Être une femme libérée… (grâce à la coupe menstruelle)

19 juin 2012

… ce n’est pas si facile ?

Et si pourtant, contrairement à la chanson, être une femme libérée, c’était un peu plus facile qu’on ne le croit ?

Je m’éloigne un peu de nos petits-déjeuners aujourd’hui pour, une fois n’est pas coutume, aborder un sujet féminin et intime. Cela ne veut pas dire pour autant que les hommes qui liraient ces premières lignes devraient fermer les yeux et changer de page, non, non, restez ici : ce sujet vous concerne presque tout autant. D’ailleurs, plusieurs études réalisées dans les années 80 et 90 ont souligné combien la construction socio-culturelle autour des menstruations était avant tout dominée par une perspective masculine, qui a tôt fait de ranger ce thème au rang du tabou. C’est ce discours qui a fait des règles quelque chose de ‘sale‘ qui, par conséquent, devrait être caché, relégué dans la sphère intime et exclusivement féminine. Il est intéressant de noter, à ce titre, que toutes les sociétés n’ont pas la même approche de la question : certaines communautés séparent temporairement les femmes du reste du groupe en les considérant comme ‘impures’, tandis que d’autres vont, au contraire, encourager la proximité sexuelle au moment des règles, qui deviennent alors symboles de vie.

C’était la minute ‘socio-anthropo’… tout cela pour dire que les hommes peuvent rester et qu’ils sont même les bienvenus ici. Revenons maintenant à nos moutons. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter un produit dont je ne pourrais plus me passer et qui a, disons-le, révolutionné ma vie de femme.

Je ne suis pas la première à traiter de la question : beaucoup d’autres l’ont fait avant moi. Ceci n’est donc pas une nouveauté, mais comme j’ai encore pas mal d’amies qui n’ont pas franchi le cap, je me dis que la pédagogie est à base de répétition et qu’une revue de plus ne fait jamais de mal. Aujourd’hui donc, il sera question de coupe menstruelle.

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Alors, bien sûr, si j’aborde ce sujet, c’est parce qu’il a plusieurs volets : à la fois écologique, économique et éthique.

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La coupe menstruelle, qu’est-ce que c’est ?

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Avant toute chose, il faut que vous sachiez qu’en moyenne, en France, une femme utilise 5 tampons ou 5 serviettes jetables par jour, et ce, pendant 5 jours tous les mois (je sais, vous vous dites que ce n’est pas toujours le cas et que je parle de la femme parfaite, là, programmée à l’avance et quasiment en latex… mais non, c’est une moyenne !). Un petit calcul nous amène à 300 protections périodiques par an: sachant que 16 millions de Françaises sont en âge d’avoir leurs règles, cela signifie que 4 800 000 000 tampons/serviettes sont utilisées et jetées dans l’année… Vous imaginez ? Près de 5 milliards par an – et seulement en France !

On pourra rajouter que les processus de fabrication de ces protections sont extrêmement polluants : selon Greenpeace, il s’agirait même d’une des industries les plus polluantes au monde. Cette pollution est d’abord dû à la production même des ces tampons et serviettes : utilisation de produits chimiques, blanchiment, etc. Mais aussi à tout ce qui entoure ces protections : emballages, applicateurs… sans compter les parfums de synthèse et autres substances comme le chlore ou certaines résines peu sympathiques que nous serons heureuses d’héberger dans nos vagins.

Ces déchets, bien sûr, sont majoritairement non dégradables, même si la filière de protections périodiques biodégradables se met tout doucement en place. Les tampons finissent donc dans la cuve de nos toilettes – c’est-à-dire dans la mer où les petits poissons sont particulièrement contents de les prendre pour des vers à gober. Les serviettes sont soit incinérées, soit enfouies et, dans le second cas, il leur faut la bagatelle d’un demi-siècle pour se dégrader. Entre temps, les petits microbes ont eu le temps de batifoler et de proliférer gaiement.

Bref… pour l’environnement, ce n’est pas la fête.

Pour la femme non plus, à dire vrai, ce n’est pas l’idéal. Sans rentrer dans les détails, rappelons que les protections jetables sont un nid de bactéries et sont, entre autre, une des principales sources de mycoses. Sans compter d’autres effets secondaires, non des plus agréables : assèchement, allergies, dégradation de la flore vaginale…

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Comment se présente la coupe menstruelle ?

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✿ Il s’agit d’un réceptacle en silicone médical en forme de cloche qui s’utilise comme système alternatif aux tampons et serviettes hygiéniques. Il existe de nombreuses marques sur le marché, chacune avec ses particularités mais, grosso modo, les différences sont faciles à percevoir et vous saurez très rapidement quelle coupe est la mieux adaptée à vos besoins. J’ai pour ma part opté pour une MoonCup – une marque qui propose deux modèles : pour femmes n’ayant jamais eu d’enfants et pour femmes ayant déjà accouché. A partir de là, facile de savoir lequel vous correspond.

