’être momentanément dérouté, et puis après, ce n’est pas bien difficile ! 😉

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Mlle Pigut 24 janvier 2013 at 17 h 10 min

« Nous avons le choix de vivre sans faire souffrir : pourquoi ne le faisons-nous pas ? » Belle conclusion, faisons-le, faisons-le !
Et avec des articles aussi brillamment écrits, on le fait !

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 17 h 56 min

Merci Miss Pigut !

Oui, faisons-le et ne nous arrêtons pas ! 😉

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Aizen Kaguya (@Aizen_kaguya) 24 janvier 2013 at 18 h 56 min

Cet article méritait la UNE du jour sur Hellocoton. Je n’ai pas vu grand chose d’aussi bien écrit et construit, d’aussi engagé et humain que cet article. Moi de toute façon, ma vie a changé le jour où j’ai regardé le documentaire EARTHLING. De la première à la dernière minute j’ai pleuré toutes mes larmes de mon corps. J’en ai fait des cauchemars la nuit, j’en ai eu des suées de colère et de dégoût…et même si à ce jour tout n’est pas parfait dans ma vie, je me dis que je ne fermerais plus jamais les yeux sur la réalité. C’est le fait d’y mettre le coeur, pour pouvoir progresser qui est important. Faire face aussi c’est crucial. J’ai hâte de lire ton prochain article. ^^

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 19 h 11 min

Merci beaucoup Aizen Kaguya !
Earthling est en effet un film qui fait énormément d’effet, et je ne saurais que trop le conseiller à tout le monde. C’est un tableau atroce et fidèle de la réalité.
Le jour où Hellocoton mettra ce genre d’article en Une, nous n’aurons plus besoin de les écrire… 😉 C’est plus simple de mettre en vedette une recette de cordon-bleu…
J’écris aussi des articles plus ‘soft’… j’essaie d’alterner pour ne pas dégoûter ni déprimer mes lecteurs… il faut des notes positives pour avoir envie d’aller de l’avant !

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Nurja 24 janvier 2013 at 19 h 37 min

« Vous vous dites sûrement : ‘Mais comment faire sans laine ?’ Je me suis posé la même question au départ, et j’ai pourtant depuis trouvé nombre de matériaux qui la remplacent parfaitement : chauds, éthiques, écologiques… il suffisait de le vouloir pour me rendre compte qu’il y avait l’embarras du choix. Il fallait simplement accepter d’ouvrir les yeux.  » Ah bon? Je me réjouis de lire l’article suivant car même en n’alignant que « chaud » et « écologique », je ne trouve pas. A moins de trouver que le polar (= bouteilles plastiques = pétrole) est écologique? Les matières synthétiques ne font pas bon ménage avec moi et je ne suis pas sûre que ce soit réellement un plus. Mais je suis curieuse !

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 21 h 15 min

Et bien il te faudra un peu de patience car, oui, les alternatives sont possibles… et sans exagérer ! 😉

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Taïa 24 janvier 2013 at 20 h 03 min

Bonjour Ophélie,

Désolée de poster un commentaire qui n’a absolument rien a voir (bien que je me sente concernée et que je l’aie lu de A à Z, j’ai d’ailleurs hâte de lire celui où tu proposes des alternatives), mais je voulais savoir si tu prenais des compléments de B12? Je suis végétarienne depuis 1 an et demi et quasi vegan depuis 1 an environ, et je ne prends rien pour l’instant, mais je crains les carences. Peux tu me dire comment tu fais toi, qu’elle marque tu achètes si tu te supplémentes. Merci d’avance pour ta réponse.
Taia

