Digital detox : comment j’ai appris à me déconnecter

18 janvier 2018

Facebook, Twitter, Instagram… En à peine quelques années, ces petites icônes colorées sont devenues les compagnes de nos journées. Cliquer dessus est souvent un geste réflexe, effectué sans guère y penser, et l’on se surprend à passer bien plus de temps à scroller qu’initialement imaginé. Pourquoi est-ce si difficile d’avoir un rapport modéré aux réseaux sociaux? Dans cet article, je vous raconte le rapport de dépendance que j’ai entretenu avec eux et comment j’ai choisi d’y mettre fin, en espérant que cette décision ne soit pas simplement une résolution de papier.

 

Cet hiver, je suis partie une quinzaine de jours au Portugal. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris de vacances (j’entends, des vacances où je ne travaille pas) et si, à mon grand désespoir, la première semaine a été marquée par un gros travail à terminer, j’ai réussi à me ménager du temps libre la seconde semaine – temps que j’ai, pour l’essentiel, passé à lire, écrire et me balader. Mis à part ces premiers jours chargés, c’était pour moi des vacances parfaites.

Parfaites, elles l’ont été parce que je suis parvenue à me déconnecter. C’est-à-dire que je n’ai pas passé mes journées vissée à un écran d’ordinateur, à vérifier mes courriels toutes les cinq minutes et inspecter Instagram & Cie, sait-on jamais que l’on m’aurait écrit. Bien sûr, je n’ai pas pu le faire autant que je l’aurais souhaité. Alors que je m’étais imaginé n’emporter avec moi que quelques livres, crayons et cahiers pour tout bagage, j’ai dû prendre Bibi mon ordi et Nelson le téléphone. Néanmoins, me couper complètement des réseaux sociaux a été une petite victoire.

 

Un scroll et ça repart !

Les réseaux sociaux et moi, nous avons une histoire compliquée. Récemment, je disais à une amie que si je n’avais pas de blog, cela ferait longtemps que je serais partie de Facebook, Twitter et Instagram. Pourtant, ne faisons pas la fine bouche, les réseaux sociaux ont des conséquences positives : pour moi, ça a été de belles rencontres et amitiés, de chouettes opportunités, des informations et réflexions – bref, des choses plutôt bien. Mais, soyons honnêtes, c’est aussi beaucoup de négativité et de temps perdu. Pour moi, surtout, les réseaux sociaux, c’était un peu devenu une addiction. Et, comme toute addiction, cela ne me faisait pas que du bien.

Chaque matin, au réveil, je vérifiais Instagram. Scroll, scroll, scroll parmi les petites images. Moyenne accordée à chacune d’entre elles : un dixième de seconde d’attention. Cependant, un dixième plus un dixième plus un dixième, cela finit par peser sur l’horloge. Quinze minutes de mon temps disparaissaient déjà ainsi. Ensuite, check check, venaient les courriels, Facebook (page publique et profil privé, sinon ce n’est pas drôle), puis Twitter (heureusement que je ne suis pas sur Snapchat). A peine arrivée à l’université, je ne pouvais débuter ma séance de travail sans réitérer ce cycle. Une fois attelée à la tâche, à la moindre difficulté que je rencontrais, vite, il me fallait ma dose de scroll, mes likes et mes petits messages légers. Ce shot de dopamine, c’est ce que Facebook appelle une « boucle de rétroaction de validation sociale » – autrement dit, un levier par lequel on fait le plein de récompenses qui nous mettent du baume au cœur ou plutôt, au cerveau, comme l’explique cet article. Après le déjeuner, venait encore l’éternel retour sur les réseaux sociaux. Et puis, à la pause de quatre heures. Et puis, le soir avant de dîner. Et puis, après le dîner. Bien sûr, ce n’était jamais que cinq minutes par-ci par-là, mais cinq minutes reproduites douze fois par jour, cela fait déjà une heure. Et j’ai mentionné les pauses toilettes, Instagram en main ? Quand j’étais petite, c’était les livres et BDs qui entraînaient un embouteillage avec mes frères devant les toilettes : maintenant, c’est notre mini-écran.

Je ne compte pas là le temps nécessaire à être véritablement active sur ces réseaux. Quand j’ai commencé Instagram, je passais parfois près d’une heure à prendre, traiter puis poster une photo (j’ai assez vite abandonné, car cela me rendait folle). Sur Twitter, il m’arrivait de calculer pendant de longues minutes comment faire pour partager au mieux mon message en moins de 140 caractères et puis, dépitée, j’abandonnais. Sur Facebook, je cherchais les meilleures tournures, les meilleures icônes, les meilleures illustrations… pour partager un article tout bête. Petit à petit, je me suis rendu compte que mon perfectionnisme s’était reporté sur ma gestion des réseaux sociaux.

A l’inverse, ce perfectionnisme désertait peu à peu mon travail. Au fur et à mesure des années, j’ai senti ma capacité de concentration diminuer. Alors qu’au début de mes études, je pouvais rester des heures entières sur une dissertation ou un livre, happée par la nécessité de finir cette tâche, j’ai constaté il y a quelques temps que je ne pouvais tenir guère plus d’une demi-heure sur une activité sans devoir faire une pause, même brève. Confrontée à une tâche ardue, j’avais instantanément le besoin de m’échapper vers une récompense bienveillante. En conférence, je peinais à rester captivée plus d’une certaine durée et il y avait toujours un petit moment où il me fallait scroller pour continuer.

Bref, je ne sais combien d’heures j’ai ainsi perdu chaque jour, obsédée sans m’en rendre compte par la peur de « manquer quelque chose » ou simplement hypnotisée par l’absence d’efforts que ce genre d’occupation nécessitait.

 

 

Verdict : addict à Internet

Cette situation était d’autant plus terrible pour moi que j’ai beaucoup de mal à voir les gens rivés aux réseaux sociaux et à leur téléphone, oubliant tout autour d’eux, étant là sans véritablement être là. Pendant longtemps, j’ai refusé d’avoir un téléphone intelligent et, quand j’ai eu mon premier du genre, un gros machin avec autant de capacité de stockage qu’une coccinelle, je n’ai bien sûr pas pu y installer Facebook, What’s App et autres joyeusetés. Ce n’est que lorsque j’ai eu un iPhone que j’ai constaté que ma dépendance aux réseaux sociaux se reflétait, bien évidemment, dans mon usage du téléphone. Peu à peu, je suis devenue celle qui, à table avec mon conjoint, « vérifiait sur Internet » l’information demandée, sortait Google Maps à la moindre question de trajet et lui montrait des photos sur Instagram comme on passe le sel ou le poivre. Bref, je suis devenue celle qui s’interrogeait à la moindre activité pour savoir si « c’était Instagrammable », qui ponctuait sa journée de « stories » et qui pensait réseaux avant même de vivre les choses.

J’ai songé à l’impression que j’avais eue, bien plus jeune, lorsque j’ai reçu pour cadeau de Noël une caméra. Je devais avoir une quinzaine d’années et je l’ai amenée avec moi lors d’un voyage en famille. Je filmais et tout y passait : les rues, les monuments, les tableaux dans les musées… A un moment, je me suis rendu compte que je ne « voyais » les choses autour de moi que sous le prisme de ma caméra. Je n’avais presque rien vu de mes propres yeux : mon regard avait tout entier été filtré par l’objectif. Aujourd’hui encore, il m’arrive de regarder le paysage en le construisant de manière photographique, mais je fais bien attention à regarder les choses de mes propres yeux avant de prendre une photo et à ne pas toujours avoir mon appareil photo avec moi. La caméra, j’ai arrêté : le filtre permanent était trop épuisant.

Pourtant, soyons honnêtes, le temps que je passais derrière mes écrans restait modéré (je l’ai constaté notamment en utilisant l’application Moment, qui m’a permis de voir que beaucoup  de personnes passaient bien plus de temps sur leur téléphone que moi). Je me suis tout de même rendu assez vite compte que j’avais une addiction aux réseaux sociaux et, peut-être plus généralement, à Internet. Je fais partie de la génération de celles et ceux dont les dix premières années de vie se sont déroulées sans jamais accéder à un ordinateur, l’usage d’un téléphone mobile était plus qu’exotique lors des cinq suivantes et les dix qui ont suivi se sont écoulées avec un Nokia souvent oublié au fond d’une poche, à taper lettre à lettre mes textos et jouer à Snake aux toilettes. J’ai d’ailleurs très certainement passé plus de temps dans ma vie à attendre désespérément qu’un courriel abreuve ma boîte mail Yahoo qu’à pester contre les dizaines de messages que je reçois quotidiennement. J’ai donc expérimenté une vie déconnectée avant de placer la mienne en perfusion.

 

Un usage raisonné des réseaux sociaux : mission impossible ?