✿ La coupe menstruelle demande, il est vrai, un peu de pratique au début : il faut avant tout être détendue, ensuite, on ne se pose plus la question et c’est très facile à utiliser. Elle se change moins souvent que les tampons, toutes les 12h environ, en raison de sa capacité plus importante. Il suffit simplement de la stériliser au préalable, puis de la vider et de la nettoyer à l’eau à chaque fois.Tout est expliqué très clairement sur le mode d’emploi et, une fois bien posée, on oublie complètement sa présence.

Pourquoi l’adopter ? J’imagine que, comme un certain nombre de femmes, il vous est arrivé de vous trouver dans des situations d »urgence’ et qu’il n’est jamais agréable de devoir rentrer précipitamment chez soi ou d’aller demander à sa boss avant une réunion: ‘Euh, vous n’auriez pas un tampon par hasard ?’… Avec la coupe menstruelle, fini ces désagréments !

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La coupe est :

  • pratique : pas besoin de trimbaler son lot de tampons sur soi et de vérifier si ‘tout va bien’ en pantalon blanc. Avec la coupe, fini les inquiétudes : pas de mauvaises surprises…
  • écologique : on en change seulement une fois tous les 10 ans – ça va, on fait rarement mieux. Elle est d’ailleurs aussi bonne pour moi que pour l’environnement puisqu’elle n’est pas blanchie avec des produits irritants.
  • économique : à raison d’entre 20 et 30€ la coupe, on a vite battu le pic des 1000€ pour dix ans calculé par Mlle Pigut pour les protections jetables ordinaires.

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Les questions que vous vous posez certainement…

– Est-ce que c’est sale ?

En dépit des préjugés, c’est mille fois plus hygiénique que les protections jetables ! La coupe est bien conçue pour qu’on ne s’en mette pas partout et, avec elle, finies les mauvaises odeurs causées par la macération. Pour les utilisatrices de tampons, adieu la vilaine ficelle qui traîne un peu partout… Pour celles restées aux serviettes, dites au revoir à l’humidité constante qui favorise les mycoses. La coupe est stérilisée avant chaque période de règle, ce qui garantit sa propreté optimale.

– Mais, si je suis sportive?

Ici, aucun souci, la coupe est conçue pour que les femmes ne restent pas bloquées au lit ! Pour ma part, je cours, nage, fais du yoga, du vélo… sans avoir jamais rencontré de problèmes, et en plus, la coupe empêche la fixation d’eau de piscine (chlore = javel) sur les muqueuses, naturellement fragiles.

– Je ne mets jamais de tampons : comment faire ?

Que vous soyez une très jeune fille peu habituée encore à utiliser des tampons ou que vous ne soyez pas à l’aise à l’idée de toucher votre corps, la coupe menstruelle est justement la solution idéale pour apprendre à mieux connaître votre corps et à vous l’approprier. Après des années à utiliser des tampons et à en être parfois gênée, je me suis sentie mieux dans mon corps et beaucoup plus à l’aise avec mes règles quelques mois seulement après ma première utilisation de la coupe.

– Où la trouver ?

Vous trouverez aisément différentes marques (MoonCup, Luna Cup, Keeper, DivaCup, LadyCup…) en magasin biologique ou en pharmacie.

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En bref, mis à part un début toujours un peu déroutant, on se fait très vite à la coupe menstruelle. Pour moi, elle a symbolisé un processus d »empowerment‘ et une véritable libération. Je n’ai plus l’impression de ‘subir’ ma féminité, mais plutôt de me sentir mieux que jamais dans mon propre corps ! Je ne la conseille donc pas seulement, mais je la recommande chaudement à toutes celles qui ne sont pas encore tombées dans la coupe magique… L’essayer, c’est l’adopter !

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Pour plus de renseignements :

  • le site très complet de EasyCup où vous trouverez toutes les réponses à vos questions
  • le site francophone de la MoonCup
  • les revues réalisées par Laura et Mlle Pigut, suivies de discussions très intéressantes


De votre côté, utilisez-vous déjà la coupe menstruelle et quel est votre avis dessus ? Si vous n’avez pas encore osé, seriez-vous intéressée ? Ou, au contraire, vous sentez-vous bloquées par l’utilisation d’une coupe ? N’hésitez pas à réagir et donner votre avis : je serais ravie de recueillir vos opinions !
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344 commentaires
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344 commentaires

Angela 2 octobre 2020 at 8 h 43 min

Bonjour, connaissez-vous cette cup : https://www.la-vie-naturelle.com/coupe-menstruelle-pliable.html avez-vous un avis dessus ? Car je cherche à acheter une coupe menstruelle qui n’est pas nocive pour ma santé.

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