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 21 h 14 min

Bonsoir Taïa,

Oui, j’ai vu ta question ce matin sur le blog d’Ellen et j’y ai répondu brièvement : oui, bien sûr, je me supplémente en B12 ! Rassure-toi tout de même, si tu n’es végane que depuis 1 an environ, les stocks de B12 contenus dans ton corps mettent 3 ans environ à disparaître entièrement, donc, à moins que tu n’aies déjà été carencée avant de devenir vg, tu n’as pas du prendre trop de risques à ne pas t’être supplémentée jusque là. J’ai moi-même attendu un peu avant de me supplémenter, ça n’a pas été automatique lorsque je suis devenue végane, mais il est vrai que maintenant, je ne compterais pas que sur le miso, les graines germées et la spiruline pour combler tes besoins en B12 ! D’autant que peu de choses peuvent faire basculer une parfaite assimilation de nutriments (pathologie intestinale, etc.) et mieux vaut prévenir que guérir !

J’ai tout d’abord pris ce supplément-ci qui vient d’Angleterre et que j’avais acheté en grandes quantités au Paris Vegan Day, et puis lorsque mes stocks se sont épuisés, j’ai pris celle-là. Mes dernières analyses sanguines n’ont détecté aucun souci de ce côté-là !

N’aie pas peur maintenant, mais sois attentive : la B12 est indispensable et, à moins de passer ses hivers au soleil, la vit. D est également nécessaire ! De toute façon, les omnis aussi se supplémentent indirectement… puisque les animaux qu’ils mangent sont gavés de ces deux vitamines… Et n’oublie pas de manger des algues pour l’iode ! 😉

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Rose 24 janvier 2013 at 20 h 03 min

Je viens te laisser un petit mot Ophélie.
J’ai commencé à lire ton article hier soir avant de me coucher, et puis à un moment je n’ai plus pu avancer (très rapidement …), le parcours global et les quelques images vu m’ont définitivement bloquées ensuite … J’espère arriver à le lire un jour ton article. J’ai pas arrêté d’y penser aujourd’hui 🙁

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 21 h 02 min

C’est un article bien dur, j’en ai conscience… et j’ai eu moi-même du mal à l’écrire, donc je comprendrais parfaitement la difficulté qu’on ait à aller jusqu’au bout !
Je te félicite déjà de ne pas avoir fermé la page immédiatement, c’est courageux d’accepter d’ouvrir les yeux.

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Taïa 24 janvier 2013 at 21 h 47 min

Un grand grand merci pour ta réponse rapide et précise (tu dois y passer des heures, avec tous ces commentaires, quel courage!) Ma dernier analyse il y a six mois montrait une légère carence en B12 justement, et en vitamine d… Je vais m’acheter les deux compléments car je doute que ma consommation d’un ou deux œufs et de quelques morceaux de fromages par mois suffisent!
J’ai perdu pas mal de poids ces derniers mois (à Noël, toute ma famille m’a fait la remarque!) et je me demande si ça peut être en lien avec une carence en b12?
Merci en tout cas pour toutes ces infos (et je veux bien des recettes à base d’algues si tu as, car a part les makis et la soupe miso, je sèche!!)

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Antigone XXI 24 janvier 2013 at 22 h 00 min

Ouf, oui, c’est vrai qu’aujourd’hui, il y en a eu beaucoup, je ne m’attendais pas à une telle réception de mon article ! Mais j’en suis très contente en même temps !

Alors si tu avais déjà, il y a quelques mois, un début de carence en B12 et D (surtout en été et donc au soleil, a priori), alors ne plaisante pas avec cela et prends vite tes suppléments ! Tu sais, l’assimilation peut varier selon les individus et, comme je te le disais, de nombreux facteurs rentrent en compte : pour ma part, je pensais être parfaite au niveau de la vitamine D (exposition en été + supplémentation en hiver) et pourtant, j’étais carencée en raison d’un problème d’absorption au niveau digestif : j’ai dû donc prendre une très forte dose de supplémentation d’un coup ! On peut toujours avoir des surprises… le mieux est de faire des vérifications souvent au début, le temps de bien prendre ses repères et de voir ce qui convient à son organisme.