C’est ainsi que je me suis assez rapidement aperçue d’une chose : la situation n’était pas normale et ne me rendait pas heureuse. Car si Internet me permettait l’échange et le partage, il m’exposait aussi au harcèlement et aux attaques. Et donc aux tensions quotidiennes. Tandis que les premières années ont eu leur lot de positivité, ces dernières années ont assisté à la lente éclosion d’une bulle médisante et dangereuse pour mon moral. J’ai fini par redouter mes visites quotidiennes sur les réseaux sociaux, inquiète de ce que j’allais y trouver et des réactions que mes découvertes allaient susciter en moi – frustration, déception, amertume, crainte… Quand j’ai commencé à être harcelée par un inconnu qui m’a menacée de m’attendre en bas de chez moi, je me suis dit que, décidément, les choses ne pouvaient pas continuer.

Cette vie à moitié – un œil dans la réalité, un œil sur mon petit écran – je n’en veux pas. Je me bats donc depuis un certain temps contre moi-même pour mettre fin à cette relation de dépendance aux réseaux sociaux et pour avoir une gestion d’Internet qui reste modérée. Seulement, les jolis gugus de la Silicon Valley l’ont très bien compris, leurs réseaux doivent non seulement attirer, mais également retenir pour être rentables. Ce n’est pas pour rien que Mark Zuckerberg a fait des études de psycho. Selon Sean Parker, co-fondateur de Facebook, le mandat de ce réseau social pourrait d’ailleurs se résumer à « l’exploitation de la vulnérabilité de l’humain et de sa psychologie ». Il paraît que les écoles Montessori connaissent un boom incroyable en Californie et que les maîtres de l’informatique interdisent tout écran à leurs enfants. Je ne sais pas si c’est vrai, mais ça ne m’étonnerait pas complètement que cela le soit.

Personnellement, j’ai tout tenté : me déconnecter du réseau wifi, couper le routeur, supprimer les applications de mon téléphone, calculer la répartition de mes activités, utiliser des outils de concentration ou des logiciels de blocage de pages web. Pourtant, à moins d’avoir un travail vraiment très important, j’ai petit à petit appris à contourner les barrières que je m’étais fixées. Je rallumais le routeur à chaque moment de doute. Si j’avais bloqué les réseaux sociaux sur Chrome, je filais sur Explorer retrouver mes tweets. Je finissais par oublier complètement les bips de mon minuteur pour mieux me replonger dans ma conversation sur Messenger. Je sortais mon téléphone à chaque fois que mon ordinateur ne voulait plus me procurer mes récompenses préférées. Et puis, si j’avais désinstallé les applications Facebook et Twitter, je pouvais toujours y accéder via Safari. Bref, je ne m’en sortais pas.

Le pire dans tout cela, c’est que, en conséquence, je n’avais jamais de temps pour rien. Avec la masse de travail que j’ai à côté, la majeure partie de mon temps libre passait dans les réseaux sociaux. Je n’avais pas le temps de répondre à mes courriels, dont la simple vue me donnait des boutons. Pas le temps d’écrire des articles de blog, encore moins d’en lire. Pas le temps non plus pour les loisirs – sport, lecture ou écriture. A côté de cela, j’enviais mon conjoint, lui qui a déserté Facebook quelques mois à peine après son inscription, qui ne saurait peut-être pas ce qu’est Twitter si je n’étais pas là et qui ne traîne jamais, au grand jamais, sur Internet hormis pour son travail. Bref, j’avais un peu l’impression de vivre avec un super-héros de la déconnexion, moi qui me demandais où avait bien pu encore passer ma matinée.

 

Entre sevrage et rechutes : sortir de l’addiction

Si je parle de tout cela au passé, ne vous y trompez pas : la frontière qui me sépare de mon ancienne addiction est ténue. Car si j’ai « décroché » des réseaux sociaux et en ai désormais une approche modérée, ce sevrage reste récent et il m’est facile de « replonger ». Pourtant, j’ai l’impression que le travail préparatoire de détachement que j’ai effectué m’a beaucoup aidée et, surtout, a permis un sevrage qui ne soit ni trop brusque, ni impossible à gérer.

Ces derniers mois, charge colossale de travail oblige, j’ai commencé par fortement réduire ma consommation des réseaux sociaux. Le clou, ça a été un dossier de recherche tellement énorme à rédiger que j’ai réduit mes visites quotidiennes au nombre de trois, quelques minutes à chaque fois. Trois fois par jour, ça peut paraître encore beaucoup, mais étant donné le niveau de consommation que j’avais atteint, je vous assure, c’est peu. Et puis sont arrivées les vacances, celles que j’avais placées sous le sceau de la déconnexion.

La première semaine, j’ai souvent craqué. Un petit tour sur Facebook par-ci par-là, une petite réponse à un tweet rigolo et hop, encore un coup de scroll sur Instagram. Et puis j’en ai eu assez : qu’est-ce que j’allais manquer à me déconnecter ? J’avais déjà fait un sort aux notifications de mon téléphone depuis belle lurette et supprimé mes applications Facebook et Twitter : j’ai achevé de neutraliser ces dernières en choisissant des mots de passe si compliqués que les recopier sans faute sur le mini-clavier de mon téléphone devenait une gageure. Bref, plus de Facebook ni de Twitter. Après quelques hésitations, plus d’Instagram non plus, pas plus que de Messenger. Et zouh, plus de boîte mail non plus !

Est-ce que ça m’a manqué ? Pas le moins du monde. C’était même génial. Je me suis mise à avoir du temps. De temps pour lire, pour écrire, pour me balader. Mes pauses, je les passais à rêvasser, lire Sciences & Avenir en ligne ou répéter mon vocabulaire d’allemand. Le matin au lever, plutôt que de scroller, je lisais dans mon lit et j’ai ainsi dévoré une dizaine de romans en quelques jours. J’ai également pris des photos sans toujours penser « Est-ce que celle-ci irait bien sur Instagram ? ». Je suis allée au restaurant sans dégainer mon téléphone pour immortaliser mon souper. Et surtout, je ne me suis pas sentie aussi sereine depuis longtemps.

En rentrant chez moi, j’ai hésité puis ai fini par réinstaller Instagram sur mon téléphone. Son icône est bien cachée, au fond d’un de mes dossiers, pas accessible du premier coup d’œil, et j’ai drastiquement diminué le nombre de comptes que j’y suis. En revanche, je n’ai pas réinstallé Gmail, pas plus que Facebook, Messenger ou et Twitter.

 

Changer ses habitudes quotidiennes

Vais-je tenir sur le long terme ? Je l’espère, profondément. Mon but n’est pas de me déconnecter totalement et, vous avez pu le remarquer, j’ai – modérément – réinvesti les réseaux sociaux ces derniers jours. Mon objectif premier est d’en avoir un usage modéré et, surtout, contrôlé. Ce contrôle, c’est grâce à ma déconnexion que je l’ai acquis. Faire une pause a changé quelque chose en moi. Je n’éprouve plus le besoin compulsif d’aller vérifier mes courriels, de scroller indéfiniment devant la vie des gens, de consulter l’évolution des likes à chaque publication. Je regarde Facebook quelques minutes seulement, une à deux fois par jour. Parfois j’oublie. Idem pour Twitter et Instagram. Ce n’est plus un réflexe. Le réflexe, maintenant, c’est de prendre le bouquin sur ma table de chevet au réveil, c’est de lire un article en entier quand je veux faire une pause, c’est de me lever et d’esquisser quelques mouvements lorsque je sens ma concentration me quitter. Bref, j’ai adopté de nouvelles habitudes et je crois que c’est ça qui a tout changé.

Beaucoup de choses positives ont suivi ce changement. Je les listerai dans un prochain article, accompagnées de mes trucs et astuces pour avoir un usage modéré des réseaux sociaux. Mais parmi les choses que j’avais envie de vous révéler ici, il y en a une qui vous concerne particulièrement : j’ai repris goût à écrire sur ce blog. Et j’ai, surtout, plus de temps pour le faire. Bien sûr, cela ne veut pas dire que je reviendrai forcément au rythme de mes débuts (j’en entends dans le fond qui ricanent). Il y aura très certainement des périodes où, travail oblige, je n’aurai ni le temps ni le courage de publier ici et où, pour me détendre, seul un bon livre saura me contenter. Mais à l’heure actuelle, en tout cas, c’est le second effet Kiss Cool que je perçois et il m’emplit de joie.

 

 

Pour conclure, j’insisterai sur la valeur de témoignage personnel de cet article. J’y ai avant tout parlé de mon expérience des réseaux sociaux et de ma manière de vivre les choses. Je reconnais tout à fait qu’Internet et les réseaux sociaux m’ont apporté et continuent de m’apporter énormément de bonnes choses : des perspectives originales, des informations difficiles d’accès, beaucoup de soutien et, dans certains cas, des safe spaces. Je me suis également gardée de généraliser ou de formuler des critiques globales (« Qu’est-ce que ça nous apporte, de raconter toute notre vie sur Instagram ? », « On est addicts de ces réseaux qui nous rendent malheureux·ses » ou « De mon temps, c’était mieux, maintenant les jeunes sont obsédé·e·s par leurs téléphones »). C’est moi qui fais le choix de mettre le mot d’«addiction » sur ce qui a caractérisé ma relation aux réseaux sociaux. Je sais que ce n’est pas là le vécu de tout le monde et je ne veux pas dire qu’il faut à tout prix se déconnecter, ni que la connexion c’est le mal et qu’avant la télé et le TGV, on vivait mieux.

Je crois savoir toutefois que mon expérience n’est pas unique. Je connais beaucoup de personnes qui me disent, elles aussi, avoir du mal à avoir un rapport modéré aux réseaux sociaux. Qu’elles se rassurent et n’y voient pas là un signe de faiblesse de leur part : c’est normal, les réseaux n’ont pas été conçus pour qu’on en ait un rapport modéré. En prendre conscience est déjà un grand pas. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez aller plus loin : on s’en fait parfois une montagne, mais croyez-moi, se déconnecter n’est pas si difficile que cela.

 

 

Crédit photos : Bench Accounting, Priscilla du Preez, Rawpixel.com, Leio McLaren (Unsplash)

56 commentaires
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56 commentaires

Amandine 18 janvier 2018 at 12 h 45 min

Bonjour. merci et bravo pour ce témoignage poignant sur un problème de société bien réel ! J’essaye de faire de même, avec la meme visée de produire plus sur mon blog 🙂
mais j’ai bien du mal, croyant toujours ( a tords ? ) que la veille internet est utile voire vitale lorsque l’on crée … J’ai lu un livre très inintéressant sur ce sujet : PAUSE de Susan Maushart 😉
en tout cas bon courage pour la suite, la detox c’est la solution !

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 18 h 57 min

Ah, la veille Internet : après avoir empli mon Feedly de mille et un sites, j’ai fini par faire un énorme travail d’élagage. Je croulais sous les articles, les parcourais à la va-vite ou bien ne les lisais même pas, et je me sentais complètement dépassée de les voir ainsi s’entasser. Pour mon travail, je suis obligée de suivre l’actualité du mouvement animaliste, ce qui implique aussi une veille sur les réseaux sociaux, mais là aussi, je me suis rendu compte que j’étais déjà bien assez immergée dedans pour avoir besoin d’y passer 24/24 !
Merci beaucoup pour la référence, je ne connaissais pas ! 🙂

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Van Meessche Élisabeth 19 janvier 2018 at 9 h 59 min

Vous êtes formidable. Lire tous les commentaires et y répondre… Chapeau..

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Antigone XXI 20 janvier 2018 at 12 h 52 min

Merci ! Pour être honnête, ce n’est pas comme si j’y parvenais à chaque fois ! 😉

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Eymard David 22 janvier 2018 at 21 h 53 min

Bin alors ! Mdrr ! Ta pas mis Linkedln sur ton site !!! Ya que le Pigeon, Face2bouc et le Goat+ ! Sa fait carnassier tous des rapaces ! Lol ! Trés bonne écriture, Bonne continuation et Bonne Année ! Tu fais des conférences ?

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AymAsh 18 janvier 2018 at 12 h 47 min

Comme je l’ai fait lorsque tu as décidé de ne plus poster de recettes de cuisine (ton livre continue au rayon diététique à Tours !!!!) j’ai eu la même réaction en lisant cet article : forcément….
Il fallait bien que ça arrive aussi 🙂
Je m’explique, lorsque la dépendance va trop loin (chacun ayant ses propres limites, les miennes étant, personnellement, très peu étendues), la réaction est inévitable afin de ne pas sombrer dans l'”isolement” que tu décris si bien (déjà par rapport à ses proches, mais également par rapport à soi même en ne s’accordant plus le temps pour les loisirs, les non virtuels…)
Je rejoins complètement ton analyse, d’ailleurs, sur facebook j’avais pris la peine de commenter chacun de tes posts, notamment, puis en lâchant le monde virtuel, en tout cas, en m’en éloignant, j’intervenais de moins en moins et de façon générale…je crois que mon “excuse” pour garder encore mon compte fb c’est le lien que je “dois” maintenir avec mes amis qui sont partis vivre ailleurs, à l’étranger pour certains….mais est ce bien une raison valable ???? J’en suis à ce stade de ma reflexion….
Bref, je ne te connais pas, je veux dire à titre personnel et physique, mais je me dis que si c’était le cas, on s’entendrait vraiment bien 😀
Merci pour tes articles, merci pour ton engagement personnel et professionnel pour des causes justes, ce qui est sûr, c’est que je reviendrai toujours de temps en temps 😉

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 02 min

Merci beaucoup pour ton commentaire !
De mon côté, je garde aussi les réseaux sociaux pour maintenir les contacts avec des ami.e.s qui habitent loin ou que je vois peu (enfance…), d’autant que je réside à l’étranger depuis pas mal d’années. Cela m’a permis de rester en contact avec des personnes que j’aurais peut-être (et à mon grand regret) perdues de vue. Pourtant, je trouve la présence sur Facebook très différente du véritable entretien d’amitiés. Au moment où j’ai lancé mon blog, j’ai connu d’importants problèmes personnels et familiaux. Mes ami.e.s le savaient et, pourtant, un certain nombre d’entre eux m’ont un peu laissé tomber cette année-là, car iels suivaient mon blog et avaient l’impression que tout allait bien, dans le fond ! Je l’ai assez mal vécu sur le coup… Je préfère nettement les longs mails ou courriers de temps en temps qu’un petit like trop souvent !

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Zoé 18 janvier 2018 at 13 h 16 min

Merci pour cet article, je ressens aussi quelque chose de similaire, j’ai l’avantage que chez mes parents le réseau soit très mauvais (c’est beaucoup moins vrai maintenant, mais j’arrive encore à faire comme si ^^ ) et par conséquent les 2-3 semaines ou je rentre chez eux dans l’année je me fais une déconnexion totale, cela me fait énormément de bien, je reviens boostée avec de grandes ambitions de limiter mon temps de connexion et… je replonge en quelques semaines, d’abord de manière insidieuse puis franchement. Je vais tout faire pour que cette année soit différente, j’espère y réussir. Courage à toi aussi en tout cas pour t’y tenir, je me rends compte que je suis plus détendue et que je profite beaucoup plus de mes proches depuis que je limite au minimum mes temps de connexion (d’autant plus que comme toi j’ai un travail extrêmement prenant et que c’était vraiment gâcher le peu de temps que j’avais)
Je dois t’avouer que n’étant pas végane (végétarienne cependant et sensibilisée à la cause végane) le ton très militant, bien que bienveillant de tes derniers articles m’avait un peu mis mal à l’aise, j’avais peur de perdre la diversité de tes contenus. Cet article me rassure sur ce point 🙂
Je continuerais à être abonnée à ton blog dans tous les cas, bonne continuation

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 05 min

Merci de ton message et j’avoue adorer également les réseaux défectueux ou inexistants ! 😉
Merci également de ton avis sur la ligne du blog. Je comprends ce que tu veux dire et si je vais continuer à écrire des articles sur le véganisme, j’ai aussi plein d’autres sujets d’articles en préparation (lectures, voyages, opinion…). J’avais justement l’impression qu’au fur et à mesure, ma ligne éditoriale s’était restreinte et, pour tout te dire, j’avais un peu peur de la réception de cet article, car hors-sujet par rapport au véganisme ! 😉

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senami 18 janvier 2018 at 14 h 05 min

j’ai lu cet article de bout en bout, en appréciant au passage la qualité de l’écriture… j’appartiens à une autre génération que la tienne, j’ai connu une époque (quand même pas si lointaine hein ?) où internet était un mot inconnu, et le téléphone un objet que je regardais avec envie car pas autorisée à m’en servir en raison du coût… il n’y a pas si longtemps un de mes fils (qui a 27 ans) m’a demandé : “à ton époque, on faisait comment pour se donner rendez vous ?” je passe sur le “à ton époque”, et je dois réfléchir : c’est vrai on faisait comment ? ben on allait au café où les potes avaient l’habitude d’aller, on allait directement chez eux et quand on avait rendez vous on ne décommandait pas au dernier moment, on y allait, point. c’est génial internet, j’ai appris tant de choses, mais les réseaux sociaux sont conçus pour nous accrocher. paradoxalement, nous avons beaucoup de temps pour nous avec ce sentiment hautement déprimant que nous n’avons le temps de rien. la faute à qui ? à chacune et chacun. il faut juste se poser les bonnes questions, alors bravo à ton article…
senami

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 09 min

Merci beaucoup Senami ! “A mon époque” aussi, c’est-à-dire quand j’étais plus jeune, on se donnait rendez-vous le vendredi pour le samedi ou dimanche et on se retrouvait quelque part, chez des ami.e.s, dans un petit square ou dans un café, et tout allait bien ! Parfois, je me demande aussi si les téléphones n’ont pas créé le retard : il est si facile de dire ”désolé, je suis là dans 5 minutes” plutôt que d’essayer vraiment d’arriver à l’heure… Cela dit, étant d’un naturel peu ponctuel, je ne sais pas si ça a vraiment changé grand-chose dans mon cas : ça me permet surtout d’inciter mes destinataires à m’attendre plutôt au chaud ! 😉

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Cremdemarrons 18 janvier 2018 at 14 h 31 min

Merci Ophélie, j’ai adoré et je me reconnais en tous points. Pourrais-tu détailler davantage tes astuces pour arriver à se sevrer (en ce qui me concerne c’est plusieurs heures de perdues par jour…)? J’ai à peu près le même âge que toi et j’ai le souvenir d’avoir passé des heures et des heures à lire pendant mon adolescence… impossible aujourd’hui, alors que je suis en thèse. C’est bien dommage, mais quelle chance d’être née pas trop tard!. Ton article m’encourage en tous les cas. Bonne journée!