Pour ta perte de poids, je ne m’avancerais pas quant à son lien avec une éventuelle carence en B12. Tout ce que je peux te dire, c’est que beaucoup de véganes ont perdu du poids au départ (bon, je suis une exception à ce sujet…) : moins de graisses insaturées, une meilleure utilisation des nutriments, une certaine détoxination et surtout, un changement d’alimentation qui surprend le corps et auquel il doit s’adapter… bref, beaucoup de choses qui peuvent expliquer une perte de poids. Cela ne veut pas dire pour autant que ce poids est perdu pour de bon, et il n’est pas rare de reprendre quelques kilos une fois le régime ‘rôdé’… Si tu soupçonnes autre chose, en revanche, n’hésite pas à faire des analyses plus poussées, tu auras peut-être des explications insoupçonnées (nous sommes si complexes !) 😉

Pour les algues, je réfléchissais justement à proposer bientôt des recettes… j’en ai déjà deux mini ici, en attendant !

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Vegeshopper 24 janvier 2013 at 22 h 22 min

Super article, même si je me donne un répit pour visionner à fond les vidéos, d’autant que j’ai acheté hier un chandail en solde. J’attends le prochain sur comment se vêtir de façon éthique et mets ce blog dans mes favoris.

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 19 min

Merci beaucoup !
L’article suivant arrivera, promis (il y aura peut-être un petit post sur le cuir entre temps…)
Ton blog est déjà longtemps parmi mes propres favoris ! 😉

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lauraveganpower 25 janvier 2013 at 7 h 45 min

Tu as dû mettre un temps fou pour tout écrire, les recherches et puis si je suis déjà limites en larmes, j’ose imaginer ton état.
Ton article est comme à ton habitude bien écrit (génial, super, tout ce que tu veux, il est au top) et ce que j’aime c’est ta façon d’aborder les choses, ya pas de jugement, juste de l’information et c’est COMME ÇA que les choses peuvent bouger, car une personne se sentant agressé fera tout à fait l’inverse et se braquera ! Mais il y a des cas où parfois il faut rentrer dedans pour faire bouger. Je préfère l’option 1 qui semble plus viable, l’option 2 c’était à mes débuts 🙂
J’ai été très émue de le lire, car même si je suis vegan depuis de nombreuses années, le sujet je le connais mais j’avoue que je n’y pense pas en permanence, juste pour me protéger…

Je vais diffuser ton lien sur ma page mais aussi sur instagram et Hello Coton, il faut que les gens le lisent pour espérer un déclic !

Merci pour eux (les poilus) et ton investissement ♥

Bisous jolie Ophélie 🙂

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 39 min

Merci beaucoup Laura, de ton soutien et de tes gentils mots.

C’était assez dur à écrire, je le reconnais… (mon chéri rentrait le soir et me voyait toute déprimée… il ne voulait plus que je continue pour ne pas faire des cauchemars !) mais c’est que c’est une réalité si dure et si absurde qu’on n’a pas envie d’y croire.

Et oui, tu le sais bien toi aussi, c’est difficile de trouver le ton juste, d’éviter que les gens ne se braquent ou qu’ils ne te rient au nez… je n’ai jamais été trop option ‘rentre-dedans’ (je vois bien que lorsque je m’y mets dans ma famille, ça bloque tout le monde) et j’essaie surtout de me souvenir que je n’ai pas toujours été végane et qu’il y a dix ans, j’aurais peut-être ri au nez d’une personne qui m’aurait dit d’arrêter la laine… Ouf, vive la capacité d’évolution des gens ! 😉

Merci à toi, merci à ton combat, et une très belle journée ♥

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Casse Noisettes 25 janvier 2013 at 7 h 58 min