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 13 min

Oui, bien sûr ! Je vais d’abord publier 1-2 autres articles sur différents sujets pour varier un peu, mais j’ai prévu un second article avec tous mes trucs et astuces pour arriver à se déconnecter. Bon courage à toi, tu vas y arriver ! 🙂

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La Nébuleuse 18 janvier 2018 at 14 h 34 min

Ah lala ça me parle beaucoup ce que tu décris ! J’ai constaté la même chose, et c’était pire il y a deux ou trois ans… Je consultais aussi beaucoup de blogs qui ne m’intéressaient pas tant, sans les lire en détail… En mode “scroll” aussi. J’ai fini par avoir un déclic (dû à quelques retours de personnes qui constataient le souci, et à mon propre constat que je ne prenais pas assez le temps de faire des choses qui m’épanouissaient). J’ai commencé par quitter les groupes facebook qui me prenaient du temps pour m’apporter peu et à lâcher ce qui m’y ramenait comme une obligation (par exemple le rôle de modératrice que j’avais sur deux groupes). J’ai lâché en grande partie twitter, je reviens y poster de temps à autre mais j’y passe peu de temps car je trouve le réseau très anxiogène dans son fonctionnement et dans les thèmes qui ressortent sur mon fil d’actu… Par contre je suis encore beaucoup sur instagram qui me fait un effet inverse, plus de bienveillance, plus de facilité à en décrocher (pour ma part) et à y aller seulement quand j’ai envie. Par contre, moins de possibilités de discussions politiques, mais après tout, elles sont souvent plus riches et constructives hors des réseaux sociaux. Me donner des objectifs et suivre au jour le jour ce que j’ai réussi ou non à faire m’aide pas mal aussi… Et enfin j’ai installé des outils type bloqueurs de réseaux sociaux l’an dernier, j’en ai moins besoin maintenant mais ça m’a aidé à prendre des réflexes !

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 21 min

Les outils pour bloquer des pages ou pour estimer la répartition de ses activités sont très utiles et j’utilise encore Time Rescue pour contrôler ce que je fais devant mon écran (ça me permet aussi de me fixer des objectifs motivants !). En fait, j’ai fait plusieurs opérations de tri et d’élagage ces dernières années. Petit à petit, elles m’ont permis de faire le vide dans mes réseaux, mais je remarquais aussi que le temps que je gagnais à une activité (fini les groupes Fb, unfollower plein de gens et de blogs, etc.), je finissais par le reporter sur une autre activité numérique. Avec Instagram, c’est ce qui s’est passé : j’arrêtais de suivre des comptes, mais je finissais par les suivre quand même avec l’outil Recherche ! (esprit retors, sors de là) Et puis, contrairement à Fb ou Twitter, j’étais toujours tentée d’être exhaustive et de ne rien manquer sur Ig, d’où le fait que je scrollais jusqu’à retomber sur les publis déjà vues… Et ça pouvait prendre du temps !

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La Nébuleuse 19 janvier 2018 at 11 h 40 min

Oui c’est vrai j’ai constaté que j’avais tendance à reporter aussi… faut vraiment avoir de l’auto discipline, et les expériences de déconnexion complète y aident pas mal. A Madagascar j’ai passé deux semaines sans internet ni connexion téléphonique et ça fait vraiment relativiser sur l’importance de suivre l’actualité au jour le jour… En revenant je n’avais plus spécialement envie de passer autant de temps sur les réseaux sociaux. Puis on finit par rechuter… et il faut une piqure de rappel !

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Magali 18 janvier 2018 at 14 h 57 min

Merci Ophélie pour ce témoignage qui résonne aussi beaucoup en moi. Tu as raison de parler d’addiction et de sevrage, car c’est bien de cela dont il s’agit. Je suis en plein dans l’addiction en ce moment et ton article va me permettre de reprendre un peu de recul. Tu parles d’impact sur la concentration, j’ajouterais aussi que le fait de scroller, scroller limite aussi notre esprit, j’ai l’impression de devenir crétine 😉 Mes yeux allant continuellement de bas en haut et de haut en bas. Mon champ de vision rétrécissant à l’instar de mon esprit. Je ne base sur aucune étude juste sur mon intuition.
Et je suis ravie d’apprendre que ton espace temps concernant ton blog s’est de nouveau rallongé, je te suis depuis si longtemps et vous êtes avec Natasha d’echos verts, 2 jeunes filles épatantes : vos reflexions, idéologies, vos combats vous honorent. Vous m’apportez beaucoup, beaucoup, beaucoup.

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 26 min

Oh, merci ! Je ne sais pas si scroller rend plus bête, mais en tout cas, le réflexe de “scroll” m’a fait perdre en patience de lecture sur écran : au fur et à mesure, je me suis rendu compte que je ne lisais plus les articles, mais je scrollais, surtout vers la fin, même s’ils étaient intéressants… J’essaie maintenant de mieux choisir les articles que je vais lire et prendre vraiment le temps de le faire. Et oui, Natasha est géniale ! 🙂

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Matmout 18 janvier 2018 at 15 h 00 min

J’imagine en effet que ça doit être difficile quand on est une “personnalité publique”, et que la présence sur les réseaux est quasi-obligatoire.

Je trouve ton article intéressant, parce que je m’étais posé la question d’un retour sur les réseaux sociaux récemment.
J’avais crée un compte Facebook il y a quelques années, mais j’avais fini par ne plus y aller, après certaines déceptions (superficialité de mise, messages légers et comiques bien plus appréciés et commentés que quand on fait suivre une demande d’aide à quelqu’un par exemple, modification plus ou moins consciente de mes commentaires dans le but de récolter le plus de “likes”, incapacité à apporter un sentiment de lien social malgré les apparences, etc.).
Donc ça fait quelques années que je n’y suis pas allé. Et je m’en porte très bien. D’ailleurs ma relation avec mon téléphone “non-intelligent” est bien plus saine que n’importe quelle relation que je pourrais avoir avec un homologue “plus développé” je pense. ^^

Mais voilà, étant devenu végane et assez “calé” sur le sujet, j’envisageais d’y revenir pour partager des choses, commenter pour “relever un peu le niveau” quand les commentaires sont foireux, ou apporter des infos de façon constructive, etc. Bref, augmenter si possible mon influence bénéfique pour les animaux, tout en ayant des discutions potentiellement intéressantes qui peuvent m’apprendre des choses.

Mais finalement, après réflexion, je m’étais dit que ce n’était pas la peine, que j’allais rapidement être happé par les travers des réseaux sociaux, que j’aurais peut-être du mal à ne pas dépenser un temps et une énergie excessifs pour quelque chose qui n’a finalement que peu d’importance et d’impact (débat sans fin, etc.), que d’autres le faisaient déjà suffisamment bien pour que ma présence apporte un plus, et que ça allait finalement plutôt me pomper mon énergie et me rendre plus irritable et moins efficace.
Du coup ton article me conforte dans mon point de vue. 🙂
D’autant plus que les gens sont parfois bien plus virulents et moins nuancés, tranquillement cachés derrière leur écran, et que les dérives liées à l’effet de groupe sont relativement fréquentes j’ai l’impression.
Je pense qu’il y a pas mal de gens qui connaissent ça, sous les apparences de “tout est beau” ou au contraire de “je m’en fout de tout” qu’on retrouve souvent (selon moi, mais comme j’ai pas une expérience énorme des réseaux sociaux non plus, il y a très certainement des “coins” où c’est mieux ^^).
Et puis ne pas avoir de compte n’empêche pas de suivre en spectateur les pages qu’on trouve intéressantes.

En effet, je pense que c’est important de garder du temps pour soi, voire pour ne rien faire et se recentrer. Ça permet un recul qui est souvent bénéfique. Je te souhaite de continuer comme ça, si tu en ressens déjà les bienfaits.

A partir du moment où on sent que ça nous convient pas et ne mène à rien de bon (ou à plus de mal que de bien), autant prendre ses distances. Il y aura toujours des gens plus “raisonnables” pour exploiter les avantages des réseaux sociaux, ou des choses plus intéressantes à faire de notre côté.

Bref, les réseaux sociaux sont un outil super intéressant auquel le mouvement animaliste doit beaucoup, mais c’est bien de mettre en garde aussi contre leurs potentiels inconvénients.

(Et hésitez pas à liker mon commentaire si vous êtes d’accord, surtout !)

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 39 min

Si je n’avais qu’un conseil à te donner, ce serait le suivant : suis ton intuition et fuis Facebook ! Je sais que ça fait vraiment “cracher dans la soupe” et aussi exagéré car ce n’est pas non plus comme si j’étais star de cinéma, mais parfois, je rêve de revenir à un certain “anonymat”. Plus de réseaux sociaux, plus 10.000 mails à gérer dans la journée, plus de comptes à rendre… Aaaah, le rêve !
Bien évidemment, tout n’est pas noir ou blanc : les mouvements sociaux doivent beaucoup à internet : ils y gagnent une formidable plateforme d’expression, eux qui sont d’ordinaire mis à l’écart des medias traditionnels. Le mouvement animaliste ne se serait très certainement pas développé autant sans internet, c’est sûr, que ce soit au niveau des idées comme de la pratique (blogs culinaires, etc.).
A propos des débats sur internet : http://brandnewchapter.com/7-reasons-arguing-online-is-a-waste-of-your-time/ 😉

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Matmout 19 janvier 2018 at 10 h 44 min

Ben pas besoin d’être une star de cinéma pour parfois rêver à un peu de tranquillité, je comprends aisément. Le bon côté c’est que tu peux toucher beaucoup plus de monde que quelqu’un d’anonyme, mais c’est sûr que ça n’a pas que des avantages au niveau personnel, j’imagine. C’est pas cracher dans la soupe d’en être conscient. 😉

Merci pour le lien. Du coup ça me donne envie d’en discuter, parce que je partage pas tous les points de vue de l’auteur, héhé. ^^
En fait je dois être un peu candide (mais je me dis que tout le monde gagnerait à être un peu plus comme ça), parce que je vois pas les débats comme un combat “moi ou nous VS les autres” (ça fait très longtemps que j’essaie d’être le plus indépendant possible et me méfie des dérives de l’effet de groupe ou du sentiment d’appartenance, qui pousse surtout à défendre ce qu’on assimile à son identité au détriment du reste), mais plutôt comme un moyen d’apprendre potentiellement des choses ou de faire réfléchir les gens, tout en étant stimulant intellectuellement. Après je cache pas que c’est glorifiant pour notre amour-propre de sentir qu’on a raison (mais après tout, admettre qu’on a tort en public, ça a aussi son côté glorifiant, tout comme se dire qu’on ressort nous et notre interlocuteur avec plus de connaissance ou un point de vue plus large d’un échange, donc à ce niveau là ça se vaut). Je trouve ça stérile les débats où les égos prennent trop les devants, comme ceux dont il parle, et qui ont souvent lieu sur les réseaux sociaux, d’après ce que j’en ai vu, malheureusement. Comme le lien le dit bien, tu peux dépenser une énergie folle à essayer d’avoir raison, mais c’est une bien maigre récompense face à la fatigue engendrée, surtout si tout ce que ça amène c’est que l’autre se sent vexé.
Tout le monde gagnerait à calmer un peu son égo (la première étape étant de prendre conscience du moment où il prend trop les commandes), et à avoir des échanges pacifiés qui permettent à chacun de progresser (ou qui se conclueraient plus rapidement par des “bon ça mène à rien, on arrête là”, au pire). Après, je dis ça tout en étant le premier à parfois pester contre la “lenteur” des gens à désamorcer leur préjugés et autres biais, notamment dans le cas particulier de la cause animale, qui est l’un des rares débats, je pense, qui a des implications pratiques et concrètes très nettes.

Je comprends la propention naturelle à vouloir avoir raison au détriment du reste, et je suis très loin d’être parfait à ce niveau, mais personnellement, je pense que ce qui m’a fait beaucoup progresser, c’est de penser à la finalité, i.e. aux animaux, et à tout ce qu’ils endurent. Je me dis que je leur doit bien de calmer un peu mon égo, mes pulsions narcissiques ou agressives. Et ce qui est bien, c’est que ça influe aussi sur d’éventuels débats qui ne les concernent pas directement, parce que je me dis plus facilement que je ferais mieux de garder mon énergie pour autre chose. Après, ça, c’est plus facile pour des gens qu’on ne connaît pas, ou qu’on connait mais qui ne sont pas très proches, je trouve. Avec les proches, les aspects émotionnels ont tendance à plus facilement prendre le dessus, pour ma part.

Où je rejoins complètement le texte du lien, en revanche, c’est sur la virulence excessive des gens sur internet. Je comprends qu’être caché derrière un écran de façon “anonyme” puisse débrider certains freins à des pulsions violentes, mais je me dit que c’est plutôt triste tous ces gens, qui finalement ne font que recracher des frustrations de leur vie “réelle”, à mon avis, et se font du mal en même temps qu’ils en font aux autres. Le truc c’est que je suis sûr en plus que ce n’est pas une majorité des gens. Mais c’est ceux qu’on voit le plus, parce que par définition ils ne se censurent pas, et ils repoussent les gens plus “censés” qui ne veulent pas se lancer dans une discussion qui va dévier en attaques ou en troll en moins de deux.

Et deuxième point où je suis entièrement d’accord, c’est sur l’impact sur les sentiments des gens des échanges sur internet. Même si les gens restent courtois et tout, forcément à l’écrit c’est au lecteur de recréer le ton d’un message dans sa tête, donc quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’estime de lui risque de prendre un simple désaccord pour une attaque personnelle, et en souffrir, sans forcément le dire. Et ça, c’est vraiment très dur à contourner, surtout quand on parle à quelqu’un qui ne nous connaît pas en vrai.
Donc de toute façon, pour l’instant j’en suis arrivé à la conclusion que c’est bien mieux d’échanger en face à face, là où l’autre voit que tu l’écoutes et prends en considération ce qu’il dit, que ton désaccord n’est pas forcément un jugement de valeur sur sa personne, et ou tout simplement tu peux plus facilement montrer que si tu veux le convaincre, c’est que tu es touché par ce qui se passe plutôt que pour glorifier ton égo en te disant que tu as raison ou que tu es plus éclairé que lui ou elle (même si encore une fois c’est toujours agréable de se dire qu’on a raison).

Bref, je commence à m’éloigner complètement du sujet de ton article, désolé. 🙂

Encore merci pour l’article, le conseil et le lien. Je pense en effet que ça sera mieux pour moi de ne pas y retourner. La longueur de mes commentaires ici suffit à me donner un aperçu du temps que j’y passerais. ^^

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Marine 18 janvier 2018 at 15 h 29 min

Merci beaucoup pour ce témoignage ! Il reflète tout à fait ce que je vis aussi et les réflexions qui étaient présentes à mon esprits ces dernières semaines. Pour ma part, les réseaux sociaux sont ma petite bataille personnelle de 2018 (en plus de finir ma thèse… mais l’un et l’autre vont une peu ensemble…!). L’an dernier j’ai tenté bcp de choses mais comme tu dis, je contournais sans arrêt mes propres barrières. En 2018, le début est plus drastique et j’ai commencé par supprimer ceux qui me paraissaient superlfus et à réfléchir aux manières de suivre les blogs, groupes, etc. que j’y aimais bien d’une autre manière, plus posée et plus sereine. Parce que tout de même il y a plein de belles choses à voir et à suivre. J’ai toujours cette habitude-réflexe de filer sur les réseaux dès la moindre difficulté, mais j’essaie de la repérer et de la comprendre pour peu à peu l’éliminer. J’espère peu à peu retrouver ma capacité de concentration. Je serais ravie de lire d’autres articles sur ce thème si tu en réécris !

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Marion Maillet 18 janvier 2018 at 16 h 29 min

Encore un article très intéressant ! 🙂
Merci pour ton témoignage, tu vois, je ne me serai jamais douté que tu étais quelque peu accro aux RS ! Je te comprends lorsque tu dis que si tu n’avais pas de blog, tu les aurais quitté. C’est personnellement pour cette raison que je me suis inscrite cet été sur mon premier – et unique – réseau. Twitter m’a pas mal aidé à diffuser mon blog mais bordel, que c’est violent …
Je n’ai jamais été fascinée par Fb et autre, j’ai choisi Twitter un peu au hasard … je ne regrette pas car une fois que l’on choisit bien ses abonnements, ce ne peut qu’être du positif mais je doute y rester encore 107 ans.