J´ai commencé à lire ton post hier ….mais je n´ai pas pu aller jusqu´au bout !! Je ne supporte pas la vue de ces photos …
Je fais ….faisais partie des grandes naives , qui imaginaient simplement qu´on tondait les animaux et qu´on les renvoyait gentiment brouter de l´herbe bien verte et bien grasse !! Je comprends pourquoi certaines personnes me surnomment Laura Ingalls .
Je suis végétarienne depuis bientôt 2 ans parce que je ne concois pas que des animaux doivent mourir pour que je puisse me nourrir, mais je n´avais jamais pensé a tout ce qui se cachait derrière le commerce de la laine .ou de la maroquinerie.
Mieux même , je n´achète que des chaussettes en laine bio dans ma boutique naturarta . Je ne tricote que de la laine écologique . je privilégie toujours les articles de qualité : les bonnes chaussures/bottes en cuir que je garde de longues années, un sac à main en cuir qui me dure plus de 10ans , un tapis de yoga en laine de mouton biologique et j´en passe ….une vrai Laura Ingalls …qui ne se posait même pas la question de l´origine de ces matériaux !!
Je pensais réussir à lire ton post ce matin , mais je n´ai pas eu plus de succès …
Voilà où mène l´ignorance ….maintenant , je vais réfléchir à tout ce que j´ai appris et essayer de faire au mieux !

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 29 min

Moi aussi, tu sais, avant, j’étais tout aussi naïve… (ce n’est pas un défaut, d’ailleurs, je préfère peut-être la naïveté au cynisme !)

En fait, tout est tellement lié… lorsqu’on commence à tirer sur un bout de fil, c’est toute la pelote (de laine, c’est le cas de le dire) qui vient avec !
Moi aussi, par le passé, j’ai acheté de la laine bio en me disant que j’agissais bien… mais je crois qu’il faut bien distinguer les choses (surtout en Allemagne, où le bio est répandu) : ‘bio’ ne signifie pas pour autant ‘éthique’, et la viande et les produits animaux libellés ‘bio’ ne riment pas avec ‘bien-être des animaux’.

Il faut se méfier, d’autre part, d’une certaine tendance à vouloir aller vers des matières dites ‘durables’ qui reviennent à la mode, si l’on entend par-là justement le cuir et la laine… c’est une confusion facile à faire, qui empêche de voir que de véritables alternatives sont possibles – et qu’elles sont tout aussi écolo et durables !

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Lili 25 janvier 2013 at 8 h 52 min

Coucou, merci pour cet article fort intéressant. Je ne porte plus de laine depuis quelques années, on m’avait déjà informée des conditions d’élevage. Je vais m’empresser de partager ton article très riche. Merci beaucoup, je t’embrasse !!

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 13 min

Merci à toi, Lili, merci pour ton combat !
Que le maximum de gens soient informés !
Bisous

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aupaysdesdelices 25 janvier 2013 at 9 h 12 min

Merci pour cet article fort bien documenté et qui m’a appris beaucoup de choses. Je ne suis pas vegétarienne mais j’essaye de faire attention à l’origine des produits, à la saisonnalité et d’acheter local autant que faire se peut… pour ce qui est de la laine je tricote et c’est la raison qui m’a amené à lire ton article. Ce que tu expliques est vraiment barbare on est bien d’accord mais il est possible pour la laine comme pour le reste de nos achats d’être éthique et responsable. On n’est pas obligé d’acheter de la laine venant d’Australie : on peut aussi choisir des laines françaises et je ne saurais que vous conseiller la filature Fonty par exemple (http://www.fonty.fr/new/index.php?p=qui), basée en Creuse et qui ne travaille qu’avec des producteurs locaux. Oui je porte de la laine parce que j’ai la chance peut-être de savoir tricoter (et de continuer à apprendre!) et de pouvoir choisir d’où vient la laine que j’utilise. Après chacun fait ses choix et je comprends fort bien ta démarche mais on peut aussi choisir de faire évoluer les choses sur ce sujet également en favorisant les productions locales et éthiques.