Je me retrouve en revanche parfaitement lorsque tu parles de voir un paysage comme si on le préparait pour une photo ! J’adore photographier, principalement pour moi, mais je me balade plus souvent mains nues qu’avec mon APN pour éviter cet écueil justement ! Ton article tombe à pic pour me rappeler cette résolution 🙂

Bisous Ophélie !

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 56 min

Pour le paysage, c’est également quand j’ai commencé à sentir que prendre des photos n’était plus un seul plaisir, mais que cela devenait un “travail” et que cela me gâchait mon expérience des lieux où je me rendais que j’ai reculé… Maintenant, je fais bien attention à ne prendre mon appareil photo que lorsque je veux véritablement prendre des photos et là, c’est une activité dans laquelle je m’investis vraiment. Sinon, je préfère ne pas le prendre et profiter ainsi pleinement de ma visite. Quand je pars en vacances, il peut ainsi se passer des jours sans que je ne sorte mon appareil !

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Fanny 18 janvier 2018 at 17 h 06 min

J’aurais pu écrire cet article, je m’y retrouve tellement. C’est comme si j’étais fumeuse mais que ma cigarette , c’était les RS. Comme toi, j’ai des projets où Internet et les réseaux sociaux sont importants, sinon je crois que je couperai tout ou presque, parce que c’est trop bouffeur de temps, énergivore pour au final du scroll d’infos pas importantes. Et la concentration, mon Dieu, je suis incapable de bosser plus de 35 minutes sans avoir envie d’aller sur Facebook, c’est juste un cauchemar de réaliser ça.
Je crois qu’il faut que j’entame une vraie déconnexion pour reprendre le pouvoir sur mon temps de vie.

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 19 h 58 min

Pour la concentration, ça m’a vraiment fait peur de me rendre compte à quel point j’étais incapable de rester attelée à la même tâche sans avoir besoin de “récompenses” tout le temps. Avec le temps, je me dis que j’aurais peut-être raté ma prépa si j’avais eu Internet à ce moment-là ! 😉

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David Lajarge 18 janvier 2018 at 17 h 49 min

Coucou !
Un ami m’a envoyé ton article. Bravo pour cette prise de conscience et ce travail sur toi. C’est audacieux, c’est courageux et c’est plein de sens car sans recherche d’équilibre on perd toujours face à l’hyperconnexion… Je te souhaite sincèrement de cultiver longtemps cet équilibre retrouvé 😉

En tout cas, perfect timing car je sors un livre humoristique (mais qui se veut utile, avec une vraie logique de conduite du changement) sur le sujet, aux éditions Michel Lafon. Voici la fiche : http://www.michel-lafon.fr/livre/1989-TU_VAS_LACHER_CE_TELEPHONE.html

N’hésite pas si tu veux en discuter.

PS : si j’avais su, je t’aurais interviewé avec plaisir pour la partie témoignages

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Antigone XXI 18 janvier 2018 at 20 h 00 min

Merci beaucoup David ! J’ai bien vu que cette hyperconnectivité ne me rendait pas heureuse et j’admire les gens qui ont un usage naturellement modéré des réseaux sociaux.
Bravo surtout pour ce livre : c’est un travail d’utilité publique ! 🙂

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Lisa 20 février 2018 at 11 h 15 min

Salut David, je vais offrir ton livre à tout mon entourage en fait !
Rien ne vaut l’humour pour passer des messages…

Je ne suis plus sur aucun réseau social depuis plusieurs mois et le sevrage a pris également plusieurs mois. J’ai pu facilement me déconnecter grâce à une prise de conscience totale. Je n’aimais plus ce que je lisais, ce que je voyais, ce que je ressentais en parcourant mes fils d’actualités, les photos ou les articles. Le manque de spontanéité, les articles surfaits et la désinformation totale m’a fait prendre conscience que je perdais mon temps sur des choses qui me passionnaient vraiment : l’écologie, l’amour de la nature, la lecture, la solitude, le silence, la marche..et tant de choses si simples, si naturelles..mais qui me rendent vraiment heureuse. J’ai pris conscience également que j’étais totalement contre notre société capitaliste, vivant tous à crédit.. où la productivité et la consommation priment sur les valeurs humanistes tels que l’amour et le partage..maintenant je réfléchis consciencieusement lorsque j’achète quelque chose, je diminue mon train de vie et mes achats : mon rêve ne plus être une esclave moderne pour enrichir encore les mêmes personnes et vivre hors de cette société…mais c’est difficile de franchir ce cap, d’être marginalisée…

J’ai également encore beaucoup de mal à laisser mon téléphone, même si j’arrive à le mettre en mode avion le soir lorsque je me couche pour regarder un film ou lire un bouquin. Mais je le regarde encore trop souvent si j’ai réceptionné un message ou juste par habitude.

Je pense même reprendre un téléphone basique…mais j’aimerai que notre société capitaliste s’essouffle pour de bon…que nos besoins incessant de s’enrichir s’estompent…bref je m’égare sur d’autres sujets! Mais sortir de la s^phèr des RS est une LIBÉRATION !! 🙂

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Christel 18 janvier 2018 at 20 h 55 min

Bsr,
Très bon article et tu as ce don d’introspection. Je n’ai pas de blog ni de portable mais j’ai été addicte à FB. Groupe écolos et jusqu’à 8 groupes véganes au point de ne plus rien faire d’autre. Je me suis désinscrite et j’ai l’impression de revivre. Pas de Twitter, ni Insta..;. Bref! En tout cas ravie que tu comptes publier plus sur ce blog. Je te souhaite de continuer à trouver ton équilibre sur la durée.

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Antigone XXI 19 janvier 2018 at 8 h 48 min

Merci beaucoup Christel ! 8 groupes Fb ? Mon Dieu, j’aurais perdu la tête… On m’avait inscrite à plein de groupes sans que je demande quoi que ce soit et rien que voir toutes ces notifications me rendait folle (mais c’est fini, je me suis désinscrite de partout !) 😉

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stéphanie 18 janvier 2018 at 21 h 12 min

C’est exactement pour ça que je refuse de m’acheter un téléphone “intelligent”… Je sais que ça me ferait plonger… Je passe déjà beaucoup beaucoup trop de temps sur internet, et notamment en effet depuis que FB est entré dans ma vie (que ça par chance!!) Et chez nous toutes les vacances sont déconnectées puisque nous n’avons pas internet sur le téléphone et que nous n’emmenons jamais l’ordi. Et bien ça fait un bien fou!!! mais à chaque fois qu’on revient je replonge de la même façon que toi! Bravo en tout cas pour cette bonne résolution!

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Antigone XXI 19 janvier 2018 at 8 h 54 min

Honnêtement, après avoir longuement résisté, j’ai depuis l’an dernier un téléphone avec internet et j’ai bien vu combien cela incitait très fortement à passer son temps dessus ! Je le garde, car cela a aussi des côtés pratiques (le GPS en voyage…), mais c’est sûr que cela renforce très fortement le risque d’addiction 😉

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christelle is flabbergasting 19 janvier 2018 at 4 h 48 min

Ah comme ton article résonne en moi ! L’excuse du travail, du blog, de la veille pour être sur internet, je m’en suis déjà servie et resservie. Ça fait quelques années que j’essaye vraiment de réduire mon utilisation des médias sociaux et de cette envie de les checker sans cesse, par ennui, quand l’ordi rame, par réflexe, etc.

Pendant longtemps, je n’ai pas eu de téléphone portable à Montréal; et comme toi, j’ai vu la différence ce que ça faisait ou plutôt, j’ai du me rendre à l’évidence : je consultais beaucoup TROP souvent les RS. Par contre, quand je suis avec des ami.e.s, ou au resto, à moins d’une assiette vraiment extraordinaire, je ne dégaine jamais mon cell !

Je me suis également déconnectée de toute forme de réseaux pendant les vacances de noël. Ça fait deux ans d’affilée et à chaque fois, ça fait un bien fou. Les premiers jours, c’est un peu bizarre, mais je résiste à la tentation… et puis après, c’est le plaisir de lire un livre, faire du macramé, rien faire qui revient… et pouf j’oublie !

C’est toujours le retour au boulot qui est plus difficile, tu retombes dans les mails, tu relayes un de tes articles sur fb, insta, blabla… et c’est facile de se remettre à scroller pour rien. Mais comme toi, je ne veux plus de ça. ET je veux retrouver du temps pour autre chose ! Bref, je vais attendre patiemment ton 2e article de conseils, et mettre les miens en pratique juste après avoir publié ce commentaire. 😉 Je file attraper une bonne BD! Bonne soirée Ophélie !

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Antigone XXI 20 janvier 2018 at 10 h 53 min

Replonger après une pause, j’ai connu ça aussi… C’est souvent insidieux et progressif, et j’ai été tellement déçue à chaque fois ! Personnellement, quand je partage qq chose sur les réseaux sociaux, j’essaie 1) de me fixer une heure en particulier pour le faire (par exemple midi ou 18h) plutôt que le faire spontanément, alors que j’étais dans une autre activité ; 2) de ne pas en profiter pour scroller ! Je me dis que ma mission, c’est de poster cette info et c’est tout ! Pas facile toujours, mais pour le moment, ça marche 😉

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Bibiche 19 janvier 2018 at 8 h 33 min

Forcément ton billet fait écho… il est certainement temps que j´y pense aussi à cette detox …
Je t´embrasse !

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Antigone XXI 20 janvier 2018 at 10 h 54 min

Merci ! Mais oui, lance-toi aussi ! 😉

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thegreenseptember 19 janvier 2018 at 8 h 54 min

Cet article nous parle à tous je pense et encore plus quand nous avons une activité liée aux réseaux sociaux (un blog notamment).
J’ai tout essayé comme toi… j’avais besoin de me déconnecter, je perdais ma concentration au travail, l’attention de mon amoureux, la bienveillance de mes amis et de ma famille. Les réseaux sociaux m’ont beaucoup éloigné de la vraie vie, celle que l’on doit savourer car elle est courte.
Et puis j’ai trouvé un remède miracle… mon portable est tombée en panne…problème de batterie…de 80% je passais à 0% sans prévenir. Pas vraiment envie de remettre 500 euros voire plus dans un tel outil. Alors j’ai tout désinstallé: tous les réseaux sociaux mais également toutes mes photos. Mon portable ne me sert uniquement qu’à envoyer des sms et passer des appels et un peu de GPS car je n’en ai pas dans ma voiture. Je revis. Je sais que je finirai pas en racheter un mais j’ai déjà regardé pour prendre un ancien modèle. J’aimerais revenir à l’utilité première du téléphone: téléphoner, sms et internet de temps en temps.

Le reste je gère ça avec ma tablette. Tablette que je n’utilise que chez moi puisqu’il me faut du wifi. Je suis vraiment présente lors des diners en famille, entre amis ou avec mon amoureux. Je voyage en appréciant chaque moment et je me dis que je partagerais tout cela sur les réseaux mais à mon retour.

Belle journée à toi <3 et vraiment merci pour cet article!

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Antigone XXI 20 janvier 2018 at 12 h 55 min

Personnellement, je regrette presque d’avoir investi dans un téléphone intelligent, d’autant que je l’ai (entre autre) initialement fait pour avoir une utilisation plus efficace des réseaux sociaux (belle ironie !). Le mien n’a pas l’air encore décidé à tomber en panne, mais s’il le fait, je pense aussi que je reviendrai à un modèle beaucoup plus basique… Après tout, l’immense mérite de mon vieux Nokia, c’est que sa batterie pouvait tenir 10 jours !

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Josephine March 19 janvier 2018 at 9 h 03 min

Bonjour précieuse Ophélie,
Je n’ai ni smart, ni iPhone, ni tablette, 1 seul ordi à la maison – par choix et pour essayer d’être à minima cohérente avec ma pensée décroissante. Je ne suis venue que tard aux réseaux sociaux (usage limité à seulement une page fb sur laquelle je n’ai jamais rien publié et qui me sert juste à accéder à celle de quelques amis réels). Mais depuis environ 1 an, en corrélation avec l’augmentation de mes activités militantes, je navigue davantage sur facebook (qui me sert aussi à m’informer), il m’arrive d’interagir avec mes amis facebook (amis réels, j’insiste, mais parfois un peu distants géographiquement) et je fais un usage plus intensif de mes boîtes-mails. Je dis “mes” parce qu’en plus de ma boîte perso, je gère celle de mon asso citoyenne et celle de mon activité pro. Mais cette activité numérique, tout comme tu le décris si bien te concernant, ne me satisfait pas. Au-delà de l’aspect chronophage, il y a mon impact sur l’environnement. Je sais qu’avant mon premier ordi (je n’en suis qu’au 2e), je pesais beaucoup moins sur la terre. Et il y a très peu de temps, à la suite de mes larmes devant l’image de cet ours polaire famélique (j’imagine que tu l’as vue passer aussi), Jules m’a assené : “Tu pleures devant quelque chose auquel tu contribues”. C’est violent, mais juste. La conséquence première a été de me remettre encore davantage en question, mais surtout de revenir en arrière dans ma conso numérique. J’ai écrit à quelques amis que je souhaitais sensibiliser sur le sujet un texte intitulé : “Comment je suis devenue tueuse d’ours polaires”, dans lequel je leur parle du cloud qui représentait 4 % de la consommation mondiale d’énergie en 2015 – consommation appelée à tripler d’ici 2020 avec l’explosion du commerce des data et donc du nombre des data centers – , des 200 kg de gaz à effet de serre que balance annuellement un internaute, de l’impact humain et environnemental de l’extraction des composantes de nos “écrans”, sans parler des conséquences de la pollution électromagnétique sur nos capacités cérébrales et sur notre santé etc…. Mon idée n’étant pas de culpabiliser, mais que, comme pour l’alimentation, mes amis fassent les choses en conscience. Comme j’essaie de le faire dans chaque acte, chaque instant de ma vie.
Je suis heureuse de te lire à nouveau – je réduis mon usage d’internet autant que je peux mais ton blog fait partie de ce sur quoi je ne transigerai pas 🙂 Ce que tu partages est riche d’enseignement, de découverte et de réflexions…. à partager ensuite. Merci beaucoup, chère Ophélie !

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Azilis 19 janvier 2018 at 10 h 40 min

Coucou Ophélie,
Et bien, je me suis beaucoup beaucoup reconnue dans ton article! Comme toi, je suis accro à la pompe à dopamine que peuvent représenter les réseaux sociaux. Et c’est encore plus dur de m’en détacher, car j’ai la chance de ne pas avoir de haters ou de commentaires malveillants, que du bonheur donc 😉
Blague à part, je vais et partage très peu sur FB, sauf depuis que je suis inscrite sur un groupe d’entrepreneuses sur lequel j’apprends énormément de choses (des trucs administratifs, de gestion, bref, des trucs qui sont trèèèès loin de moi à l’origine ^^). Sur twitter, j’apprends aussi et j’ai accès à de supers ressources/articles (mais, j’avoue que c’est aussi là où je m’énerve le plus intérieurement en voyant passer des conflits ou des prises de positions révoltantes qui sont débattues ci et là). Et Instagram, c’est le pire, dans le sens celui sur lequel je passe le plus de temps et duquel j’ai le plus de mal à me détacher! J’essaye régulièrement de réduire mon nombre d’abonnements, mais c’est compliqué : entre les comptes de photos de voyage, d’animaux mignons, de yoga, de belles photos culinaires, d’inspiration culinaire de tous les jours, et enfin (et surtout) de copines de l’internet, ça fait un certain nombre… C’est le réseaux social sur lequel je papote le plus, et depuis que je travaille à la maison, c’est devenu important ces papotages, un peu comme de rejoindre ses collègues à la salle de pause et de boire un thé. D’ailleurs, c’est ce que je fais : je fais une pause dans mon travail pour me faire un thé et faire un tour sur Instagram; ça dure le temps du thé, et zou après je m’y remets!
Je m’interroge pour ma part à savoir si dans mon cas le scrollage intempestif tient plus de l’addiction ou de la procrastination ?! Un peu des deux sans doute…
Par contre, je n’ai aucun souci à être privée des réseaux sociaux si je suis en vacances ou dans un endroit sans réseau. Je les oublie complètement. C’est ce qui me rassure et me dis que je ne dois pas être si addicte que ça ^^

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Gwen 19 janvier 2018 at 11 h 08 min

Ton témoignage me parle beaucoup ! L’arrivée de mon smartphone à fait basculer ma consommation… Même si déjà avant facebook faisait beaucoup parti de ma vie, Twitter et instagram ce sont ajoutés… Avec une amie d’enfance nous nous sommes faits la réflexion : “Mais comment trouvait-on le temps d’écrire nos romans quand nous étions enfant alors même que nous faisions aussi nos devoirs ?” Nous n’avions pas facebook, ni de blog… Le week-end ou en vacances j’arrive mieux à décrocher (un peu moi pour insta) parce que j’oublie mon téléphone dans un coin ou au fond du sac, mais la semaine c’est très difficile. Mon mari n’a aucun compte sur les réseaux sociaux et ne consulte que très rarement ses mails (je lui ai créé sa boîte mail, lui ai donné son 1er portable en lui filant un ancien à moi… pour dire à quel point ça l’intéresse!). Mais il lui arrive aussi de “perdre du temps” sur internet en cherchant des infos.
Bref, je sais que j’ai un problème et comme toi, sans mon blog, j’aurais quitté les réseaux sociaux je pense.