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 17 min

Merci beaucoup de ton commentaire, Alice, et du lien que tu y proposes.
Effectivement, toute la laine que nous utilisons dans notre quotidien ne vient pas d’Australie, et il existe des alternatives locales. Celles-ci ne constituent malheureusement pas la majorité des produits à base de laine qu’on retrouvera sur le marché… tout au plus 1 petit %…
Et puis, je pense qu’il est très bien de soutenir la production locale et faite dans le respect de l’éthique sociale… hélas, ce serait bien d’y ajouter le bien-être des animaux comme critère éthique – combien des animaux qui servent à faire ces pelotes ne finissent pas à l’abattoir ?..

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Galou 25 janvier 2013 at 9 h 16 min

J’ai lu la totalité de l’article. Je n’ai par contre pas pu regarder les video en entières…
Comme beaucoup, j’ai hâte de lire les alternatives. Je suis à un tournant de ma vie, je prends conscience des choses que l’on ne nous parle pas. J’ouvre les yeux et ça me rend mal à l’aise, vis à vis de moi et de notre société.
Merci pour cet article et cette prise de conscience!

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 23 min

Les vidéos sont particulièrement atroces, donc je te comprends, Galou.
Il y a beaucoup d’alternatives, possible, le tout est d’ouvrir les yeux et de chercher un peu : il s’agit juste d’un changement de repères et ensuite, ce n’est pas bien difficile, crois-moi !

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pillie 25 janvier 2013 at 9 h 45 min

Très bon article !
Je suis sous le choc !
Personnellement je connaissais très bien les aspects sociaux et cognitifs sur les moutons (j’ai un Master en Ethologie=science du comportement animal). Mais pas du tout la façon de produire la laine. J’étais loin d’imaginer cela ! On est toujours un peu naïf sur le monde, et on cherche à voir les choses comme un Bisounours comme tu dis.
J’avoue que j’en reste totalement abasourdie… Je n’ai pas eu le courage de regarder photos et vidéos…
Je pense que je vais regarder à 2 fois avant d’acheter des choses qui ressemblent à de la laine… Moi qui aime tricoter, et porter des pulls bien chauds… j’attend avec impatience ton article avec les alternatives possibles (en plus c’est très important de proposer des solutions après avoir signalé un problème, sinon les gens vont mettre le problème de côté, le nier ou le minimiser ne pouvant y faire face = oui, maintenant je fais de la psycho sociale et je travaille sur les comportements de protection de la nature).
Enfin, je crois que la plupart de nos pulls ne sont pas en laine mais en acrylique (ce qui est mieux pour les animaux, mais sûrement pas pour le reste de la planète je pense). Et pour les pelotes, j’ai un peu regardé, il est possible aussi de trouver des pelotes ne contenant pas de laine. Après c’est pas forcément plus écolos (on est perfectibles comme tu dis), mais cela reste encore malheureusement plus accessible au grand public (en termes de dispo et de prix) que des alternatives plus éthiques (tu parles du chanvre par exemple).
Donc voilà, merci de nous aider à ouvrir les yeux ! Et j’attend tes solutions alternatives, je suis sûre que nous avons plein de solutions à découvrir, et peut-être moins compliquées que ce que l’on peut penser.

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 59 min

Dis-moi, tu as un parcours très intéressant !

Oui, oui, je prévois un article d’alternative, car c’est un peu comme si l’on disait aux gens d’arrêter de manger de la viande et des produits animaux mais qu’on ne les guidait pas vers d’autres moyens de se nourrir ! Je prépare donc une suite ! 😉

Il est tout à fait possible de se procurer des pelotes en d’autres matières que la laine, j’ai des amies véganes qui tricotent beaucoup et font des trucs très jolis, et crois-moi, il y a du choix et il peut être écolo ! (coton, lin, bambou…)

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pillie 25 janvier 2013 at 10 h 18 min

Oui j’ai fait pas mal de choses, en gardant toujours l’idée d’apporter à ma façon ma contribution à la protection de l’environnement et des animaux.
Hâte de voir la suite ! Merci à toi !

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gildo 17 février 2013 at 11 h 10 min

Pillie, aurais-tu des bouquins références ou même des sites sur l’éthologie à me conseiller?. Je lis actuellement «l’animal est-il une personne?» de Yves Christen qui est génial, j’aime également lire Vinciane Despret. Merci.