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Sarah 19 janvier 2018 at 15 h 11 min

Moi j’ai supprimé facebook il y a pas mal de mois de cela et je croyais que je ne pourrais pas tenir le coup, au final je ne l’ai jamais remis.
Ce que j’avais fait c’était de mettre sur mon telephone les raccourcis des sites/blogs que j’appréciais, l’application médiapart et a chaque fois que me prenait l’envie de me reconnecter je lisais un article.
Par contre j’ai gardé messenger pour les amis, et je consulte plusieurs fois par jour les blogs/sites en question du coup question sevrage a internet c’est raté mais au moins je ne suis plus sur fb qui m’exaspérait et me consommer troop de temps.
Ton article me donne envie de repenser mon rapport a internet complètement et a me connecter beaucoup plus rarement 🙂

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Laura Healthy Vegan 19 janvier 2018 at 17 h 45 min

Coucou Ophélie ♥

Merci pour ce super article que j’ai lu avec beaucoup de plaisir. Il fait écho à mes propres réflexions et me conforte dans l’idée que je dois prendre plus de recul avec les réseaux sociaux, pour y passer moins de temps. Seulement, c’est particulièrement difficile lorsqu’on est blogueuse et que l’on dépend donc en grande partie de ces réseaux pour fidéliser une communauté et les inviter à venir découvrir les nouveaux articles.
J’ai supprimé Snapchat il y a quelques mois et cela m’a permis de gagner du temps. Sur Instagram j’avais également fait un grand tri (au risque d’en vexer certain-e-s). Cependant je remarque que ce qui me fait particulièrement perdre mon temps et où l’on peut vite passer de précieuses minutes, c’est sur la page de “découverte” d’Instagram (celle avec la petite loupe), qui propose photos et vidéos de comptes que l’on ne suit pas, mais qui sont bien évidemment ciblés pour correspondre à nos goûts.
Je commence à me forcer à ne plus consulter mon téléphone au réveil (pas facile lorsqu’il sert de sonnerie pour le réveil) et je gagne ainsi 15-20 minutes le matin, ce qui n’est pas négligeable.
Hier soir sur France 2, l’émission “Envoyé Spécial” proposait un documentaire passionnant sur notre rapport d’addiction aux écrans et parlait des effets néfastes sur les tout petits. Je te le conseille vivement 🙂

Merci d’avoir partagé avec nous ton ressenti et expérience personnelle.
Passe une très belle journée,
Laura.

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Soraya 20 janvier 2018 at 17 h 35 min

Ton article est super intéressant.
Voir et se rendre compte à quel point les réseaux sociaux dominent notre vie alors qu’avant on vivait très bien sans…
Comme une addiction comme tu dis qu’il faut réussir à modérer ce que tu arrives à faire petit à petit.
Tout comme toi, en partant en vacances il y a un an j’avais tout désinstallé de mon téléphone et à ma grande surprise, j’avais réussi à vivre ce “sevrage” avec facilité. En revanche, en revenant en France, mes mauvaise habitudes sont vite revenues et j’avais le droit dans les conversations “mais oui t’as pas vu sur Facebook ?” je me sentais rapidement hors sujet alors je suis replongée dedans.
C’est dingue comme les réseaux sociaux ont pris le pouvoir dans nos vies, notre quotidien. Parfois, j’aimerais qu’ils n’existent plus pour qu’on se sente mieux.
J’avais écris un article sur le blog si tu veux ! Bravo à toi en tout cas.

Des poutoux

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lewerentz 20 janvier 2018 at 18 h 22 min

Oui, article très intéressant et pertinent ! Merci.

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chariesque 21 janvier 2018 at 9 h 07 min

Merci pour ton témoignage et tes “trucs et astuces” ! J’ai aussi un rapport que je trouve trop fort aux réseaux sociaux – même si je n’ai pas de smartphone. C’est un point sur lequel je ne veux pas transiger, même si je sais qu’à terme je serai obligée d’en avoir un : la dernière fois, ce fut la croix et la bannière de trouver un portable ni tactile, ni smartphone… je n’imagine pas dans 5 ans. Bref, je pense être bien moins addict du coup que tous mes proches vissés à leurs téléphones, mais je n’aime quand même pas cette relation à instagram, facebook – bien que pour moi cette relation cesse dès que je sors de chez moi (ouf) : tenant un blog, je suis comme toi tenue par ces réseaux sociaux qui sont bien pratiques pour partager son travail, dialoguer avec d’autres artistes etc… Je n’arrive du coup pas à trouver un juste milieu dans l’utilisation “professionnelle” de ces sites et l’utilisation superflue qui en découle. C’est bien difficile de trouver cette modération dont tu parles !

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chlouwy 21 janvier 2018 at 13 h 54 min

Je me reconnais complètement dans ce que tu as décris, j’ai aussi été une véritable addict à facebook, instagram, et internet en général… Et la seule façon pour moi de me “calmer”, c’est d’arrêter complètement ! Je n’arrive pas à n’y aller qu’un peu. J’ai donc supprimé l’application instagram de mon téléphone, et comme par magie, j’ai retrouvé des heures en plus à mes journées ! Quant à facebook, j’ai eu un problème de mot de passe, et je ne peux plus y accéder depuis 5 mois, tant pis, tant mieux, je vis très bien !
Et finalement, la plus grande prise de conscience, ça a été le mois dernier, notre box internet a eu un problème sérieux : plus de téléphone ni internet pendant plus de 3 semaines ! AU début c’était la cata avec le travail, les choses à finir, et puis finalement, ça a été mon mois préféré de l’année : je n’ai jamais eu autant de temps pour lire, dessiner, peindre et prendre le temps de ne rien faire ! Vivement la prochaine coupure 😉
Au plaisir de te lire encore plus par ici ♥

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Blandine 24 janvier 2018 at 21 h 05 min

Merci pour cet article très intéressant et ton partage d’expérience en toute honnêteté ! Souvent les gens ont honte de dire qu’ils sont addicts à internet parce que c’est vrai c’est comme une drogue ! De mon côté je m’en suis rendue compte quand je me suis fait voler mon téléphone je me sentais tellement nue et au bout de deux jours je m’y suis habituée et j’ai vraiment vécu le moment présent sans toutes ces distractions que nous donne le téléphone. Lorsque j’ai racheté un nouveau téléphone, j’ai installé mes applis favorites mais j’ai désactivé toutes les notifications réseaux sociaux et email et depuis je choisis le moment où je consulte tout ça, en général une à deux fois par jour. C’est pas toujours évident à tenir mais la suppression des notifications m’a beaucoup aidé 😉

Au plaisir de te lire !

Blandine

https://enmodenaturel.com

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Rose 29 janvier 2018 at 23 h 06 min

Oh bah oui … tu n’es pas la seule effectivement … J’arrive même pas à imaginer comment un réveil tôt en semaine est possible sans passer 5 minutes à scroller. Ma petite astuces est de lancer Le Monde au lieu d’un réseau social. Et pour le soir, malheuresement, je ne préfère pas commencer sinon je ne décroche pas ! 😮 A la place, un petit tour sur l’un de mes blogs préférés suivi d’une séance bouquinage, c’est tellement mieux !
Des bisous, Ophélie ! Hâte de te relire 😉

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Marine / rainorshineblog 30 janvier 2018 at 11 h 19 min

Mon premier pas digital detox, supprimer toutes les notifications, l’app Messenger et Facebook et ma sonnerie de tel ! Pour prendre plus de temps pour lire des livres et découvrir de nouveaux blogs 🙂

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Vers le minimalisme numérique | Écolo imparfaite 16 février 2018 at 18 h 18 min

[…] Digital detox : comment j’ai appris à me déconnecter | Antigone XXI […]

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Saoussen 22 mars 2018 at 12 h 11 min

Chère Ophélie, je suis traductrice (arabe français anglais allemand) et je souhaite tenir sur un blog les traductions en arabe d’articles abordant des sujets qui me tiennent à coeur (véganisme, minimalisme, écologie, nutrition, slow living…) C’est un projet que je porte depuis longtemps et c’est peut-être le moment de me lancer. Je demande donc ta permission pour traduire Digital detox. Mes traductions sont fidèles et je citerai clairement ma source avec un lien vers ton blog. N’hésite pas à me dire si tu as d’autres conditions.
Bien à toi,
Saoussen

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Janvier 2018 : mes favoris • Inspiration • La Lune Mauve 13 mai 2018 at 13 h 44 min

[…] Digital detox, comment j’ai appris à me déconnecter. Bon, clairement, on a toutes et tous des expériences, des « triggers » et des besoins […]

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