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vegebon 25 janvier 2013 at 9 h 48 min

Oh merci de m’avoir ouvert les yeux… Est-ce que tu as trouvé des infos sur la laine française ? Juste histoire de répondre à l’argument qui va m’être évidemment donné.
Et je suis très intéressée par tes bonnes trouvailles de pulls sans laine ! Peut-être ous la forme d’un article sur la polaire, reçyclée ou pas, écolo ou pas ?
Bonne journée

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 9 h 55 min

Oui, un certain nombre d’informations sur la laine française et les différents labels, parmi lesquels ceux dits ‘éthiques’ qui, bien sûr, ne comptent pas parmi leurs critères le bien-être de l’animal… ils se contentent d’englober des critères qui portent sur le respect de l’environnement et l’éthique sociale, mais ceux qui donnent leurs poils ne sont pas pris en compte, comme on peut le voir sur ce tableau.
Il existe des filières locales de laine (deux sont notamment mentionnés dans les commentaires), mais la question des animaux reste donc toujours sans réponse : combien de moutons tondus meurent de leur belle mort ?.. mystère…

Et oui, je vais bosser sur un article d’alternatives !
(peut-être traiterai-je aussi du cuir avant cela… je vais voir !)
Bonne journée à toi, Sandrine !

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Minia 25 janvier 2013 at 13 h 46 min

Bonjour,

Aliceauxpaysdes délices a partagé ton lien sur une page facebook de tricoteuses. Ouch ça fait mal de lire ça malgré ses mises en garde.

Depuis que je tricote plus régulièrement et traine sur les blogs créatifs, j’ai vu mon regard changer sur la question de la laine. Depuis mon arrivée sur Limoges, les choses se sont accélérées car nous avons la chance d’avoir une boutique de laine extraordinaire tenue par une passionnée, productrice de laine.

Je mets le lien pour les tricoteuses qui se questionnent car elle répond avec sincérité à toutes les questions qu’on lui pose. http://www.creationmohair.com/
Et je préfère personnellement trouver des solutions pour aller vers cet échange respectueux dont tu parles au début que de boycotter totalement la laine qui reste une matière naturelle exceptionnelle. J’ai moi aussi visionné une vidéo de lapin angora épilé (puisque c’est le terme) à la main et j’aurais eu très envie de le vivre en vrai !
Depuis une pelote me sert quasiment de doudou et je vais la transformer en petit col pour mon fiston qui est resté scotché devant la vidéo pendant toute la durée !

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Antigone XXI 25 janvier 2013 at 14 h 13 min

Merci beaucoup Minia pour ton commentaire et pour le lien que tu proposes ici.

Je suis allée faire un rapide tour sur la boutique en ligne de cette personne et je pense lui écrire prochainement pour lui poser des questions.
Certes, je vois que certaines des laines de mouton qui y sont vendues sont produites localement et de façon biologique, toutefois, la question du bien-être animal est trop peu évoquée (fin de rentabilité / abattoir ?) pour pouvoir en juger et ces cas sont loin d’être majoritaires.

Je note trois choses d’autre part :
– l’utilisation de laines d’animaux non locaux comme le cachemire, le yack ou l’alpaga ou le chameau… et celles d’animaux dont le recueil de la laine est souvent très controversé quant à leur bien-être (lapin angora notamment). Rien n’indique dans quelles conditions ces laines ont été recueillies et la problématique animale n’est donc pas du tout abordée.
– l’utilisation de soie : les vers à soie sont jetés encoconnés dans de l’eau brûlante et ébouillantés, avant que les cocons ne soient ensuite débobinés pour confectionner la soie. Pour obtenir un kilo de soie, des milliers de vers à soie périssent brûlés. On est loin d’une production éthique…
– l’existence d’alternatives : coton, bambou, lin, ortie… On ne demande que ça ! 😉

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